jeudi 17 décembre 2009

Faut-il que les hommes soient enceintes...?


Les Français ont concocté une campagne de sensibilisation spécifiquement pour les ados à propos de la contraception. Ils ont utilisé plusieurs façons d'aborder le thème dans des clips de 35 à à 75 secondes et je ne vous cacherai pas que plusieurs de ces scènes m'ont fait bien rigoler!

Sincèrement, c'est bien fait! On utilise parfois de l'humour noir pas tellement politiquement correct, même des dessins animés EMO et parfois aussi des clips plus songés pour présenter une autre façon d'aborder un thème et de nous porter à réfléchir. Je vous propose les deux prochains clips qui s'adressent principalement aux garçons:










Je vous invite à consulter le site pour d'autres clips et des informations pertinentes à propos de la contraception; vous y trouverez des façons rigolottes de présenter les moyens contraceptifs.

Si vous êtes du genre "humour absurde", je vous conseille "La vérité sort toujours de la bouche des enfants"; ce n'est pas tellement politiquement correct, mais c'est drôle!

Bon visionnement!
Sophie Morin, Sexologue-Consultante

mardi 15 décembre 2009

Sexualité, vieillissement et médicalisation de la sexualité


Vous vous questionnez sur les impacts du vieillissement sur la sexualité? Vous avez longuement entendu parler du "Viagra", cette "pilule du désir" et vous vous questionnez sur son efficacité, ses impacts, etc?

La chaîne "Télé-Québec", par le biais de son émission "une pilule, une petite granule" a produit un excellent reportage sur le sujet. Dans cette émission, vous pourrez en apprendre d'avantage sur:

  • Les différents effets du vieillissement chez l'homme et chez la femme;
  • Les effets exacts du viagra et de ses acolytes;
  • Les effets du viagra chez les femmes;
  • Les recherches sur les différents médicaments en lien avec la sexualité;
  • Les effet des médicaments sur le désir sexuel;
  • Etc.
Le reportage est assez honnête intellectuellement. Il n'est ni pro-médicament, ni anti-médicament. Je considère que ça donne de l'information critique en présentant les bons et les moins bons côtés.

J'en profite pour nommer que Sophie Bergeron (une des personne qui parle dans le reportage) a longtemps enseigné au département de sexologie de l'UQAM et a une chaire de recherche à l'université de Montréal. Son site web donne une foule d'informations utiles sur les douleurs gynécologiques. 

Pour le reportage, voici le lien pour le visionner. Veuillez prendre note que le reportage est le deuxième dans l'émission.

Bon visionnement!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

jeudi 10 décembre 2009

Plus de la moitié des femmes se masturbent au travail


Cet article à propos d'un sondage danois nous indique que 50% des femmes se masturbent au travail.

Alors que 50% de la population n'est pas capable de situer le clitoris sur une planche anatomique et qu'une grande proportion de femmes n'a jamais atteint l'orgasme, on tente de nous dire que 50% des travailleuse se masturbent à la pause café?

Un sondage qui tente de culpabiliser les personnes hors norme en créant une fausse norme? Je vous invite sincèrement à lire "Les Québécois(e)s ont en moyenne 6 relations sexuelles par semaine" qui pourrait vous éclairer à ce sujet.

Bonne journée!


lundi 7 décembre 2009

Les victimes de violence conjugale ne sont pas toutes celles qu'on pense...


La Table de concertation en violence conjugale de Montréal a construit de supers vidéo abordant certains tabous en lien avec la violence conjugale. Chacune des trois capsules nous présente, en français et en anglais, un tabou:

1) La violence conjugale vécue par les femmes sourdes: certaines personnes ne savent ni lire, ni écrire, ne parlent pas et communiquent uniquement par langage "signé"; tout un défi pour tenter de porter plainte et de s'en sortir quand leur réseau est très très restreint.





2) La violence conjugale dans les couples lesbiens: Contrairement aux couples hétérosexuels où les hommes ne peuvent jamais (ou presque ) retrouver leurs conjointes dans les maisons d'hébergement, la situation est différente lorsque la personne violente est une femme! Et pour les femmes qui vont chercher de l'aide, on présume souvent que leur agresseur est un homme, sans compter que plusieurs d'entre elles n'ont pas fait leur"coming-out"; la menace de dévoiler l'orientation sexuelle est donc une arme puissante pour l'agresseur, en plus de perdre le réseau commun de femmes lesbiennes!





3) La violence conjugale vécue par les hommes dans un couple hétérosexuel: "Comment un homme peut-il être victime d'une femme? Il n'a qu'à se défendre!" Les hommes victimes de violence conjugale sont non seulement victimes, mais doivent souvent prouver qu'ils ne sont pas les agresseurs! Pas facile de trouver de l'aide dans ce cas!



Il est souvent plus facile de faire des généralisations et de tenter de s'adresser à tout le monde en même temps, mais ces trois vidéos nous démontrent qu'il n'est parfois pas possible de s'adresser à tout le monde de la même façon.

Je vous invite à transférer ces ressources aux personnes qui pourraient se sentir interpellées et bien seules dans leur situation.

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

dimanche 6 décembre 2009

Pourquoi a-t-on évacué le fait que ce sont des femmes qui sont mortes le 6 décembre 1989?



Pour ceux et celles qui suivent mon blog, vous savez que j'ai assisté au colloque organisé par l'IREF (Institut de recherche en études féministes) en lien avec le 20e anniversaire des événements survenus le 6 décembre 1989 en fin de semaine.

Je dois d'abord débuter en disant que la qualité des présentations était impressionnante! J'ai assisté à plusieurs colloques internationaux aux coûts exorbitants et souvent, les titres des présentations dépassaient de loin la qualité des présentations elles-mêmes. Pour le colloque commémorant l'événement de la Polytechnique, c'était complètement différent. Durant 3 jours, des conférenciers et conférencières passionné(e)s, passionnant(e)s, maîtrisant leur sujet et très rigoureux(euses) dans leur analyse nous ont présenté toutes sortes d'aspects liés à la violence faite aux femmes et aux féministes. Bravo au comité organisateur de l'événement et surtout au choix qu'il a fait de garder ce colloque accessible au plus grand nombre en fixant le coût d'inscription très bas (30$ pour 3 jours pour les représentants des organismes communautaires en ce qui me concerne).

Durant ces trois jours, plusieurs thèmes nous ont été présentés, mais un thème a recoupé plusieurs présentations et m'a particulièrement jetée par terre; celui du malaise de nommer la violence dirigée vers les femmes et les féministes lors de la soirée du 6 décembre 1989.

Je m'explique. Je ne vous apprends probablement rien si je vous dis que ce sont des femmes qui ont été assassinées à l'école Polytechnique, mais saviez-vous que les politiciens ont accordé très peu d'importance à ce fait central dans la couverture de l'événement depuis 20 ans? Une conférencière qui a épluché les articles et les discours politiques en lien avec la Polytechnique nous disait qu'aucun politicien provincial n'a parlé de l'événement en dénonçant la violence tournée vers les femmes et les féministes. Le parlement n'a, à aucun moment, pris position en disant "Le Québec dénonce cet acte de violence envers les femmes et tient à rappeler que le Québec est une province qui se bat pour l'égalité entre les hommes et les femmes. L'assassinat de femmes fréquentant l'école Polytechnique, un lieu réservé il n'y a pas si longtemps exclusivement aux hommes, est un affront à la reconnaissance que notre peuple accorde à l'égalité entre les femmes et les hommes: nous souhaitons le dénoncer à la face du monde!"

Personne n'a proclamé un discours qui ressemblait à celui-ci! On a parlé de drame, de tuerie, etc., mais en tentant le plus possible de ne pas indiquer que les victimes étaient des femmes!

Vous voulez une démonstration de ce que j'avance? Voici ce qui est inscrit sur la plaque commémorative de la ville de Montréal en ce qui concerne cet événement:" La Ville de Montréal s'associe à l'action de la Fondation des victimes du 6 décembre contre la violence afin de promouvoir des valeurs de respect et de non-violence."

De violence? Il ne s'agissait pas d'un acte de violence indifférencié; il s'agissait d'un acte de violence contre les femmes qui se sont battues pour l'égalité des femmes: l'accès des femmes à l'école Polytechnique était un symbole de la lutte des femmes. Peut-être que ces femmes victimes n'étaient pas des féministes, mais si elles avaient la possibilité de fréquenter cette école, c'était grâce aux luttes des féministes qui se battaient et se battent encore pour l'égalité et par le fait même, pour que les femmes aient accès à tous les corps de métier! Cette tuerie n'a pas eu lieu dans une école de sciences infirmières, à la faculté de l'éducation où dans une école de coiffure et d'esthétique où le pourcentage de femmes est pourtant beaucoup plus élevé; il a eu lieu à la Polytechnique.

Je fais une parenthèse pour dire que cet homme aurait sûrement eu besoin d'aide et avait très probablement des problèmes de santé mentale. Mais est-ce que ça change le fait qu'il a assassiné des femmes? Non.

Est-ce que nous excusons Hitler en disant qu'il avait probablement des problèmes de santé mentale? Pourquoi tentons-nous de minimiser cette tragédie en expliquant que Lépine était un être asocial, dont le père manquait? Les raisons ne changent rien aux résultats et il faudrait peut-être cesser de regarder uniquement en arrière pour mieux réfléchir collectivement au réel débat social qui se cache derrière Polytechnique.

D'accord les policiers et les ambulanciers sont mieux formés pour intervenir dans une éventuelle tuerie, mais après? On attend que ça survienne encore pour que ces acteurs formés interviennent?

Ce qui m'attriste et me frustre à la fois, c'est de constater que cet événement extrême a ouvert la porte à la tenue de paroles et de gestes anti-féministes librement sur la place publique, car en comparaison avec la tuerie du 6 décembre 1989, tout le reste semble banal et anodin, parce que la violence est moins extrême. Peut-on travailler un peu plus en prévention qu'en intervention?
Il faut arrêter de croire et de dire que les féministes sont allées trop loin et ont donné lieu à cette tragédie. Il ne faut pas oublier que le mouvement féministe est un mouvement pacifique qui aspire à l'égalité entre les hommes et les femmes; le mouvement féministe, contrairement à ce que certains anti-féministes souhaiteraient croire, n'a jamais fait de victime.

Feu Pierre Falardeau disait:"On va toujours trop loin pour ceux qui ne veulent aller nulle part"; j'adore cette phrase et elle me donne des forces pour poursuivre mon travail en défense des droits!

Sur ce, je vous souhaite un bon début de semaine!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante, fière d'être féministe en cette journée du 6 décembre vous indique que les chroniques militantes prendront un peu de repos pour les prochains jours! :-D

vendredi 4 décembre 2009

Aujourd'hui, j'ai un peu peur d'être féministe...

Avez-vous entendu parlé du "Colloque international : La tuerie de l'École Polytechnique 20 ans plus tard - Les violences masculines contre les femmes et les féministes" qui se tient à l'UQAM du 4 au 6 décembre 2009? En ce qui me concerne, j'ai décidé d'y assister. Parce que la pertinence avec mon travail actuel est manifeste, mais aussi par devoir de me souvenir de ces événements qui sont survenus alors que je n'avais pas 8 ans.

Il est assez frustrant de sentir cette peur, parce qu'il y a 20 ans, un individu est entré à la polytechnique et, avant de tuer 14 femmes, a hurlé: "J' HAÏS LES FÉMINISTES!".

Le drame de la polytechnique, c'est un homme qui en voulait peut-être aux femmes, mais qui en voulait surtout aux féministes. Ce meurtre de masse comptant 14 femmes ayant accédé à une école réservée exclusivement aux hommes quelques années auparavant est symbolique. Ces femmes qui ne se qualifiaient peut-être même pas de féministes représentaient la lutte des femmes pour l'accès à l'égalité en intégrant les sphères traditionnellement masculines; les sphères stratégiques et de pouvoir.

Comment croyez-vous qu'une femme féministe et militante se sent dans un rassemblement de féministes militantes pour souligner une tuerie qui les avaient pour cible?

Il est impossible d'aller dans un tel événement sans se demander si un anti-féministe aura choisi ce moment stratégique pour éliminer les féministes qui empoisonnent sa vie. Il est difficile de ne pas regarder autour de soi pour analyser les gens qui nous entourent en se demandant si une de ces personnes a des intentions malveillantes.

Peut-être devrais-je me sentir rassurée d'entendre aux nouvelles qu'un grand périmètre de sécurité a été mis en place, mais ça me rappelle surtout que le risque d'être la cible d'un meurtrier est bel et bien présent. Pourquoi? Parce que je suis une femme féministe qui aspire à un monde où les hommes et les femmes seraient égaux.

La tuerie ayant pour cible des femmes, survenue à l'école polytechnique, occupe une place énorme dans l'inconscient collectif québécois, car le 6 décembre 1989, quelque chose s'est brisé. Il est difficile de nommer quoi exactement, mais le malaise qui persiste autour de cet événement est palpable. Par exemple, les gens ne veulent pas aller voir le film (qui n'a d'ailleurs réussi à recevoir aucun financement public) et un collectif d'artistes ayant créé une exposition de commémoration n'a réussi à trouver aucune salle d'exposition acceptant de recevoir leur oeuvre: AUCUNE!

C'est très exactement ce malaise qui m'a poussée à passer par-dessus ma peur et d'assister à ce colloque: parce que je crois qu'il est important de comprendre ce que cet événement nous a légué comme héritage social qui n'est très certainement pas banal.

Gardez l'oeil ouvert, car dans les prochains jours, je vous ferai part de mes réflexions qui seront survenues au cours de ces trois jours de formation.

Sophie Morin, Sexologue-Consultante