samedi 27 février 2010

Cet été, veux-tu être sirène ou baleine?



Aujourd'hui, une amie m'a envoyé un courriel qui m'a fait sourire. Il s'agit d'une réflexion à propos de l'image corporelle sous forme de métaphore. J'avais envie de partager cette réflexion avec vous:

Dans une ville en France, une affiche, avec une jeune fille spectaculaire sur une vitrine d'un gymnase, dit :


« CET ÉTÉ VEUX-TU ÊTRE SIRÈNE OU BALEINE ? » .

Une femme d'âge moyen, dont les caractéristiques physiques ne sont pas connues, a répondu à la question publicitaire en ces termes :

Chers Messieurs,
Les baleines sont toujours entourées d'amis (dauphins, lions marins, humains curieux). Elles ont une vie sexuelle très active, elles ont des baleineaux très câlins qu'elles allaitent tendrement. Elles s'amusent comme des folles avec les dauphins et s'empiffrent de crevettes grises. Elles jouent et nagent en sillonnant les mers, en découvrant des lieux aussi admirables que la Patagonie, la mer de Barens ou les récifs de Corail de Polynésie. Les baleines chantent très bien et enregistrent même des cd's. Elles sont impressionnantes
et n'ont d'autres prédateurs que l'homme. Elles sont aimées, défendues et admirées par presque tout le monde.
Les sirènes n'existent pas ! ET si elles existaient elles feraient la file dans les consultations des psychanalystes argentins parce qu'elles auraient un grave problème de personnalité « femme ou poisson ? ». Elles n'ont pas de vie sexuelle parce qu'elles tuent les hommes qui s'approchent d'elles. Ils feraient comment d'ailleurs ?! Donc, elles n'ont pas d'enfants non plus. Elles sont jolies, c'est vrai, mais isolées et tristes. En outre, qui voudrait s'approcher d'une fille qui sent le poisson ?
Moi c'est clair, je veux être une baleine !

Alors, qu'en pensez-vous? Exprimez-vous!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

mardi 23 février 2010

Démystification sur les goûts sexuels des hommes


Aujourd’hui, je suis tombée sur un article qu’on classifie « style de vie ». Le titre de l’article? « 10 phrases que les hommes ne veulent pas entendre au lit ». En voyant le titre, ça a piqué ma curiosité : « Véhicule de stéréotype ou non cet article? Allons lire ». Sur dix, il y avait deux éléments rigolos : « Est-ce que c’est rentré? » et « Cache-toi, mon mari vient d’entrer! ». Mais les huit autres étaient plutôt stéréotypés, voire jugeant. J’ai décidé de vous les présenter en ajoutant mes réflexions.
"Mon ex me faisait..."

Il n'y a rien de pire que d'entendre parler de l'ex, surtout dans ses moments d'intimité. C'est un beau refroidissement. On peut comparer dans sa tête ou encore guider l'autre vers ce que l'on aime, mais mieux vaut ne pas parler de l'ex lors des ébats. Et pire, ne surtout pas prononcer son nom durant l'acte!


Parler de son ex? Peut-être pas le meilleur contexte. Savoir guider son partenaire sur ses préférences sexuelles? Souhaitable! Un nouveau partenaire n'a pas de radar pour détecter vos zones érogènes. 
« C'est tout ?»
Ouch ! Voilà de quoi frapper l'égo de monsieur de plein fouet. Encore là, que devrait-il répondre ? «Heu, désolé la prochaine fois je vais faire mieux, promis». Et après on se demande d'où vient la pression pour la performance au lit !

Hum... "C'est tout?", c'est pas la phrase qui a le plus de tact... Toutefois, ça pourrait aussi signifier, de façon maladroite, que monsieur (ou madame) a très peu été dans la relation et est resté centré uniquement sur son plaisir. Il serait facile de rester coller sur les mots et de ne pas essayer d'en comprendre le sens. Avant d'essayer de jeter le blâme sur l'autre, il peut-être pertinent de se questionner aussi sur soi.
« Je veux seulement te regarder dormir. »
Quand on a terriblement envie de quelqu'un, on ne veut le regarder dormir. On veut lui sauter dessus et passer une torride nuit avec lui. Alors, c'est définitivement une mauvaise nouvelle!
C’est vrai que lorsque une personne a du désir sexuel, elle a habituellement envie de faire l’amour. Mais une personne n’a pas toujours du désir sexuel. Parfois, le désir est sexuel, parfois, le désir est amoureux et « avoir envie de regarder l’autre dormir » peut combler son désir amoureux. C’est vrai que le mâle stéréotypé qu’on nous présente sans cesse est sensé être toujours prêt et avoir toujours envie de relations sexuelles. Dans la réalité, les hommes ont parfois envie de faire du cocooning et sont capables d’éprouver du désir amoureux sans éprouver de désir sexuel. Ce serait bien qu’on cesse de véhiculer ce stéréotype des hommes.
« C'est ma première fois. »
Oui, les hommes ont une certaine fierté à être le premier amant d'une femme. Mais seulement jusqu'à 18 ou 19 ans. Après, ça risque de causer un malaise.

Ouf... Est-ce qu'une femme qui n’a jamais eu de relations sexuelles passé l’âge de 20 ans devrait le cacher? Une femme qui n’a pas eu de relation sexuelle à 25 ans vit peut-être de l’angoisse et du stress et peut-être même qu’elle se juge de ne pas avoir passé ce stade. N’aura-t-elle pas besoin du support de son partenaire pour vivre cette première expérience?
Quel est le sens de ce commentaire? Que passé l’âge de 20 ans, un homme souhaite pouvoir faire l’amour avec une femme sauvagement sans se soucier qu’elle ait mal? Ça envoie le message qu’un homme ne souhaite pas se soucier de sa partenaire. Ce n'est pas un peu réducteur?
« Je veux juste un câlin ».
Il n'en faut pas beaucoup pour qu'un homme soit excité. Un effleurement, un baiser, l'odeur des cheveux. Lorsqu'un homme ne sert qu'à donner des câlins, c'est comme s'il était un nounours réconfortant. Et un homme veut être vu comme un être viril, avec un sex-appeal irrésistible !

Donc... Un homme se résume à son pénis? Ça ne laisse pas beaucoup de place à la créativité... ;-) Ça manque un peu de zones de gris cette perception de la masculinité.
« Ce sont des choses qui arrivent à tout le monde. »
Oui, les hommes le savent, mais ils ne veulent nécessairement pas l'entendre... de votre bouche... au lit!

C'est étrange ce commentaire... La partenaire devrait dire quoi? Ne pas dire quoi? Ce n'est pas parce que deux personnes font comme si ça n'existait pas que ça n'existe pas. La charge émotive, elle, reste. Le malaise, la honte, peu importe. Tenter de supporter son partenaire est un geste de solidarité pour aider à passer le moment de malaise. Mais c'est vrai qu'avec l'énoncé précédent, l'auteur présente l'homme comme un homme-pénis ;-)
Le ronflement.
Les femmes aussi ronflent, tout le monde le sait! Mais les hommes ne veulent pas forcément voir leurs blondes comme des êtres qui pètent, rotent et ronflent. C'est très anti-sexy et anti-féminin.

Ok. Celà étant dit, quelles sont les solutions? Que vous ne dormiez jamais ensemble, "au cas"? Car il n'y a rien de plus traître que le sommeil pour qu'un pète ou un ronflement survienne. Cet auteur semble avoir une dent contre l'intimité. Car dans l'intimité, il y a aussi le partage de certaines zones de vulnérabilité, de grisailles. Il y a une marge entre "faire un concours de pète" et entendre l'autre péter. De plus, une personne autant atteinte par ces éléments superficiels est une personne dont le désir sexuel est plutôt fragile. Il serait pertinent d'explorer plus loin le sens de tout ça...
«J'ai lu dans un magazine que les hommes aiment bien qu'on touche leur anus.»
Il voudra probablement mettre la main sur ce magazine pour... le jeter à la poubelle! Car, à moins d'être ouvertement très excités par ce genre de caresse, c'est une zone intime que les hommes aiment garder hors de la portée de leur femme.

Deux choses : c’est vrai qu’une personne qui n’a jamais eu de caresses à l’anus peut être surprise et peut-être même fâchée de se voire insérer un doigt dans l’anus. C’est vrai pour les hommes et pour les femmes. On vient de tomber dans le bon vieux mythe qu'une caresse à l'anus transforme un homme en homosexuel.
La morale de l'histoire? Beaucoup de mythe et de stéréotype sur la masculinité perdurent. Messieurs, vous avez peu de latitude, selon cet auteur, pour exprimer votre masculinité!

Ça mange quoi en hiver un utérus rétroversé?


Mesdames, est-ce que votre gynécologue vous a déjà dit « Ah ben ma p’tite dame, votre utérus est rétroversé! » Des fois, on se fait dire des choses, on les enregistre, mais on ne sait pas tellement qu’est-ce que ça veut dire, ni comment ça peut affecter notre vie.
Environ une femme sur 5 a un utérus rétroversé. Voici une planche anatomique qui vous montre la différence entre un utérus positionné chez la majorité des femmes et un utérus rétroversé:




Vous pouvez constater que l’utérus est sensé être positionné presque à l'horizontale, mais les femmes ayant un utérus rétroversé ont un utérus qui se place presque à la verticale.
« Ok, c’est super, mais ça change quoi dans ma vie? » Justement, ça peut avoir un impact sur votre vie sexuelle si vous ou votre partenaire a un utérus rétroversé.
Comment?
Lors de la phase de l’excitation sexuelle, l’utérus se soulève; il va légèrement vers le haut et vers la gauche comme j'ai tenté de vous le dessiner sur cette planche anatomique:






Quelle est l’utilité de ce déplacement? Ça a tout d’abord une fonction reproductive, que j’expliquerais une autre fois, mais c’est aussi pour éviter que la femme ait des douleurs. Le col de l’utérus est très sensible et une pénétration profonde cognerait le col de l’utérus et serait douloureuse si l’utérus ne se soulevait pas.
Dans le cas de l’utérus rétroversé, même si celui-ci se déplace lors de l’excitation sexuelle, il ne se déplacera pas suffisamment vers la gauche pour que le col ne soit pas touché lors d’une pénétration profonde.
Cette situation vous apprend deux choses :
- Une femme qui n’est pas suffisamment excitée pourrait avoir des douleurs lors de la pénétration, car son utérus ne se sera pas soulevé et une pénétration profonde sera douloureuse.
- Une femme qui a un utérus rétroversé, peu importe si elle est excitée sexuellement ou non, risque d’avoir des douleurs lors d’une pénétration profonde. En étant consciente de ce fait, vous et votre partenaire pourrez privilégier certaines positions sexuelles où la pénétration sera moins profonde. Ça implique, comme je viens de le sous-entendre, que la femme avise son partenaire de cette situation pour qu'il/elle évite de la blesser en y allant peut-être un peu trop gaiement dans des positions comme la levrette par exemple où la pénétration est très profonde!
Voilà! Bonne semaine!
Sophie Morin, Sexologue-Consultante

samedi 20 février 2010

Suite du concours!

À l'aide du dernier post, du visionnement de la vidéo de "V télé" et des définitions qui suivent, de quel(s) type(s) d'homophobie ont fait preuve nos deux amis les commentateurs sportifs de l'année? Plus d'une réponse est possible.

Un super cadeau virtuel sera remis à la personne gagnante!

Bonne chance!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

L'homophobie d'attitude
Sentiment ou opinion voulant que les personnes homosexuelles soient anormales ou malades.

L'homophobie hétérosexiste
Croyance voulant que tout le monde soit hétérosexuel ou que l'hétérosexualité soit la seule voie valable. Cette croyance repose sur la notion de norme de la majorité.

L'homophobie du langage
Langage comportant un vocabulaire et des expressions allant de la plaisanterie à l'injure.

L'homophobie interpersonnelle
Manifestation d'inconfort, d'insécurité ou de peur au contact des personnes homosexuelles.

L'homophobie institutionnelle ou systémique
Pratique institutionnelle érigée en système où les personnes homosexuelles sont défavorisées.

L'homophobie d'intérêt
Attitude des personnes qui s'intéressent à l'orientation homosexuelle à des fins pécuniaires ou personnelles et qui refusent toute association à l'homosexualité.

L'homophobie intériorisée
Forme d'homophobie, souvent inconsciente, résultant de l'éducation et des valeurs transmises par la société. Les personnes homosexuelles ne sont pas à l'abri de cette forme d'homophobie, ayant reçu la même éducation que tous et ayant été influencées par les mêmes valeurs de la société.

L'homophobie passive ou par omission
Attitude passive qui consiste à ne rien dire ou à ne rien faire devant un comportement homophobe, alors que la situation voudrait que l'on intervienne pour y mettre fin.

L'homophobie violente
Manifestation extrême de l'homophobie qui conduit à la violence, allant de l'agression verbale jusqu'au crime haineux.

Réponse à la question concours de la semaine!



Je crois qu’en raison des problèmes techniques liés à la vidéo sur le blogue, la participation au concours de cette semaine a plutôt été faible.

De plus, une personne m’a fait le commentaire qu’il était plutôt difficile de compter le nombre de commentaires homophobes; en effet, ça dépend comment on les compte! Je vais donc vous présenter les différentes catégories de jugements qu’on a pu entendre dans cette fantastique vidéo!


Catégorie « Je n’assume pas du tout que je suis en train de porter un jugement et je m’apprête à vous donner un message contradictoire… »
- « Je ne serai pas politicly correct, mais… »
- « J’aime le patinage artistique, mais… »
- « Il a droit d’être ce qu’il est et d’être comme il veut, mais… »
- « C’est le reflet de la société, mais… »
- « Je ne veux pas être méchant, mais… »
- « Ça ne lui enlève pas son talent, mais… »

Chacun de ces bouts de phrases a été suivi d’un "mais". Toutes les fois que vous débuterez votre phrase par: « Je n’ai rien contre, mais… », vous direz automatiquement quelque chose en lien avec le fait que vous êtes contre. L’introduction n’annule pas le commentaire jugeant.

Catégorie « Insinuation jugeante que je préfèrerais que tu assumes à ma place… »
- « Crois-tu qu’il a perdu des points à cause de son costume et  de sa gestuelle? »
Ça c’est super! Si on avait pu lire dans sa tête, on aurait vu un gros « Moi je pense que ouiiiiiiiiiiiii » en lettres de néon flasher à l’écran! L’impression que ça donne est que s’il avait été juge, il lui aurait fait perdre des points, car un homme qui fait du patinage artistique ne se doit pas d’être délicat et doit avoir des vêtements sobres.

Est-ce que la fédération internationale de patinage artistique indique certains critères vestimentaires ou gestuels tels que « Les hommes ne doivent pas porter de maquillage » ou « Les hommes doivent éviter d’être trop délicats » font partie des règlements du sport? Sa question était hors d’ordre, gratuite et tentait de nous faire croire que cette attitude devrait être sanctionnée.

Catégorie « Ce n’est pas moi, c’est les autres qui pensent ça »
- « Il se fait décrier et on n’a pas tort de le décrier »
- « On pense que les hommes qui patinent vont devenir comme lui »
- « Il crée une situation sur laquelle tout le monde accroche »
- « On dit tout haut ce que les autres pensent tout bas »

Un commentateur est en train de dire que le public a raison de huer un patineur qui met du rouge à lèvres et patine très délicatement? Il est en train de dire que d’avoir un style unique c’est une mauvaise chose? Il nous a dit que « non, mais… » plus haut, mais il nous dit aussi que le patineur crée une situation sur laquelle les gens accrochent. Si les commentateurs faisaient des commentaires du genre « Ce patineur a réellement un style unique! Il est extraverti, n’a pas peur de sortir des stéréotypes et nous donne une autre vision du patinage artistique chez les hommes! C’est rafraichissant de voir un homme qui ose et n’a pas peur des commentaires homophobes s’assumer de la sorte : Bravo pour son audace! », il me semble que ça créerait une autre ambiance, non? Il me semble que les médias pourraient éviter d’être le véhicule des préjugés et devenir un véhicule de changement social et de tolérance et d’intégration de la différence!

Catégorie « Ouais, ben pourquoi je me cacherais de passer un jugement homophobe; allez hop! »
- « Il laisse une image amère du patinage artistique »
- « Il devrait passer un test de féminité ou de masculinité »
- « Il devrait peut-être patiner dans la catégorie de Joanie Rochette ».
C’est carrément inadmissible ce genre de commentaires, mais je vais faire un lien avec le dernier commentaire de la dernière catégorie tout de suite, car ils sont liés.

Catégorie « Voulez-vous un dictionnaire??? »
- « Je trouve qu’on retombe dans les stéréotypes »

Justement. Vous venez de nous nommer des dizaines de commentaires qui allaient dans le sens qu’un homme qui patine doit correspondre aux stéréotypes masculins, mais vous refusez que cet homme sorte des stéréotypés. Vous dénoncez une chose que vous reproduisez.

L’homophobie est sournoise. Elle se présente de différentes façons. Je vous invite à lire mon prochain post pour en connaître un peu plus sur les différents types d’homophobies!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

vendredi 19 février 2010

Excellente activité de sensibilisation spontanée!

Voici une flash-mob qui a eu lieu au CEGEP Marie-Victorin.



Ça m'a fait bien rigoler! C'est vraiment une façon rigolote de faire de la sensibilisation. En plus, le MSSS est lié à cette activité. Voici le lien vers un site pour plus d'informations: http://www.tasjuste1vie.com/

En attendant les résultats du concours, Tiger Wood assume son rôle de modèle

Je viens de visualiser l'allocution de Tiger Wood; la première depuis tous les événements de novembre dernier.

En gros, je lui lève mon chapeau. Tiger Wood est un modèle pour beaucoup de monde et il a assumé son rôle de modèle.

  • Il a reconnu avoir blessé les gens de son entourage;
  • Il a reconnu avoir des problèmes de compulsion sexuelle (sans le nommer directement, mais comme on savait tous de quoi il s'agissait... c'est déjà ça!);
  • Il a reconnu être allé chercher de l'aide;
  • Il a reconnu avoir encore besoin d'aide.
Je félicite son attitude. Un des problèmes de plusieurs hommes est de refuser de reconnaître avoir des problèmes, de refuser avoir besoin d'aide et de refuser d'aller chercher de l'aide. Il casse ce stéréotype et en plus admet que la compulsion sexuelle peut être un problème. 

Sophie Morin, Sexologue-Consultante


jeudi 18 février 2010

Super concours pour vous!


Concours de la semaine!

Combien de commentaires homophobes êtes-vous capable de nommer dans le reportage suivant?

video

Règlements du concours:
- Cibler le nombre exact de commentaires homophobes se trouvant dans le reportage en indiquant en quoi les commentaires sont homophobes (rendez-vous à l'adresse suivante pour le télécharger si vous n'arrivez pas à le visionner ici).
Bonne chance!
Sophie Morin, Sexologue- Consultante

vendredi 12 février 2010

Les Québécoises sont-elles castrantes... la suite...

Ce post est en réponse à Jocelyne Robert, sexologue, qui a écrit un post sur son blogue nous invitant à visionner l'émission "Bazzo.tv" à laquelle elle était invitée pour débattre de la question "Est-ce que les Québécoises sont castrantes".


Madame Robert,
Une chance que vous y étiez à cette émission! La présentation du sujet par Marie-France Bazzo, qui dépeint les femmes comme entièrement libérées, a donné le ton à la chronique. En tant que travailleuse dans un organisme communautaire qui collabore avec un grand nombre d’organismes travaillant auprès des femmes, je peux vous assurer que cette description est loin de décrire la majorité des femmes québécoises. On souhaiterait le croire, mais c’est faux.
Je suis absolument en accord avec votre position sur le fait qu'on considère les femmes castrantes comme la suite du fait que les hommes ne peuvent plus séduire par leur supériorité.
N'avaient-ils que ça de séduisant les hommes, leur supériorité, avant de se sentir castrés? Si tout ce que les hommes avaient c'était d'être "plus" que les femmes (plus scolarisés, plus riches, etc.) et que maintenant, certaines femmes sont aussi scolarisées, riches ou cultivées que les hommes, ceux-ci se disent castrés? L’égalité castre? 
Il me semble que si les hommes se définissaient uniquement par leur caractère d’être « plus », on a un problème de société! Il faudrait qu’ils apprennent à se trouver des qualités; « être plus » n’est pas une qualité! La « crise » que certains hommes vivent (tous les hommes ne la vivent pas) est, dans ce contexte inévitable. Il est impératif que les hommes apprennent à se définir par autre chose que par leur supériorité sur les femmes pour être en mesure de les séduire!
Un tel discours est antiégalitariste, car on se morfond sur le sort des pauvres hommes qui n'ont pas eu le temps de s'adapter! Il semblerait que les hommes qui portent ce discours considéreront toujours qu'ils n'ont pas eu assez de temps, car le temps n'a rien à y voir.
Si je regarde météo média et que je prends connaissance qu'il va neiger ce week-end, j’ai le choix de planifier une sortie en ski et de construire un bonhomme de neige ou de chialer contre la maudite neige qui me fait chier et qui m'empoisonne la vie.
Les hommes qui réussissent à séduire les femmes et qui se portent bien sont ceux qui ont du plaisir à voir la neige et qui adaptent leurs activités à celles-ci. Les hommes frustrés qui se disent castrés sont ceux qui se font gâcher la vie par la neige.
La neige, ici, ce ne sont pas les femmes; c’est le changement social et l’aboutissement des luttes pour une société plus égalitaire. On peut haïr la neige, mais il neigera quand même.
En conclusion, je suis d’accord que la séduction entre les hommes et les femmes est plus chaotique dans les dernières décennies à cause de tous ces changements sociaux, mais je crois qu’il faut arrêter de mettre ça sur le dos des femmes. Les hommes doivent apprendre à faire appel à leur créativité et à ouvrir leurs horizons; autant en intégrant que les femmes peuvent faire les premiers pas dans la séduction qu’en comprenant que celles-ci ne sont pas toutes séduites par le pouvoir. Les femmes, elles, auraient peut-être à apprendre à mettre leurs limites avec plus de tact et de diplomatie lorsqu’elles se font séduire par une personne qui ne les intéresse pas.
On a du chemin à faire, dans un sens comme dans l’autre.
Sophie Morin, Sexologue-Conultante

mercredi 10 février 2010

Les Québécoises sont castrantes


Oui? Non? En accord ou pas avec cette affirmation? Marie-France Bazzo pose la question à son émission "Bazzo.tv" sur les ondes de Télé-Québec, demain, jeudi le 11 février à 21h. Vous pourrez entre autres entendre l'avis de la sexologue Jocelyne Robert sur le sujet.

Et vous? Quelle est votre opinion; castrantes ou pas les femmes au Québec? J'attends vos commentaires là dessus!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

lundi 8 février 2010

"Jamais je n'aurais pu soupçonner ça..."


C'est la consternation dans les forces armées canadiennes; le colonel d'une base militaire en Ontario vient d'être accusé du meurtre prémédité deux deux femmes et de deux agressions sexuelles. Aux nouvelles, on nous présente son voisin et ses collègues: "Jamais on n’aurait pu croire que cet homme pouvait faire une chose pareille; il était gentil...".

J'ai des questionnements à propos de deux choses:

1- Est-ce qu'il arrive qu'on dise des hommes violents ou des agresseurs "Ah ben on l'avait vraiment vue venir! C'était un vrai maniaque!"?... Pourquoi selon vous ne dit-on pas ce genre de choses? Parce que dans beaucoup de cas, les personnes qui ont des comportements violents sont manipulatrices. Que ce soit auprès de leur victime ou de leur entourage, ces personnes sont de vraies magiciennes et réussissent à nous mettre de la poudre aux yeux. De plus, comme la sexualité se passe souvent dans l'intimité, la violence sexuelle se passe elle aussi dans l'intimité, à l'abri des regards. On peut donc difficilement deviner en regardant une personne qu'elle a des comportements violents auprès de son ou sa partenaire, car nous la connaissons dans la sphère publique.

2- Aux nouvelles, les personnes qu'on nous présente pour parler du colonel en question sont des hommes... Aurait-on eu le même son de cloche de ses collègues féminines?
Avez-vous remarqué que l'homme ciblait les femmes dans ses agressions? Peut-on imaginer qu'étant donné que l'armée est un milieu particulièrement hostile pour les femmes, personne n'ait rien remarqué, car la violence psychologique et le harcèlement sexuel font partie du quotidien des femmes soldates? Les femmes qui travaillent dans des milieux masculins ne l'ont pas toujours faciles et pour "survivre", il faut presque apprendre à vivre avec le harcèlement sexuel comme étant des blagues, même si on tente de nous faire croire le contraire.

Ce cas nous rappelle une chose:
- Il est difficile pour les personnes victimes de briser le silence; "Tout le monde aime cette personne; je ne serai jamais crû(e), je vais perdre mon emploi...".

Dans cette situation, il y a eu des accusations pour deux femmes qui ont porté plainte pour agressions sexuelles, mais sont-elles seulement deux?

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

jeudi 4 février 2010

Une sexologue sera engagée à la CSDM


Plusieurs médias ont repris cette nouvelle hier: "La commission scolaire de Montréal engagera une sexologue, à la demande d'élèves qui ont fait des pressions auprès de la direction".

En effet, des élèves, qui en avaient mare que la sexualité soit uniquement une compétence transversale enseignée par tout le monde et personne à la fois, ont demandés à la commission scolaire d'engager des sexologues qui pourraient répondre à leurs interrogations à propos de la sexualité. Les instances décisionnelles de la CSDM ont donc voté pour embaucher une sexologue pour accompagner les enseignants dans leurs tâches. Bravo?

J'attire votre attention sur un élément: une sexologue. Pour la commission scolaire. De la grande région de Montréal. Au complet

Comment une personne peut encadrer tous les enseignants de la commission scolaire de Montréal? Une sexologue qui créera un outil pour des enseignants qui ne veulent pas enseigner l'éducation à la sexualité? Est-ce qu'une boîte à outils peut insuffler le sentiment d'aisance pour aborder la sexualité? Je ne suis pas certaine. C'est insultant pour la profession; ça donne l'impression que le métier de sexologue peut s'apprendre dans une boîte à outils à lire en 3 étapes. 

Je suis désolée d'être pessimiste, mais ce n'est pas une sexologue qui va changer la face du monde. On a beau être des personnes compétentes, on doit nous donner les outils et surtout les effectifs pour donner des résultats concrets. C'est une sexologue par école qu'il faut; pas une seule par commission scolaire!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

**Ajout: en 2016, aucune sexologue n'avait été engagée par la CSDM, Décevant...

mardi 2 février 2010

J'aime mon métier; et vous?


J'en profite aujourd'hui pour faire une petite publicité pour un OSBL dans lequel je m'implique bénévolement depuis quelques semaines: il s'agit d'Academos.

Qu'est-ce qu'Academos? À quoi ça sert?

Vous vous souvenez des moments pénibles où vous avez eu à choisir ce que vous alliez faire TOUTE votre vie? C'est un moment angoissant! Academos permet aux jeunes de communiquer avec des personnes qui sont sur le marché du travail et d'échanger avec eux/elles pour avoir un son de cloche concret sur les différents métiers qu'il est possible d'exercer, mais surtout sur les réalités du métier, avec ses bons côtés et ses défis.

Je suis donc devenue une cybermentor pour cet organisme et je réponds aux questions des jeunes personnes qui se demandent ce que ça mange en hiver une sexologue! Tous les échanges ont lieu via le site web d'Academos.

L'organisme cherche constamment de nouveaux/elles mentors pour offrir un éventail le plus vaste possible aux jeunes à la recherche d'un futur métier!

Vous aimez votre métier? Vous aimeriez pouvoir en parler à la génération future et répondre à leurs questions? Que vous soyez jongleuse, avocate, médecin, chanteur, technicien en laboratoire ou n'importe quoi d'autre, rendez-vous sur le site web d'Academos pour devenir cybermentor!

Merci!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante