vendredi 29 janvier 2010

Retour sur la publicité présentée plus tôt cette semaine...


Je tiens tout d'abord à remercier les personnes qui ont participé au concours lié à la publicité qui a été posté plus tôt cette semaine!

Je souhaitais revenir sur la publicité qui n'a pas fait l'unanimité, car ça me permet de vous parler d'une façon d'intervenir qui se nomme "la réduction des méfaits", mais aussi de vous faire part de ma critique de la publicité. Mais avant, voici une description du clip pour les personnes qui ne l'auraient pas visionné.
Dans cette publicité, on voit un pénis dessiné sur un mur de toilettes publiques qui aimerait bien "tirer un p'tit coup". Il se met donc à courir après des vagins sur pattes, des bouches et des anus qui se sauvent à grandes enjambées. Après que tout le monde se soit sauvé, le pénis, le caquet bas, est bien triste. C'est alors qu'une jeune fille qui se maquille dans la salle de bain dessine un condom à notre personnage principal. Le pénis étant protégé, les vagins sur pattes,les bouches et les anus reviennent par centaine pour se faire joyeusement pénétrer.

À première vue, cette publicité comporte certains questionnements au niveau de l'éthique (qu'est-ce qui est le mieux pour moi, pour l'autre et pour l'ensemble de la société):

  • Est-ce qu'un garçon est seulement un pénis et une fille un vagin?
  • Est-ce que les relations sexuelles se limitent à la pénétration?
  • Où est la part d'émotion dans cette publicité?
  • Où est la part de désir et de sensualité dans cette conception des relations sexuelles?
  • Est-ce réellement souhaitable de faire la promotion de la multiplicité des partenaires?
  • Est-ce réellement aux filles, encore aujourd'hui, de penser à la contraception (fille qui lui dessine un condom)?
  • Etc.
C'est ici qu'entre en jeu la conception de "réduction des méfaits". Avec cette idéologie,on ne vise pas l'atteinte du nirvana, mais bien de rejoindre une clientèle cible et de viser un objectif plus spécifique, sans tenir compte de la thématique dans sa globalité (on ne tient donc pas compte de tous les questionnements précédents).

La réduction des méfaits est utilisée avec plusieurs clientèles cibles. Par exemple, lorsqu'on tente d'amener des personnes toxicomanes à utiliser des seringues propres et de ne pas partager leurs seringues souillées afin d'éviter la propagation d'infections comme l'hépatite C ou le VIH; il y a même des programmes qui donnent des seringues propres. Bien sûr, le nec plus ultra serait d'amener ces personnes à cesser de consommer des drogues, mais en attendant de viser cet objectif, on tente de réduire les méfaits.

Dans la précédente publicité, on serait portés à croire que la clientèle cible est les jeunes hommes hétérosexuels qui vivent dans un contexte de performance et que l'objectif spécifique de la publicité est d'amener les jeunes hommes à porter un condom lors de rapports sexuels de tous genres (pénétration vaginale,orale ou anale).

Maintenant, les concepteurs de la publicité sont passés à côté de leur message, même s'ils avaient choisi d'utiliser la philosophie de la réduction des méfaits. Il n'y a qu'un pénis, un condom et des centaines de partenaires. Bien sûr, le personnage le mieux protégé de l'histoire est le pénis, mais qu'en est-il des partenaires? En changeant de partenaire sans changer de condom, ce sont ses partenaires qui risquent d'être infectés. On lance donc un faux message de protection et c'est une erreur assez grave au point de vue de la santé publique. Il ne s'agit pas ici d'être puriste, mais bien d'être réaliste:une personne est sensée changer de condom à chaque partenaire. De plus, s'il y a une pénétration anale et ensuite une pénétration vaginale, l'homme est sensé changer de condom entre les deux pour éviter de mettre des bactéries dans le vagin de sa partenaire, ce qui pourrait se transformer en vaginite ou autre.

Finalement, je crois qu'il aurait été possible de mettre un personnage garçon au lieu d'un personnage fille pour lui dessiner un condom, question de passer le message que c'est aussi aux garçons de penser à la contraception et pas seulement aux filles qui ne souhaitent pas être enceintes. Dans un contexte scolaire,un jeune homme aurait très bien pu se laver les mains et avoir des cahiers et un étui à crayon pour lui dessiner un condom.

Cette publicité, même si elle est rigolote, transmet un faux message, un message de sexualité individualiste et une fausse apparence de sexualité responsable. On ne peut même pas dire que les concepteurs ont travaillé avec la philosophie de la réduction des méfaits, car ils n'ont pas pris en compte tous les personnages. L'intention était bonne, mais le résultat est infructueux.

Sophie Morin, Sexologue consultante

lundi 25 janvier 2010

Publicité qui atteint sa cible?

Il me semble que c'est un peu "trash" comme publicité...

Et pas tellement sexuellement responsable...

Êtes-vous capable de me dire pourquoi? La suite ici!


Sophie Morin, Sexologue-Consultante

vendredi 22 janvier 2010

Le grand méchant loup est plus souvent à l'intérieur qu'à l'extérieur de la maison


La chercheure Mireille Cyr du département de psychologie de l'Université de Montréal vient de diffuser de nouveaux résultats de recherche à propos de la détresse psychologique des personnes ayant été victimes d'agression sexuelle.


Cette recherche confirme certains faits que nous connaissions déjà, notamment que dans son échantillon de 800 Québécois(e)s, une fille sur 5 et un garçon sur 10 ont été victime d'agression sexuelle durant leur enfance.


Par contre, certains résultats émergent de l'étude, comme le fait que 50% des victimes attendront plus de 5 ans avant de parler à une personne de leur agression sexuelle. On ne parle pas ici de dénoncer l'agression à la police, mais d'en parler à une personne de leur entourage.


Ce qui m’attriste particulièrement en voyant cette statistique, c'est que l'équipe de recherche nous rappelle que plus une personne attendra avant de parler de son agression, plus elle aura des séquelles importantes.


Une autre statistique choc est de constater de 89% des femmes et 85% des hommes qui ont été victimes d'une agression sexuelle grave ou d'un viol (viol = avec pénétration) ont été la victime d'une personne qu'il ou elle connaissait.


Nous savions déjà que 90% des agressions sexuelles étaient commises par des personnes connues, mais le mythes était que les agressions sexuelles graves ou les viols étaient plutôt commis par des inconnus. Cette statistique vient donc chambouler cette perception.


Ces résultats amènent des questionnements.


Il existe plusieurs types de cours d'autodéfense sur le marché; certains ont une approche féministe, d'autres appliquent plusieurs types d'autodéfense et quelques un s'apparentent à des cours de kung fu.

Si la personne qui tente de vous agresser est votre copain, votre père, votre frère, votre oncle, votre ami(e) ou l'ami(e) de votre copain, est-ce que vous tenterez de lui faire "la passe de Jackie Chang" avant de vous enfuir en courant? Ce serait plutôt étonnant. Plusieurs cours d'auto-défense sont donc à repenser.



jeudi 14 janvier 2010

Une sexologue a le mandat de faire bander Washington!


Rien de mieux que le mot "bander" pour attirer l'attention!

Mais c'est quand même vrai! La célèbre "doctor Ruth" a été engagée par la ville de Washington! Pourquoi? Pour faire grimper la ville dans le palmarès des destinations romantiques des États-Unis. L'auteur du très prisé livre "Le sexe pour les nuls" a été nommée "Ministre de l'amour et des relations"de la capitale américaine.

"Le plan de stimulation de l'amour" sera mis en action pour tout le mois de février et un site web a même été créé pour les couples et les célibataires de Washington qui souhaitent célébrer l'amour!

Ça a l'avantage d'être original et novateur! Bravo pour cette initiative; à quand l'équivalent pour Montréal?

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

lundi 11 janvier 2010

Quelques explications sur l'étude niant l'existence du point G




- "Le point G n'existe pas!"
- "Le point G existe; moi j'ai trouvé le mien!"
- "Mais là, est-ce qu'on doit continuer de le chercher ce fameux point??"

Ah là là! Pas facile de s'y retrouver! Qui doit-on croire; les chercheurs et la science ou notre grande copine qui a trouvé son point G et qui nous explique comment trouver le nôtre?

Pour les personnes qui n'ont pas entendues parler de cette étude (vous étiez probablement sur Pluton depuis quelques jours), une équipe de chercheurs a produit des résultats de recherches. Plus de 1000 femmes ayant une soeur jumelle (identique ou non) ont participé à une étude qui a conclu que le point G n'existait pas.

Qu'est-ce que ça signifie?
Cette équipe prétend que le point G anatomique n'existe pas. Il ne serait donc pas possible de le disséquer et encore moins d'injecter du collagène dedans pour le faire grossir!!!

Ce que ça ne signifie pas:
Si vous ou votre conjointe avez déjà éprouvé beaucoup de plaisir sexuel lors de la stimulation de la paroie antérieur du vagin, vous n'êtes pas anormal et vous n'inventez rien! Cette équipe ne prétend pas qu'il soit impossible d'éprouver du plaisir sexuel en stimulant la paroie antérieur du vagin! La chercheure principale amène une clarification que j'ai bien aimé. Elle explique, lors de cette entrevue, que certaines femmes arrivent à atteindre l'orgasme par la simple caresse de leurs seins, mais nous n'avons pas appelé ça le point "s" pour autant. Nous avons encore moins tenté de faire croire à toutes les femmes que si elles étaient incapables d'atteindre l'orgasme par la simple caresse de leurs seins, qu'elle n'avaient pas suffisamment essayé, qu'elles allaient finir par y arriver et qu'elles devaient poursuivre leurs exercices!

C'est en fait ce que tente de démontrer cette étude. Toutes les femmes ont leurs particularités, leurs préférences et différends niveaux de sensibilité selon les zones de leurs corps.

L'étude ne dit rien sur l'éjaculation féminine; il demeure un grand nombre d'incertitudes et de questionnements à propos de la sexualité féminine.

Une autre étude australienne effectuée il y a quelques années avait proposée que le point G soit en fait la racine du clitoris, "l'autre bout du clitoris" et qu'il serait possible de le stimuler en passant par le vagin. C'est une hypothèse qui est intéressante.

La réflexion, mais aussi la recherche, sont à poursuivre!

Pour les esprits scientifiques, je vous propose de vous rendre sur le site de Radio-Canada pour écouter un reportage plus scientifique sur cette recherche. On y trouve aussi une entrevue avec le docteur Marc Stebene, médecin spécialisé en santé sexuelle des femmes.

Bonne semaine!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

Êtes-vous trop exigent.e en amour?

Des fois, quelques mots, quelques phrases suffisent pour susciter la réflexion. Voici un court clip qui s'intitule "Êtes-vous trop exigeants en amour?" Bien sûr, il ne s'agit pas de tomber dans les marches à suivre, mais les conseils de cette femme pouvaient autant s'adresser à des personnes célibataires qui cherchent l'âme soeur qu'aux personnes déjà en couple.


Vous sentez-vous concerné(e)s par ce que dit cette femme? Y a-t-il certains de ses conseils que vous auriez intérêt à appliquer? Ou au contraire, croyez-vous que ce genre de commentaires est un ramassis de bêtises?

Exprimez-vous!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

mardi 5 janvier 2010

La mode hypersexualisée; un livre qui en dresse le portrait



Vous vous questionnez sur l'origine de la mode? Vous avez l'impression que la mode est plus sexy qu'avant ou au contraire, vous n'en croyez pas un mot?

Mariette Julien est professeur à l'École Supérieure de Mode de Montréal et s'intéresse depuis longtemps aux liens entre l'environnement, la culture et la mode. Elle sortira prochainement son livre qui s'intitule "La mode hypersexualisée" où on apprend une foule de chose sur l'origines des modes, plus particulièrement sur la mode hypersexualisée.

J'ai rencontré Madame Julien lors d'une entrevue l'an dernier et elle m'a apporté un éclairage nouveau sur le phénomène de l'hypersexualisation. Contrairement à d'autres, son discours en lien avec l'hypersexualisation n'est pas moralisateur; il s'agit plus d'observation sociologique et d'une analyse que d'un discours alarmiste. Je vous invite à aller lire un court extrait de son livre; Voici un lien pour y accéder.

Bonne lecture!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

lundi 4 janvier 2010

Pour ou contre la légalisation de la prostitution? Des femmes 100% pour sont devenues 100% contre


Lorsque j'ai débuté mes études universitaires, j'ai suivi un cours qui s'intitulait "Drogues et criminalité" offert par le département de criminologie de l'université de Montréal. Ce cours démystifie plusieurs phénomènes, dont l'évolution de la législation canadienne, mais aussi mondiale en lien avec la prostitution. Je me souviens du chargé de cours qui nous expliquait qu'en Suisse, les personnes prostituées se battaient pour avoir de l'assurance-emploi! "Légalisons la prostitution! Rendons possible que les femmes soient plus en sécurité pour exercer leur métier!"

Ça semble beau tout ça hein? Mais malheureusement, ce n'est pas aussi facile. Il n'est pas vrai que les femmes seront nécessairement plus en sécurité et auront plus de liberté dans leur métier. C'est ce que nous disent des féministes australiennes qui ont lutté pour la légalisation de la prostitution dans leur pays et qui l'ont obtenue. Le bilan près de 20 ans plus tard est loin d'être rose. Le phénomène de l'offre et la demande donne lieu à des souteneurs qui souhaitant gagner toujours plus d'argent pour répondre aux demandes toujours plus "trash" des clients; demande d'activités sexuelles de plus en plus violentes et prostitué(e)s toujours plus jeunes. La différence avec aujourd'hui au Canada? Les lieux de prostitution sont maintenant légaux.

Rien n'est parfait. Peut-être que la solution réside d'avantage dans la décriminalisation des personnes prostituées plus que dans la légalisation de la prostitution en soit?

Qu'en pensez-vous?

Vous voulez en savoir plus? Allez lire cet article!