mercredi 29 septembre 2010

Décriminalisation ou légalisation de la prostitution au Canada?

Hier, la Cour Supérieure de l'Ontario a rendu un jugement qui vise à retirer du Code criminel canadien certains articles de loi afin d'assurer aux travailleuses du sexe  des conditions de travail sécuritaires. Au-delà du débat "Pour ou contre le jugement de la Cour Supérieure de l'Ontario", il ne faut pas confondre "décriminalisation de la prostitution" et "légalisation de la prostitution", car ces deux concepts partagent certaines ressemblances, mais ils ne sont pas synonymes. Je le nomme, car certaines instances ont produit des communiqués de presse hier et aujourd'hui, mais ces instances ne semblent pas connaîtrent les différences entre "décriminalisation" et "légalisation".

Voyons de plus près les nuances que comportent ces deux concepts :

Décriminalisation de fait: Consiste à faire appliquer les procédures prévues par la loi. Au Canada par exemple, plusieurs chefs d'accusation existent entourant la prostitution, mais ils ne sont pas rigoureusement appliqués par la police. Cette pratique donne donc un pouvoir discrétionnaire aux forces policières, avec un risque potentiel pouvant conduire ces derniers à l'arbitraire et à des procédés inéquitables. Donc si je simplifie, c'est le concept de "Si ta face ne me revient pas, je t'embarque en utilisant un chef d'accusation lié à la prostitution, sinon, je te laisse faire tes affaires..."

Décriminalisation officielle: Pour en arriver à ce type de décriminalisation, il faut procéder à l'abrogation des législations nationales en retirant les articles concernant la prostitution dans le Code criminel. Par contre, la responsabilité du gouvernement s'arrêterait à ce niveau en laissant au "libre marché" la responsabilité de "gérer la prostitution". C'est ce qui arriverait si le jugement de la Cour Supérieure de l'Ontario ne va pas en appel ou si, une fois qu'il ira en appel à la Cour Suprême, le jugement est maintenu et déclaré constitutionnel. 

Légalisation: Cette stratégie s'apparente à celle de la décriminalisation officielle, tout en préconisant certaines mesures de contrôle. Dans ce cas, l'État assure un contrôle en faisant appliquer certaines réglementations: il peut décider de faire payer des taxes aux travailleuses du sexe, d'imposer des quadrilatères où sera autorisée la prostitution, émettre des permis aux personnes qui souhaitent se prostituer, exiger des examens ou des contrôles médicaux à passer pour avoir le droit de travailler, etc. La légalisation ferait en sorte que l'État assumerait la gestion de la prostitution, comme il l'a fait avec l'alcool, les cigarettes et le jeu. Bref, l'état deviendrait le souteneur (pimp) des personnes qui oeuvrent dans le travail du sexe!
Comme vous pouvez voir, il existe des nuances importantes entre la décriminalisation et la légalisation de la prostitution. Il est aussi important de nommer que les organismes qui se réjouissent aujourd'hui du jugement de la Cour Supérieure de l'Ontario ne préconisent pas du tout la légalisation de la prostitution. L'organisme Stella notamment est contre (on peut le lire ici ).
 
J'espère que cet article vous aura éclairé!
 
Bonne journée!
 
Sophie Morin, Sexologue-Consultante

Nouveauté sur le blogue

Bonjour à tous et toutes!

Vous remarquerez qu'une nouvelle page vient d'être ajoutée à mon blogue: celle de "Sophie sexologue dans les médias!" Vous avez sûrement constaté que je rédige moins souvent des textes dans les dernières semaines. La raison est bien simple: j'ai maintenant une émission de radio qui s'intitule "Pas besoin de sexe-cuser" sur les ondes de CIBL au 101,5 fm Montréal. Et comme la recherche pour cette émission demande du temps, j'ai un peu moins de temps pour écrire. Par contre, vous pourrez trouver les émissions radio archivées sur mon blogue dans la nouvelle section "Sophie sexologue dans les médias!" Vous trouverez aussi les archives de mes interventions médiatiques pour l'année 2010.

N'hésitez surtout pas à m'envoyer vos commentaires d'appréciation (ou de non-appréciation) à propos de l'émission "Pas besoin de sexe-cuser"!

À bientôt!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

vendredi 24 septembre 2010

Acheter le bon soutien-gorge?

Je viens de tomber par hasard sur le blogue "Mode 34 B" qui a produit une vidéo qui s'intitule "Les seins". Au travers quelques stéréotypes qui concernent les hommes et les femmes, la jeune fille nous explique de quelle façon une femme est sensé prendre ses mensurations pour connaître la bonne taille du soutien-gorge qu'elle est sensé acheter. Cette courte vidéo est rigolote et instructive. Bonne écoute!

Petralogue #1: Les seins

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

mercredi 22 septembre 2010

Manque de respect pour les travailleurs en délinquance sexuelle

Je viens de lire un communiqué de presse qui m'a jeté par terre.

Le Regroupement québécois des CALACS (Centre d'aide et de lutte aux agressions à caractère sexuel) dénonce la mise en place d'une prison-hôpital spécialisée dans le traitement des délinquants sexuels dans la région de la Gaspésie.

Un des éléments qu'elles dénoncent est l'appellation de cette institution qui pourrait porter à croire que les personnes délinquantes sexuelles sont malades (à cause de l'appellation hôpital). J'admets que sur ce point, on pourrait débattre. En effet, les personnes qui commettent des agressions sexuelles sont beaucoup plus "monsieur-madame" (surtout monsieur) tout-le-monde que des malades mentaux. Certaines de ces personnes ont des troubles de santé mentale, mais ce sont des cas plus rares. Bien sûr, les personnes qui commettent des agressions sexuelles ont des distorsions cognitives et tentent de se convaincre que ce qu'elles font est correct. Ces personnes ont besoin d'un traitement, d'une thérapie. Est-ce pour cette raison qu'on appelle le centre "prison-hôpital"? J'imagine. Cette appellation ne me choque pas particulièrement, mais il est vrai que ça peut maintenir certains mythes.

Par contre, le reste du communiqué est aberrant:


Comment peut-on être contre le traitement des personnes délinquantes sexuelles et travailler auprès des victimes d'agression sexuelle? Comment peut-on souhaiter mettre uniquement de l'argent sur des programmes de prévention, sans prendre en considération qu'il faut quand même continuer de faire de l'intervention? Comment croit-on qu'on contrera la récidive des personnes qui commettent des agressions sexuelles sans encadrement adéquat?

Je trouve ce genre de discours complètement aberrant et complètement irresponsable. Les groupes qui travaillent avec les délinquants sexuels sont très peu financés et c'est une bonne nouvelle que le gouvernement prenne conscience de l'importance d'investir de l'argent pour travailler auprès des délinquants sexuels. Il faut travailler avec une approche globale de la problématique et injecter de l'argent uniquement pour les victimes et la prévention n'est pas suffisant. 

Dans un monde utopique, il n'y aurait pas d'agressions sexuelles et nous n'aurions pas besoin d'injecter de l'argent pour les délinquants sexuels... mais nous ne sommes pas dans un monde utopique.

mercredi 15 septembre 2010

L'origine de la mode hypersexualisée

Vous vous souvenez, j'ai déjà parlé de l'hypersexualisation et je faisais une différence entre le phénomène social de l'hypersexualisation, les comportements hypersexualisés et la mode sexualisée.

Il ne faut pas croire qu'une personne qui porte des vêtements sexy a nécessairement des comportements sexuels "hypersexualisés" ou précoces, si on parle des adolescent(e)s.

Mais cette mode hypersexualisée tire ses origines aussi loin qu'au 19e siècle!

Mariette Julien, professeure à l'École Supérieure de mode de l'UQAM, spécialiste de la mode hypersexualisée, mais surtout, de son contexte historique. Je vous avais déjà parlé de cette dame et de son livre "La mode hypersexualisée", mais si vous souhaitez plutôt l'écouter en entrevue, elle était à "l'après-midi porte conseil" à Radio-Canada aujourd'hui. Si vous avez envie d'écouter son entrevue, que je considère très intéressante et constructive, c'est par ici.

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

jeudi 2 septembre 2010

Jeudi médiatique!

Le retour de l'éducation à la sexualité est à l'ordre du jour!

J'ai donné une entrevue au téléjournal de Patrice Roy hier à ce sujet. Pour la visionner, c'est ici.

Aussi, cet après-midi aura lieu la première de ma nouvelle émission de radio "Pas besoin de sexe-cuser" sur les ondes de CIBL au 101,5 FM! Si vous êtes à Montréal, vous pouvez écouter l'émission directement sur le FM. Sinon, l'émission est disponible en direct sur le site de CIBL ou en rediffusion, par podcast, sur la page de "Pas besoin de sexe-cuser". 

Pour connaître nos sujets de cette semaine, c'est par ici! Mais je peux vous dire que nous sommes tout à fait dans le thème du jour "l'éducation à la sexualité dans le contexte scolaire"!

Bonne écoute!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante