jeudi 17 décembre 2009

Faut-il que les hommes soient enceintes...?


Les Français ont concocté une campagne de sensibilisation spécifiquement pour les ados à propos de la contraception. Ils ont utilisé plusieurs façons d'aborder le thème dans des clips de 35 à à 75 secondes et je ne vous cacherai pas que plusieurs de ces scènes m'ont fait bien rigoler!

Sincèrement, c'est bien fait! On utilise parfois de l'humour noir pas tellement politiquement correct, même des dessins animés EMO et parfois aussi des clips plus songés pour présenter une autre façon d'aborder un thème et de nous porter à réfléchir. Je vous propose les deux prochains clips qui s'adressent principalement aux garçons:










Je vous invite à consulter le site pour d'autres clips et des informations pertinentes à propos de la contraception; vous y trouverez des façons rigolottes de présenter les moyens contraceptifs.

Si vous êtes du genre "humour absurde", je vous conseille "La vérité sort toujours de la bouche des enfants"; ce n'est pas tellement politiquement correct, mais c'est drôle!

Bon visionnement!
Sophie Morin, Sexologue-Consultante

mardi 15 décembre 2009

Sexualité, vieillissement et médicalisation de la sexualité


Vous vous questionnez sur les impacts du vieillissement sur la sexualité? Vous avez longuement entendu parler du "Viagra", cette "pilule du désir" et vous vous questionnez sur son efficacité, ses impacts, etc?

La chaîne "Télé-Québec", par le biais de son émission "une pilule, une petite granule" a produit un excellent reportage sur le sujet. Dans cette émission, vous pourrez en apprendre d'avantage sur:

  • Les différents effets du vieillissement chez l'homme et chez la femme;
  • Les effets exacts du viagra et de ses acolytes;
  • Les effets du viagra chez les femmes;
  • Les recherches sur les différents médicaments en lien avec la sexualité;
  • Les effet des médicaments sur le désir sexuel;
  • Etc.
Le reportage est assez honnête intellectuellement. Il n'est ni pro-médicament, ni anti-médicament. Je considère que ça donne de l'information critique en présentant les bons et les moins bons côtés.

J'en profite pour nommer que Sophie Bergeron (une des personne qui parle dans le reportage) a longtemps enseigné au département de sexologie de l'UQAM et a une chaire de recherche à l'université de Montréal. Son site web donne une foule d'informations utiles sur les douleurs gynécologiques. 

Pour le reportage, voici le lien pour le visionner. Veuillez prendre note que le reportage est le deuxième dans l'émission.

Bon visionnement!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

jeudi 10 décembre 2009

Plus de la moitié des femmes se masturbent au travail


Cet article à propos d'un sondage danois nous indique que 50% des femmes se masturbent au travail.

Alors que 50% de la population n'est pas capable de situer le clitoris sur une planche anatomique et qu'une grande proportion de femmes n'a jamais atteint l'orgasme, on tente de nous dire que 50% des travailleuse se masturbent à la pause café?

Un sondage qui tente de culpabiliser les personnes hors norme en créant une fausse norme? Je vous invite sincèrement à lire "Les Québécois(e)s ont en moyenne 6 relations sexuelles par semaine" qui pourrait vous éclairer à ce sujet.

Bonne journée!


lundi 7 décembre 2009

Les victimes de violence conjugale ne sont pas toutes celles qu'on pense...


La Table de concertation en violence conjugale de Montréal a construit de supers vidéo abordant certains tabous en lien avec la violence conjugale. Chacune des trois capsules nous présente, en français et en anglais, un tabou:

1) La violence conjugale vécue par les femmes sourdes: certaines personnes ne savent ni lire, ni écrire, ne parlent pas et communiquent uniquement par langage "signé"; tout un défi pour tenter de porter plainte et de s'en sortir quand leur réseau est très très restreint.





2) La violence conjugale dans les couples lesbiens: Contrairement aux couples hétérosexuels où les hommes ne peuvent jamais (ou presque ) retrouver leurs conjointes dans les maisons d'hébergement, la situation est différente lorsque la personne violente est une femme! Et pour les femmes qui vont chercher de l'aide, on présume souvent que leur agresseur est un homme, sans compter que plusieurs d'entre elles n'ont pas fait leur"coming-out"; la menace de dévoiler l'orientation sexuelle est donc une arme puissante pour l'agresseur, en plus de perdre le réseau commun de femmes lesbiennes!





3) La violence conjugale vécue par les hommes dans un couple hétérosexuel: "Comment un homme peut-il être victime d'une femme? Il n'a qu'à se défendre!" Les hommes victimes de violence conjugale sont non seulement victimes, mais doivent souvent prouver qu'ils ne sont pas les agresseurs! Pas facile de trouver de l'aide dans ce cas!



Il est souvent plus facile de faire des généralisations et de tenter de s'adresser à tout le monde en même temps, mais ces trois vidéos nous démontrent qu'il n'est parfois pas possible de s'adresser à tout le monde de la même façon.

Je vous invite à transférer ces ressources aux personnes qui pourraient se sentir interpellées et bien seules dans leur situation.

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

dimanche 6 décembre 2009

Pourquoi a-t-on évacué le fait que ce sont des femmes qui sont mortes le 6 décembre 1989?



Pour ceux et celles qui suivent mon blog, vous savez que j'ai assisté au colloque organisé par l'IREF (Institut de recherche en études féministes) en lien avec le 20e anniversaire des événements survenus le 6 décembre 1989 en fin de semaine.

Je dois d'abord débuter en disant que la qualité des présentations était impressionnante! J'ai assisté à plusieurs colloques internationaux aux coûts exorbitants et souvent, les titres des présentations dépassaient de loin la qualité des présentations elles-mêmes. Pour le colloque commémorant l'événement de la Polytechnique, c'était complètement différent. Durant 3 jours, des conférenciers et conférencières passionné(e)s, passionnant(e)s, maîtrisant leur sujet et très rigoureux(euses) dans leur analyse nous ont présenté toutes sortes d'aspects liés à la violence faite aux femmes et aux féministes. Bravo au comité organisateur de l'événement et surtout au choix qu'il a fait de garder ce colloque accessible au plus grand nombre en fixant le coût d'inscription très bas (30$ pour 3 jours pour les représentants des organismes communautaires en ce qui me concerne).

Durant ces trois jours, plusieurs thèmes nous ont été présentés, mais un thème a recoupé plusieurs présentations et m'a particulièrement jetée par terre; celui du malaise de nommer la violence dirigée vers les femmes et les féministes lors de la soirée du 6 décembre 1989.

Je m'explique. Je ne vous apprends probablement rien si je vous dis que ce sont des femmes qui ont été assassinées à l'école Polytechnique, mais saviez-vous que les politiciens ont accordé très peu d'importance à ce fait central dans la couverture de l'événement depuis 20 ans? Une conférencière qui a épluché les articles et les discours politiques en lien avec la Polytechnique nous disait qu'aucun politicien provincial n'a parlé de l'événement en dénonçant la violence tournée vers les femmes et les féministes. Le parlement n'a, à aucun moment, pris position en disant "Le Québec dénonce cet acte de violence envers les femmes et tient à rappeler que le Québec est une province qui se bat pour l'égalité entre les hommes et les femmes. L'assassinat de femmes fréquentant l'école Polytechnique, un lieu réservé il n'y a pas si longtemps exclusivement aux hommes, est un affront à la reconnaissance que notre peuple accorde à l'égalité entre les femmes et les hommes: nous souhaitons le dénoncer à la face du monde!"

Personne n'a proclamé un discours qui ressemblait à celui-ci! On a parlé de drame, de tuerie, etc., mais en tentant le plus possible de ne pas indiquer que les victimes étaient des femmes!

Vous voulez une démonstration de ce que j'avance? Voici ce qui est inscrit sur la plaque commémorative de la ville de Montréal en ce qui concerne cet événement:" La Ville de Montréal s'associe à l'action de la Fondation des victimes du 6 décembre contre la violence afin de promouvoir des valeurs de respect et de non-violence."

De violence? Il ne s'agissait pas d'un acte de violence indifférencié; il s'agissait d'un acte de violence contre les femmes qui se sont battues pour l'égalité des femmes: l'accès des femmes à l'école Polytechnique était un symbole de la lutte des femmes. Peut-être que ces femmes victimes n'étaient pas des féministes, mais si elles avaient la possibilité de fréquenter cette école, c'était grâce aux luttes des féministes qui se battaient et se battent encore pour l'égalité et par le fait même, pour que les femmes aient accès à tous les corps de métier! Cette tuerie n'a pas eu lieu dans une école de sciences infirmières, à la faculté de l'éducation où dans une école de coiffure et d'esthétique où le pourcentage de femmes est pourtant beaucoup plus élevé; il a eu lieu à la Polytechnique.

Je fais une parenthèse pour dire que cet homme aurait sûrement eu besoin d'aide et avait très probablement des problèmes de santé mentale. Mais est-ce que ça change le fait qu'il a assassiné des femmes? Non.

Est-ce que nous excusons Hitler en disant qu'il avait probablement des problèmes de santé mentale? Pourquoi tentons-nous de minimiser cette tragédie en expliquant que Lépine était un être asocial, dont le père manquait? Les raisons ne changent rien aux résultats et il faudrait peut-être cesser de regarder uniquement en arrière pour mieux réfléchir collectivement au réel débat social qui se cache derrière Polytechnique.

D'accord les policiers et les ambulanciers sont mieux formés pour intervenir dans une éventuelle tuerie, mais après? On attend que ça survienne encore pour que ces acteurs formés interviennent?

Ce qui m'attriste et me frustre à la fois, c'est de constater que cet événement extrême a ouvert la porte à la tenue de paroles et de gestes anti-féministes librement sur la place publique, car en comparaison avec la tuerie du 6 décembre 1989, tout le reste semble banal et anodin, parce que la violence est moins extrême. Peut-on travailler un peu plus en prévention qu'en intervention?
Il faut arrêter de croire et de dire que les féministes sont allées trop loin et ont donné lieu à cette tragédie. Il ne faut pas oublier que le mouvement féministe est un mouvement pacifique qui aspire à l'égalité entre les hommes et les femmes; le mouvement féministe, contrairement à ce que certains anti-féministes souhaiteraient croire, n'a jamais fait de victime.

Feu Pierre Falardeau disait:"On va toujours trop loin pour ceux qui ne veulent aller nulle part"; j'adore cette phrase et elle me donne des forces pour poursuivre mon travail en défense des droits!

Sur ce, je vous souhaite un bon début de semaine!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante, fière d'être féministe en cette journée du 6 décembre vous indique que les chroniques militantes prendront un peu de repos pour les prochains jours! :-D

vendredi 4 décembre 2009

Aujourd'hui, j'ai un peu peur d'être féministe...

Avez-vous entendu parlé du "Colloque international : La tuerie de l'École Polytechnique 20 ans plus tard - Les violences masculines contre les femmes et les féministes" qui se tient à l'UQAM du 4 au 6 décembre 2009? En ce qui me concerne, j'ai décidé d'y assister. Parce que la pertinence avec mon travail actuel est manifeste, mais aussi par devoir de me souvenir de ces événements qui sont survenus alors que je n'avais pas 8 ans.

Il est assez frustrant de sentir cette peur, parce qu'il y a 20 ans, un individu est entré à la polytechnique et, avant de tuer 14 femmes, a hurlé: "J' HAÏS LES FÉMINISTES!".

Le drame de la polytechnique, c'est un homme qui en voulait peut-être aux femmes, mais qui en voulait surtout aux féministes. Ce meurtre de masse comptant 14 femmes ayant accédé à une école réservée exclusivement aux hommes quelques années auparavant est symbolique. Ces femmes qui ne se qualifiaient peut-être même pas de féministes représentaient la lutte des femmes pour l'accès à l'égalité en intégrant les sphères traditionnellement masculines; les sphères stratégiques et de pouvoir.

Comment croyez-vous qu'une femme féministe et militante se sent dans un rassemblement de féministes militantes pour souligner une tuerie qui les avaient pour cible?

Il est impossible d'aller dans un tel événement sans se demander si un anti-féministe aura choisi ce moment stratégique pour éliminer les féministes qui empoisonnent sa vie. Il est difficile de ne pas regarder autour de soi pour analyser les gens qui nous entourent en se demandant si une de ces personnes a des intentions malveillantes.

Peut-être devrais-je me sentir rassurée d'entendre aux nouvelles qu'un grand périmètre de sécurité a été mis en place, mais ça me rappelle surtout que le risque d'être la cible d'un meurtrier est bel et bien présent. Pourquoi? Parce que je suis une femme féministe qui aspire à un monde où les hommes et les femmes seraient égaux.

La tuerie ayant pour cible des femmes, survenue à l'école polytechnique, occupe une place énorme dans l'inconscient collectif québécois, car le 6 décembre 1989, quelque chose s'est brisé. Il est difficile de nommer quoi exactement, mais le malaise qui persiste autour de cet événement est palpable. Par exemple, les gens ne veulent pas aller voir le film (qui n'a d'ailleurs réussi à recevoir aucun financement public) et un collectif d'artistes ayant créé une exposition de commémoration n'a réussi à trouver aucune salle d'exposition acceptant de recevoir leur oeuvre: AUCUNE!

C'est très exactement ce malaise qui m'a poussée à passer par-dessus ma peur et d'assister à ce colloque: parce que je crois qu'il est important de comprendre ce que cet événement nous a légué comme héritage social qui n'est très certainement pas banal.

Gardez l'oeil ouvert, car dans les prochains jours, je vous ferai part de mes réflexions qui seront survenues au cours de ces trois jours de formation.

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

lundi 30 novembre 2009

"L'hypersexualisation des filles: ceci n'est pas qu'une pipe!"; à lire

Ayant été en vacances un peu plus d'un semaine, j'ai un peu moins suivi l'actualité des derniers jours. Par contre, je suis tombée sur un excellent article à propos de l'hypersexualisation. Comme vous l'avez peut-être lu dans les dernières semaines, des chercheurs de l'UQAM disent que nos jeunes ne sont pas hypersexualisés et qu'il faut arrêter de s'alarmer.

Il y a par contre une différence entre l'hypersexualisation des jeunes et l'hypersexualisation ou la sexualisation de l'espace publique. Parce que l'étude de Blais et al. est très intéressante et remet certaines choses en perspective, mais que cela ne signifie pas que l'hypersexualisation n'est pas un phénomène préoccupant, je vous invite très sincèrement à lire "L'hypersexualisation des filles: ceci n'est pas qu'une pipe!" qui est paru dans le Devoir. L'article n'est pas récent, mais tout à fait d'actualité et vous permettra peut-être de mieux comprendre les nuances à faire entre "Nos jeunes sont hypersexualisés" et "Nous vivons dans ne société hypersexualisée et c'est préoccupant parce que...".

Bonne lecture!


dimanche 15 novembre 2009

Occupation Double; un modèle de saines valeurs?


Je suis encore un peu estomaquée. J’assiste depuis quelques semaines à un phénomène que j’arrive difficilement à expliquer.

Connaissez-vous la célèbre télé réalité « Occupation Double »? C’est de cette émission que je souhaite vous parler aujourd’hui. Combien de fois a-t-on reproché aux télé réalités de présenter tout sauf la réalité? De représenter une vision complètement déconnectée des relations amoureuses (hommes-femmes dans le contexte des télé réalités), de l’amour, de l’intimité, de l’amitié, etc!

L’édition 2009 d’Occupation Double vient contredire une bonne majorité de ces prémices et j’en suis subjuguée!

Pour les personnes qui ne connaissent pas le principe de l’émission, il s’agit de terminer en finale avec, idéalement, une personne avec qui on est tombé amoureux. Chaque semaine, des délibération ont lieu (entre filles ou entre gars) pour éliminer une ou plusieurs personnes du sexe opposé. Le prix à gagner? Un condo, des voitures, du matériel électronique et de l’argent pour meubler une maison; bref, tout le matériel (et plus encore!) pour démarrer une nouvelle vie de couple. Dans les précédentes éditions d’OD (et comme dans la majorité des télé réalités) on voyait des candidat(e)s prêt(e)s à tout pour gagner; mentir, trahir les amitiés, trahir sa parole, manipuler les autres et embrasser le plus de monde possible pour avoir le plus de « dossiers » ouverts possible comme dirait Marc Boilard! Mais cette année, non!
On assiste à des scènes où des participantes se sacrifient carrément par amitié, refusent des rapprochements avec un candidat qui les intéressent pour ne pas blesser une autre candidate et amie, une scène de délibération où une candidate choisit de laisser partir ses deux coups de cœur, ce qui représente du suicide au niveau du jeu, encore une fois par amitié et par loyauté. De plus, nous assistons dans cette édition à une majorité de candidates qui accordent une importance particulière à la signification des rapprochements physiques; le baiser est presque sacré et réservé aux rapprochements significatifs.

Plusieurs intervenant(e)s travaillant auprès des adolescent(e)s dans le domaine de la sensibilisation (notamment des sexologues) citent en exemple la télé réalité, très populaire auprès des jeunes, pour nommer des contre-exemple de saines relations amoureuses ou d’amitié.
À mon grand étonnement, l’édition de cette année est différente. On peut voir des candidates qui n’ont rien compris au jeu (!!!), mais qui ont choisi de mettre de l’avant des valeurs d’amitié, de loyauté, de sacrifice pour le groupe, de fidélité, etc.; bref, des valeurs qui permettent aux relations amoureuses et aux relations d’amitié de perdurer dans la vie réelle. Je ne pensais pas dire ça un jour, mais je crois que des extraits de télé-réalité, habituellement basés sur la superficialité, pourraient être utilisé pour amorcer des discussions à propos des valeurs, mais d’un point de vue positif; Bravo!

vendredi 13 novembre 2009

Le mirage ou la réalité de l'hypersexualisation?


Je viens de tomber sur cette série d'articles parus dans la Presse aujourd'hui à propos de l'hypersexualisation.
Je suis contente qu'enfin on arrête de parler de l'hypersexualisation des jeunes seulement en indiquant que les adultes ne sont pas à l'abri! :-)

Voici donc des liens vers ces articles:


Et pour ceux et celles qui aimeraient avoir l'envers de la médaille, je vous mets un rapport de recherche qui est sorti il y a quelques semaines par une autre équipe de professeurs en sexologie à l'UQAM:


Bonne lecture!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

jeudi 12 novembre 2009

L'infidélité...



Existe-t-il une définition absolue de l’infidélité/fidélité? Pas réellement. Voici quelques lignes directrices qui pourraient vous amener à réfléchir sur le concept.  

L’infidélité ne se définit pas nécessairement par l’accomplissement d’une action (ex : embrasser, faire l’amour, fantasmer, etc). et peut être beaucoup plus large que ça. En fait, la notion de fidélité pourrait se redessiner à chaque nouvelle relation, avec chaque nouvelle personne.

Lorsque nous sommes en relation, ce qui est important pour chacun de nous ne devrait pas être notre propre définition de la fidélité; ce qui devrait nous importer est la définition de la fidélité de notre partenaire. La personne que nous sommes susceptibles de tromper, ce n’est pas nous; c’est l’autre! Notre propre définition de la fidélité sera importante pour notre partenaire, pas pour nous!

Pour certain(e)s d’entre nous, nous savons précisément ce que notre partenaire considère être l’infidélité car nous avons déjà eu cette discussion. Pour d’autres personnes, nous le savons implicitement, sans avoir eu de discussion au sommet. Et pour ceux et celles qui n’en ont aucune idée, je vous proposerais d'ouvrir le sujet avec votre partenaire.

C’est en fonction de la définition de notre partenaire que nous serons en mesure de savoir si nous trompons l’autre ou non. La fidélité, c’est donc le respect des frontières de mon/ma partenaire à propos de sa conception du couple. Le respect concerne une entente entre les deux personnes. L'infidélité est un non respect de cette entente et pas nécessairement d'un comportement précis.

mardi 29 septembre 2009

Chaque enfant apprend par l'exemple... et les adultes...?


Aujourd’hui, je suis allée à la clinique médicale pour faire mon examen de routine annuel. Dans la salle d’attente, il y avait un cadre laminé sur lequel on pouvait lire ceci :

Chaque enfant apprend par l’exemple


S’il vit entouré de critiques, il apprend à blâmer.
S’il vit entouré d’hostilité, il apprend à être agressif.
S’il apprend entouré de moquerie, il apprend à être timide.
S’il vit entouré de honte, il apprend à se sentir coupable.
S’il vit entouré de la tolérance, il apprend à être patient.
S’il vit entouré d’encouragement, il apprend à agir.
S’il vit entouré d’éloges, il apprend à complimenter.
S’il vit entouré de probité, il apprend à être juste.
S’il vit entouré de sécurité, il apprend à faire confiance.
S’il vit entouré d’approbation, il apprend à s’accepter.

Ce laminé nous parle de l’apprentissage des enfants, mais l’être humain ne cesse jamais d’apprendre et de cheminer. Et vous, quelle attitude avez-vous avec votre conjoint(e), dans vos relations amoureuses et dans le cadre de vos relations sexuelles?

En 2009, on a souvent l’impression que la sexualité est maintenant un sujet libre de tout tabou et qu’on peut dire n’importe quoi… mais est-ce que parler de la sexualité (ou de sexe) ou parler de sa sexualité est tout aussi facile? Et que dire du fait de parler de sa sexualité à la personne avec qui on a des relations sexuelles ou encore de parler de sa sexualité avec la personne avec qui on a des relations sexuelles (voyez-vous la nuance)? Le degré d’intimité augmente en même temps que notre propre sentiment de pudeur lorsque le temps est venu de nommer nos goûts, nos préférences et nos irritants.

Je vous propose de garder en tête ces 10 courtes phrases lorsque viendra le temps de discuter avec votre partenaire de vie, que ce soit à propos de votre relation de couple, de vos relations sexuelles et même des tâches ménagères! Tentez de miser sur les critiques constructives lorsque vous souhaitez que votre partenaire cesse de faire ou change une chose que vous n’aimez pas; nommez les alternatives possibles aux choses que vous n’aimez pas pour que la personne comprenne que vous voyez l’intention positive derrière le comportement, mais que vous n’aimez pas cet élément.


Il faut arrêter de penser « C’est la même chose! C’est ça que j’ai dit! », parce que la façon de nommer les choses a un très grand impact sur le message qu’on tente de transmettre, surtout avec un sujet aussi intime que la sexualité!


Sophie Morin, Sexologue-Consultante

dimanche 20 septembre 2009

La la la human steps comme élément déclencheur pour faire de l'éducation à la sexualité?

Vous connaissez La la la human steps? Cette troupe de danse contemporaine très active à la fin des années 80 et début 90?  J'avais déjà vu quelques trucs d'eux, mais j'ai "googelé" leur nom pour aller regarder des vidéos de la danseuse. C'est réellement impressionnant.

En regardant la vidéo, je me suis mise à faire de la déformation professionnelle:"De quelle façon peut-on amener les gens à réfléchir sur la sexualité en utilisant cette vidéo comme élément déclencheur?"

Et je crois que ce pourrait être très intéressant! Plus particulièrement pour amener des adolescents et des jeunes adultes à réfléchir sur les relations hommes-femmes, dans un contexte amoureux, sexuel, ou pas.

On parle beaucoup de la montée de l'hypersexualisation, des relations inégalitaires et des stéréotypes sexistes. Dans le cadre d'un cours d'art dramatique ou d'art visuel, un(e) enseignant pourrait passer cette vidéo et questionner les élèves:

- Qu'avez-vous pensé de cette vidéo?
- Que croyez-vous que les danseurs ont voulu exprimer?
- Quel type de relation ces deux personnages vivaient-ils? Qu'en pensez-vous?
- Y a-t-il des éléments qui vous ont marqué?
- Quelle est la place de la femme dans cette chorégraphie? Et la place de l'homme?
- Trouvez-vous que le danseur est masculin? Si oui, pourquoi? Sinon, pourquoi?
- Trouvez-vous que la danseuse est féminine? Si oui, pourquoi? Sinon, pourquoi?
- Avez-vous l'impression que ce couple a une relation égalitaire? Si oui, pourquoi? Sinon, pourquoi? Sur quoi vous appuyez-vous pour prendre position?

Plusieurs éléments pourraient être repris; l'intensité de la danse qui frôle parfois la violence, la force de cette femme qui reste très féminine et même les rôles de chacun des personnages qui ne correspond pas tellement au cadre sexiste qu'on se fixe parfois. Je terminerais même en demandant "Si vous aviez su en tout début que la vidéo s'intitule "human sex", auriez-vous répondu la même chose?"

Si vous êtes parents, rien ne vous empêche de présenter cette vidéo à vos enfants pour aborder la discussion avec eux et elles.

Mais quoi qu'il en soit, que vous soyez profs, parents ou autre, regardez la vidéo, ne serait-ce que pour vous évader quelques minutes et dites-moi ce qu'elle vous inspire!

Bonne fin de journée!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante


jeudi 17 septembre 2009

Brisez le silence!

Aujourd'hui a eu lieu le lancement du tout nouveau guide "Brisez le silence; un guide pour les femmes victimes de violence conjugale ou toute personne intéressée à en connaître d'avantage" par la Table de concertation en violence conjugale et agressions à caractère sexuel de Laval. Une lecture que je vous recommande pour mieux connaître cette réalité.

Sophie

samedi 5 septembre 2009

Le toucher, ce tabou.



Cette semaine, je suis tombée sur le site de Michelle Blanc, cette nouvelle femme qui a vécu une transformation de sexe. Elle s'exprimait sur la différence qu'elle vit aujourd'hui par rapport au toucher, en témoignant être d'avantage touchée aujourd'hui en tant que femme que lorsqu'elle était un homme.


Il est vrai que le toucher entre les femmes est beaucoup plus accepté dans notre société, mais le toucher en général reste tabou.

Je donne de la formation dans les camps de vacances et les camps de jour et je note chez ceux et celles qui sont en contact avec ces enfants, qu'ils partagent une crainte; ils et elles ont peur d'être accusés d'agression sexuelle et n'osent plus toucher les enfants. La crainte de ces animateurs est légitime et compréhensible dans le contexte de peur et de droit dans lequel on vit, mais c'est réellement dommage de constater qu'on prive et qu'on se prive d'un plaisir et d'un élément essentiel au sain développement de tout être humain.

Comment ces enfants, qui deviendront des adultes, sauront-ils départager un toucher agréable (une caresse tendre, une main dans les cheveux, un câlin, etc.) d'un geste abusif et d'une agression sexuelle si ces enfants ne se font jamais toucher, ou presque? La peau est le plus gros organe de notre corps et celui qui peut être le plus facilement sollicité; le témoignage de Madame Blanc nous rappelle comment il peut être agréable, réconfortant et plaisant d'être touché.

Nous prenons le temps de faire plaisir à notre goût, en mangeant une bonne bouffe, à notre ouïe, en écoutant un cd qu'on aime, à notre vue en regardant des paysages ou des oeuvres d'art qu'on adore, à notre odorat, en nous achetant un parfum qui nous plaît, mais que reste-t-il du toucher?

Prenez-vous le temps de prendre plaisir à être touché(e) par vous-même ou par les autres? Je vous donne un défi cette semaine! La prochaine fois que vous prendrez votre douche ou que vous vous mettrez de la crème, même s'il s'agit uniquement de crème à main, prenez le temps de le faire. Prenez le temps d'éveiller vos sens. Il ne s'agit pas ici de donner un caractère érotique ou sexuel à ce geste, mais uniquement d'y prendre plaisir; c'est le fondement même de la sensualité!

Bonne semaine! :-)

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

vendredi 4 septembre 2009

L'étiquette de facebook?

Un petit vidéo bien rigolo!

Aux profs, intervenant(e)s auprès des ados, des jeunes adultes ou même des enfants, ce pourrait être un excellent élément déclencheur pour parler des relations amoureuses, du web et de l'intimité, pour ensuite élargir ces règles impliquant facebook à la vie réelle (à l'extérieur du web); je trouve qu'il y a un potentiel d'activité très intéressant!

Ça fait sourire, mais ça fait aussi réfléchir!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante


mardi 1 septembre 2009

Est-ce vrai ce mensonge?


Attention! Le 8 septembre prochain sortira sur nos tablettes un livre s'intitulant "Les hommes québécois ne veulent plus draguer", un essai (philosophique?! :-) ) à propos des hommes québécois.

Le auteurs nous livrent leurs constats sur la question. Je vous ferai la critique du livre aussitôt que je l'aurai lu.

En attendant la sortie de ce livre, croyez-vous réellement que les hommes québécois ne sont plus intéressés à "draguer" et à séduire?

Exprimez-vous!

Sophie Morin, Sexologue Consultante


jeudi 27 août 2009

Ma critique de "Osez... les conseils d'une lesbienne pour faire l'amour à une femme"



L’autre jour, j'ai aboutit par hasard devant la section "Osez" d'une librairie.  Je suis tombée sur deux livres s’intitulant respectivement « Osez… les conseils d’une lesbienne pour faire l’amour à une femme » et « Osez… les conseils d’un gay pour faire l’amour à un homme. »

Je me questionnais sur la pertinence et l'utilité de livres comme ceux-là… Voici mes commentaires sur: « Osez… les conseils d’une lesbienne pour faire l’amour à une femme ».

Je dois annoncer de prime abord que j’ai été agréablement surprise à la lecture de ce petit livre de 150 pages. Je suis souvent perplexe des livres de « psycho-pop » proposant une marche à suivre, mais cette collection présente plusieurs titres intéressants (j’ai feuilleté aussi: « Osez l’amour durant la grossesse » et il y avait de bonnes réflexions).

Bref, voici les points forts de cet ouvrage :
  • L’auteur a su bien doser la partie « pratique » et la partie « émotive ». Le livre comporte, bien entendu, des positions, des techniques à essayer, des trucs, mais ce n’est pas tout. L’auteure accorde une importante particulière sur l’importance de s’adapter à sa partenaire, qu’il n’existe pas de trucs universels et qu’il est possible de se promener dans tout un registre (qu’elle propose) avec sa partenaire. Ce n’est ni trop « trash » ni trop à l’eau de rose. Bravo!
  • L’ouvrage s’adresse principalement aux hommes hétérosexuels, mais les images présentent aussi bien des couples hétérosexuels que des couples homosexuels de femmes. Les couples lesbiens pourraient donc être intéressés par ce livre. Dans le même ordre d’idée, les images ne mettent pas en scène uniquement des couples caucasiens; on voit des personnes de plusieurs origines ethniques; belle sensibilité de vouloir s’adresser à une clientèle variée.
  • Le livre comporte une section que je considère « trash-humoristique » s’intitulant « Pour en finir avec le fantasme du couple lesbien ». L’auteur remet les pendules à l’heure à tous les hommes hétérosexuels fantasmant de se joindre à un couple de femmes. Ça m’a fait sourire et ça a l’avantage d’être clair!
  • Le livre (comme plusieurs livres de la collection) comporte une bonne dose d’humour. Par contre, certains passages sont plutôt vulgaires, ce qui ne plaira pas à toutes.


Voici les points qui auraient avantage à êtres modifiés
  • Le livre présente parfois les femmes comme des princesses avides d’argent. À un certain moment, elle suggère à un homme de payer du champagne ou louer une chambre à 500 euros la nuit pour séduire une femme qu’il aurait rencontrée le soir même. C’est un peu exagéré.
  • L’auteur aborde la séduction au sein du couple sans distinction avec la « séduction de bar ». Je ne crois que ça aurait avantage à être nuancé.
  • L’auteure fait allusion au féminisme comme si le féminisme était uniquement radical en sous entendant que le féminisme a nui aux femmes dans leur façon de séduire et de se laisser séduire. Certaines clarifications devraient êtres faits à cet égard.
  • Le livre comporte une gradation au fil des chapitres, jusqu’à ce qu’on arrive à la section « jeux et plaisirs plus extrêmes » qui semble être la suite des « choses normales ». Par contre, dans cette section, on aborde le bounding (ficeler sa partenaire), les pinces à seins, le fist (insertion d’un poing dans le vagin de la femme) et l’urophilie (uriner sur son ou sa partenaire). Ces pratiques sont pratiquées par certaines personnes, mais ne devraient pas être présentés comme la norme pour les lesbiennes plus aguerries. 
  • Une section présente des jouets érotiques, mais la majorité d’entre eux sont de formes phalliques, qui imitent un pénis. Deux choses; c’est assez contradictoire avec l’explication qu’elle fait de la sexualité qui ne se résume pas à la pénétration vaginale et il n’y a aucune présentation de toutes les autres sortes de vibrateurs pour les femmes ayant des formes variées, mais plus « optimisées » pour le plaisir des femmes.
  • La section présentant les ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang), quoi que très pertinente dans un ouvrage comme celui-ci, est traité avec légèreté et sans connaissances suffisantes à propos des diverses infections.

Voilà! Restez à l’affût de la prochaine critique sur « Osez… les conseils d’un gay pour faire l’amour à un homme »!

Sophie Morin, Sexologue-consultante

mardi 28 juillet 2009

La visite des sites pornographiques est desormais interdite en Égypte


Un avocat islamiste vient de gagner un procès qui va interdire à tous et toutes la fréquentation des sites pornographiques en Égypte.

Plusieurs arguments fusent pour justifier cette décision; les deux principaux étant que le peuple islamiste n’est pas sensé visionner ce genre de contenus et qu’il est nécessaire de protéger les enfants et les adolescents d’avoir accès à ce matériel.

D’accord. On peut être contre la pornographie, mais qu’implique l’interdiction d’accès aux sites pornographiques? Quels sont les sites qui seront caractérisés de « pornographiques »? Est-ce que tous les sites ayant un lien avec la sexualité seront interdits? Comment classera-t-on les sites d’éducation à la sexualité? Ou les sites traitant de l’anatomie et de la biologie?

Ce genre de décision est inquiétante, car couper l’accès à de l’information pertinente et éducative à propos de la sexualité laisse les gens dans l’ignorance, ce qui les met d’avantage à risque; à risque de contracter des ITSS, de vivre des grossesses non-désirées, d’être victimes de violence sexuelle (confondre absence de consentement et devoir), etc.

De plus, cette décision de la Cour est un peu hypocrite quand on apprend que l’accès aux films pornographiques restera accessible par la télévision câblée.

À l’ère de l’hypersexualisation, croyez-vous que le Canada devrait se pencher sur la législation du matériel pornographique? Si oui, sur quel type de matériel? Le web? Les boutiques érotiques? Les vidéoclips? Etc.

Exprimez-vous! Qu’en pensez-vous?

Sophie Morin, Sexologue-Consultante


samedi 25 juillet 2009

C'est quoi l'hypersexualisation?


"C'est à cause de l'hypersexualisation!"

"L'hypersexualisation, c'est épouvantable!"

Mais c'est quoi l'hypersexualisation au fait?

Il n'existe pas une seule et unique définition de l'hypersexualisation. 

Mais en bref, l'hypersexualisation est le fait de sexualiser une chose qui ne l'est pas en soi. Par exemple, l'érotisation de l'enfance (habiller les petites filles en femmes, leur permettre de se maquiller au quotidien et non pas seulement pour jouer, leur acheter un soutien-gorge et des talons hauts) est un des principaux phénomènes observables de l'hypersexualisation.

On parle aussi de la "sexualisation de l'espace publique" qui consiste à érotiser l'espace public: la sexualité et l'érotisme, des concepts qui sont du domaine privé, sont maintenant très présents dans la sphère publique. On peut regarder une multitude de concepts publicitaires où, pour vendre des jeans, les personnes sont torse nu, pour vendre des bottes, les personnes sont nues, pour vendre des hamburgers, on voit des femmes qui lavent des voiture en maillots de bains, etc. On peut aussi regarder les vidéoclip et les comparer à ceux d'il y a 15 ou 20 ans. Non seulement une grande partie des chansons pop traite de la sexualité de façon assez explicite (pensons au hip hop, à Ciara, Justin Timberlake, Rhianna, Britney Spears, Madonna, etc.) mais les chorégraphies des vidéoclip sont aussi très sexuellement explicites, sans qu'il y ait un lien avec les paroles.

Peu d'ouvrages traitant de l'hypersexualisation parlent de ce phénomène social en lien avec le monde adulte, mais il ne faut pas se leurrer; les adultes aussi sont touchés par l'hypersexualisation. On pourrait croire que la personnalité des adultes est généralement ancrée depuis le début de l'âge adulte et qu'ils et elles sont moins atteint(e)s, mais ils et elles le sont tout de même.

Et il ne faut pas oublier que les adolescents et les adolescentes d'il  a 10 ans sont maintenant des adultes et traîneront l'héritage de leur adolescence hpersexualisée tout au cours de leur vie.
Plusieurs phénomènes participent à l'hypersexualisation et à la sexualisation de l'espace public à leur façon. Il ne s'agit donc pas de parler d'un phénomène isolé, d'une seule personne ou d'un groupe de personnes pour tenter d'intervenir auprès des individus, mais d'un phénomène social où tous et chacun ont leur part de responsabilité.  

Plusieurs ouvrages ont tenté de définir le concept. Le conseil du statut de la femme a publié en 2008 "le sexe dans les médias" qui traite de l'hypersexualisation et la sexualisation de l'espace publique.
Le CALACS (centre d'aide et de lutte aux agressions à caractère sexuel) de Rimouski, en collaboration avec la chercheure Pierrette Bouchard ont produit le document "Consentantes? hypersexualisation et violences sexuelles" (non disponible sur le web).
L'APA aux États-Unis (Associations des psychologues américains) a aussi produit un long rapport de recherche qui défini l'hypersexualisation "Sexualisation of girls".

Bonne lecture!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

dimanche 21 juin 2009

Ces choses dont on ne parle pas!



Le sujet d'aujourd'hui: les menstruations. MESSIEURS! N'arrêtez pas votre lecture ici! Vous êtes peut-être père, vous avez sûrement des amies qui sont des femmes et vous avez peut-être même une conjointe; il s'agit d'une information qui pourrait être pertinente à connaître où à transmettre. Mesdames, peut-être que cette information vous permettra de vous éclairer et de vous faire sentir moins anormale.

Saviez-vous qu'au moment des menstruations, le système digestif, plus particulièrement l'intestin grêle, fonctionne moins bien? Ce dysfonctionnement temporaire peut avoir plusieurs impacts désagréables comme des ballonements, des gazs plus fréquents, des selles plus fréquentes et parfois même des diarrhées. Plusieurs femmes ne comprennent pas pourquoi, en plus de devoir "subir" les menstruations, elles ont aussi des problèmes avec "leur autre orifice" et en sont frustrées!

On entend souvent parler des douleurs abdominales (causées par les contractions de l'utérus), des maux de dos, des seins plus sensibles, du col de l'utérus plus sensible (au moment de relations sexuelles avec pénétration un peu avant ou pendant les menstruations), de l'irritabilité, des chaleurs etc, mais pas du dysfonctionnement de l'intestin grêle. Il serait très pertinent de mentionner cet élément aux jeunes filles lors de la ménarche (première menstruation), car on observe un silence entourant cet élément dans les livre d'éducation à la sexualité.

Avoir ou ne pas avoir de relations sexuelles lors des menstruations est un choix personnel qui devrait être respecté en tout temps, peu importe les raisons. Mais ce nouvel élément vous éclairera peut-être d'avantage sur l'absence de désir sexuel de votre conjointe ou de votre ex-conjointe lors de ses menstruations.

Vous détenez des informations à propos de la sexualité qui circulent trop peu? Exprimez-vous et faites-nous en part!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante