vendredi 8 mai 2009

Peut-on vraiment être victime "d'abus" sexuel?


Qu'est-ce qu'un "abus" sexuel? De quelle façon une personne pourrait "abuser" sexuellement de nous?

Si je prends un autre exemple, on pourrait dire qu'une personne mange des chips, et qu'à un certain moment, elle commet un abus, car elle a mangé trop de chips. Mais peut-on réellement parler d'abus quand on parle de sexualité? Ça reviendrait de dire qu'avant d'arriver à commettre un "abus", la personne avait un comportement acceptable et qu'elle a franchi une limite.

En fait, on ne devrait jamais parler "d'abus" sexuel, mais bien d'agression sexuelle. Tout d'abord parce que l'appellation "abus sexuel" est un anglicisme et fait référence à "sexual abuse" et on ne devrait pas traduire "abuse" à "abus", mais bien à "mauvais traitement physique", ce qui est synonyme "d'agression".

Lorsqu'on parle "d'agression sexuelle", on parle d'absence de consentement. Comme il y a cette notion de consentement, on ne peut pas parler d'un "abus", parce qu'un consentement est une limite et on ne peut pas abuser d'une limite: on transgresse ou on ne transgresse pas une limite.

On ne peut mesurer une "agression sexuelle" en se disant qu'il faille une accumulation de gestes, paroles ou autres avant de tomber dans l'abus et l'abus sexuel. La personne qui transgresse cette limite commet une agression; elle a l'entière responsabilité de ses gestes.

Souvent, les gens préfèrent utiliser l'expression "abus sexuel", parce que le mot est moins chargé, moins lourd, que la faute est moins grave.

D'ailleurs, le harcèlement sexuel et les attouchements sexuels sont aussi des formes d'agressions sexuelles. Ce ne sont pas des comportements acceptables et ce sont des formes d'agressions.

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

3 commentaires:

Gabrielle Ladouceur-Despins a dit…

Wow. Je n'avais jamais réfléchi à ça, mais vous portez beaucoup à réfléchir... C'est vrai qu'abus sexuel ne réflète pas la réalité d'une agression sexuelle.

Au fait, vraiment chouette votre blogue!

Annie a dit…

Et si moi à l'age de 11 ans, je me suis tué dans ma tête parce que 3 hommes d'age adulte m'avais déja agressés?
Je ne voulais plus jamais sentir la douleur, que plus jamais personne ne pourraient deviner mes sentiments...
Ma vie à été une vraie misère, parce que en plus l'homme que je considérais comme mon père adoptif m'a livré à son voisin pédophile, et il s'est régalé du spectacle pour ensuite lui même abusé de moi.
J'avais à peine 12 ans...
Je fais comment pour vivre maintenant?

Sophie sexologue a dit…

Bonjour Annie,

Je suis sincèrement désolée que vous ayez vécu cette épouvantable histoire... Sachez que la réaction que vous avez par rapport à cette épisode de votre vie est normale.

Cet homme significatif a abusé de votre confiance, a posé des gestes inexcusable et l'enfant que vous étiez a fait son possible pour continuer de vivre après ce terrible épisode.

À votre question "Je fais comment pour vivre maintenant?", je constate que vous y êtes parvenue et ce n'est pas anodin! Par contre, j'imagine que vous aimeriez pouvoir continuer de vivre sans que les impacts de cette (ces?) agression(s) continuent de dominer votre vie, ce qui est tout à fait compréhensible.

Plusieurs options s'offrent à vous et reste à voir ce que vous souhaitez choisir, car vous n'avez pas choisi cette agression, mais aujourd'hui, vous pouvez choisir ce que vous souhaitez faire pour la suite des choses.

Afin de vous aider à cheminer dans votre réflexion, je vous propose deux sites Web où se trouve une foule d'informations:

www.AgressionSexuelle.gouv.qc.ca Il s'agit d'un site Web conçu par le gouvernement du Québec où vous pourrez trouver de l'information, mais aussi, les coordonnées de ressources d'aide partout à travers la province de Québec, si vous choisissez d'entamer des démarches.

www.BrisezLeSilence.com Il s'agit d'un site Web qui a été conçu par l'organisme pour lequel je travaille. On y trouve une foule d'informations, dont une section qui s'intitule "Vous cherchez de l'aide? Vous avez été victime d'agression sexuelle"

Je vous souhaite bonne chance pour la suite des choses.

Bon courage!

Sophie