lundi 22 août 2016

Comment s'assurer du consentement sexuel de notre partenaire?

Le consentement sexuel fait l'objet de beaucoup de critiques. Une d'entre elle, est la difficulté à l'identifier. "Comment on peut vérifier si notre partenaire consent aux caresses sexuelles?" L'objectif ici n'est pas de fournir un outil juridique permettant de valider, ou non, la culpabilité d'une personne. Mon objectif, en produisant cette vidéo, était d'offrir un outil concret aux personnes de bonne foi qui souhaitent se doter de pistes pour vérifier le consentement de leur partenaire. Il s'agit donc d'un outil de prévention et non d'un outil de condamnation.

Bon visionnement!

dimanche 21 août 2016

À qui sert le concours hommes-femmes victimes de violence conjugale?

Ce matin, j'ai lu le texte de Sophie Allard dans la Presse plus ayant pour titre "Des hommes brisés" au sujet des hommes victimes de violence conjugale. L'ancienne coordonnatrice de la Table de concertation en violence conjugale et agressions à caractère sexuel de Laval en moi avait envie de répondre à cette journaliste, dont le traitement médiatique contribue au problème davantage qu'à la recherche de solutions. Voici le texte que j'ai fait parvenir au journal.

Bonjour,

Mon nom est Sophie Morin. Je suis sexologue et psychothérapeute et anciennement coordonnatrice de la Table de concertation en violence conjugale et agressions à caractère sexuel de Laval (TCVCASL). Je vous écris pour réagir à l’article « Des hommes brisés » de Sophie Allard. Je vais y aller directement; j’en ai marre, mais tellement mare de ce type de couverture médiatique concernant la violence conjugale. Mare de cette espèce de compétition qu’on tente d’établir entre la violence vécue par les hommes et la violence vécue par les femmes. Mare qu’on tente de laisser croire que les organismes féministes minimisent la violence des hommes.

Il faut très peu connaître l’histoire du mouvement des femmes pour tenter de laisser croire è cette compétition et à continuer de véhiculer des mythes et des stéréotypes ainsi. J’étais la coordonnatrice en place à la TCVCASL à son 25e anniversaire. J’ai retracé l’histoire de la création de cette table. La première du genre au Québec, qui regroupait alors uniquement les organismes en violence conjugale. J’ai interviewé les fondateurs.  Cette initiative a vu le jour par des groupes d’hommes qui se questionnaient sur la violence faite aux femmes qui sont allés tendre la main à des organismes pour femmes. C’est lors du premier colloque de la Table que le Ministre de l’époque a annoncé le premier plan d’action gouvernemental contre la violence conjugale. Ce fut là une des premières actions qui a transformé l’appellation « violence faite aux femmes » pour « violence conjugale ». Il s’agissait là d’une décision gouvernementale avec laquelle le mouvement des femmes n’était pas d’accord. Et avec laquelle beaucoup de groupes féministes ne sont pas d’accord, encore aujourd’hui. Quand on remet cette situation en perspective, on comprend mieux que les activistes féministes dans les groupes de femmes militent pour faire reconnaître la violence systémique vécue par les femmes. Elles ont cette lunette. Pour elles, la violence conjugale est l’une des formes de violence vécue par les femmes. Pas la seule.

Il est donc complètement hors propos de comparer la violence conjugale chez les hommes et chez les femmes, car elle n’a pas le même cadre théorique! Pas le même cadre théorique, mais exactement le même problème de socialisation sexiste, par contre. Si les femmes sont victimes de violence conjugale, c’est en grande partie à cause de la socialisation des hommes et des femmes où on juge (de moins en moins) normal qu’une femme réponde aux besoins de son partenaire, à tout prix. Si les hommes sont victimes de violence conjugale et ont du mal à aller chercher de l’aide et à être crus, c’est en grande partie à cause de la socialisation sexiste où on voit les hommes comme fort et invulnérables. Où l’on voit comme une atteinte à la masculinité un homme qui a besoin d’aide et qui serait victime. Même source à des problèmes différents. MÊME SOURCE! Pas des sources extraterrestres et opposées!

Non la violence conjugale n’est pas aussi présente chez les hommes que chez les femmes. Encore moins la violence que certains auteurs appellent « le terrorisme conjugal ». Et alors! Quel est le rapport de les comparer? En quoi ça aide les femmes? En quoi ça aide les hommes? En quoi ça met le focus sur la recherche de solutions? En quoi ça permet de se tendre la main pour que les hommes et les femmes travaillent ensemble? Ça ne sert à rien et à personne. Ça sème la zizanie pour dresser les ressources d’aide les unes contre les autres.

Je rêve du jour où on arrêtera de demander aux féministes qui travaillent à leur cause de changer de cause. Est-ce qu’on demande aux chercheurs qui font de la recherche sur les troubles alimentaires d’élargir leur champ d’expertise à la schizophrénie? Non. Ce serait complètement farfelu de le faire. Ce serait complètement hors sujet de les appeler pour une interview sur la schizophrénie. Pourquoi le fait-on pour un article sur la violence faite aux hommes? C’est hors sujet! Parlez-nous des besoins! Des lacunes! Des solutions! Des hypothèses! Des freins! Arrêtez de parler des ressources pour femmes pour parler de la violence vécue par les hommes. Parlez-nous des enjeux sociaux intrinsèquement liés à la violence vécue par les hommes. Combien de fois ai-je entendu des militantes féministes dire : « Ce n’est pas notre expertise. Nous ne pouvons pas nous avancer sur cette cause ». On reproche à des féministes de ne pas connaître la réalité des hommes. Est-ce qu’on reproche aux chercheurs sur les troubles alimentaires de ne pas avoir d’expertise sur la schizophrénie? Non. C’est la même chose! Arrêtons de comparer des pommes et des oranges. Regardons les oranges et tentons de les comprendre pour développer les ressources nécessaires sans regarder les pommes pour les rendre responsables.

mardi 2 août 2016

Est-ce qu'un.e thérapeute qui passe de psy à amoureuse est réellement un problème?

Peut-être avez-vous-vu passer un article du Journal de Montréal qui couvrait l'histoire d'une psychologue qui a mis fin à un suivi thérapeutique avec son client pour entamer une relation amoureuse et qui a été mise à l'amende par l'Ordre des psychologues? Ce genre de situation est arrivée à quelques reprises dans les dernières années: une psy et son client, une prof et son élève. J'ai souvent vu des façons de rapporter la situation qui banalisaient la situation. Que l'adulte en position d'autorité soit une femme semble être un élément de banalisation supplémentaire. Comme cette couverture médiatique a un impact sur la façon dont le public perçoit les situations, j'ai décidé d'écrire au journaliste qui a écrit l'article. Je vous mets mon message plus bas pour vous aider à comprendre en quoi ce type de relation n'est pas "juste" une histoire amoureuse entre deux humains normaux.

Bonjour Monsieur Prince,

J'espère que vous allez bien. J'ai communiqué plus tôt avec vous concernant votre article de ce jour sur une condamnation d'une psychologue pour inconduite sexuelle.

Je souhaitais prendre le temps de communiquer avec vous, car ce sujet est un thème extrêmement mal compris du grand public... et de bien des thérapeutes. Beaucoup de personnes comprennent mal le problème lorsqu'un.e thérapeute change de rôle pour passer de psychothérapeute à celui ou celle d'amant.e. Je suis convaincu qu'en toute bonne foi, vous avez souhaité présenter les faits comme ils ont été présentés dans les documents officiels. Me permettez-vous de vous expliquer certains aspects?

D'une part, si je vulgarisais le processus de psychothérapie, je dirais que nous offrons deux choses aux client.e.s/patient.e.s: 1) un espace plus "maternant" d'amour inconditionnel, d'écoute, d'empathie, de sollicitude, de compassion. Un espace qui permet aux client.e.s d'aller toucher à leurs blessures, leurs vulnérabilités en toute sécurité pour tenter de comprendre qu'est-ce qui les amènent à souffrir, etc. La deuxième chose offerte en psychothérapie, est un côté plus "paternant", c'est à dire un espace balisé, encadré où les frontières seront posées par le/la thérapeute, un peu comme le ferait un bon parent. Ce côté paternant, c'est la capacité des thérapeutes à mettre des limites aux clients et d'explorer avec lui/elle de qu'elle façon la personne vit avec ces limites et ce cadre. C'est d'accepter la déception, la tristesse, la colère des clients lorsqu'on leur met un cadre en leur nommant qu'ils ont le droit de vivre ces émotions et que nous resterons là quand même. Que nous ne cesseront pas "de les aimer" (au sens thérapeutique et compassionnel). Tous les clients en viennent à vivre de la frustration plus ou moins grande envers leur thérapeute à un moment de la thérapie. Tous. Sans exception. C'est la capacité de résoudre cette impasse qui aura, bien souvent, un très grand rôle à jouer dans la thérapie.

Des thérapeutes qui auront des déclarations d'amour de client.e.s/patient.e.s, c'est assez banal. Tous les thérapeutes le vivront. C'est d'ailleurs un moment extrêmement riche pour la thérapie d'utiliser ces moments pour comprendre, avec le client, quel sens ça a pour lui/elle. Tel un adolescent à la puberté, les clients testent les limites, tout comme les limites de leur séduction. En arriver à séduire, la prof cute, tout comme la thérapeute cute, c'est extrêmement valorisant! On se sent avec de supers pouvoirs de séduction! Et comme thérapeute, tout comme parent ou comme prof, c'est notre responsabilité de personne en position d'autorité de remettre le cadre. De nommer l'impossibilité de cette relation. Par sécurité pour le client. Et de l'utiliser de manière thérapeutique. Par exemple, en n'ignorant pas ses allusions, même si elles sont déstabilisantes. En les nommant, en explorant le sens pour le client de faire ces allusions à sa thérapeute, en questionnant ses attentes par rapport à nous, en questionnant la fréquence de ce type de commentaires avec ses proches, les femmes, les hommes, etc. Le nommer et échanger sur le sujet est thérapeutique pour le client dans son cheminement.

Comme thérapeute, nous avons cette responsabilité. Lorsqu'un.e client.e tente de nous charmer ET que ça fonctionne, la situation est en train de parler de nous. Est-ce qu'en ce moment, je ne me sens pas comblée dans ma relation amoureuse? J'ai des enjeux personnels que mon client comble? Etc. En aucun cas, un client n'est sensé combler des carences de notre vie personnelle. Ni de connaître les carences de notre vie personnelle! Il est de notre responsabilité d'entamer un processus de supervision. D'aller voir un thérapeute senior qui nous aidera à dénouer cette impasse pour rester thérapeutique avec le/la client.e. Car ne l'oublions pas: la personne est venue nous consulter dans un état de détresse. Elle s'attend, à raison, que nous soyons cette personne qui assurera la sécurité de la relation. Y compris lorsque le/la client.e "testera" la relation. Comme les enfants qui testent les limites. Si un thérapeute est dans un état de vulnérabilité trop grand, il devient dangereux et il n'a plus la capacité d'aider son client. Pour aider les autres, il faut être capable de reconnaître ses propres limites et ses propres failles.

Un client qui tombe en amour avec sa thérapeute, c'est une personne qui tombe en amour avec l'image qu'on lui renvoi de lui-même. Cet homme ne connaissait pas cette femme. Il connaissait la thérapeute. Monsieur-madame-tout-le-monde ont du mal à bien comprendre les enjeux de ces subtilités. Cette thérapeute, elle, les connaissaient.

J'imagine que si vous aviez couvert un procès d'une agression sexuelle sur un enfant, il ne vous serait pas venu à l'idée de présenter le cas en parlant de l'enfant comme la personne qui a initié les contacts, comme celui qui a voulu séduire l'adulte, comme une relation d'amour réciproque. Il n'y a pas d'amour réciproque dans une relation asymétrique de rapport de pouvoir. Les cas d'inconduites sexuelles sont l'équivalent des agressions sexuelles sur les mineurs au sens symbolique et juridique. 

Si cette thérapeute avait laissé ses intérêts personnels de côté, elle aurait attendu au moins un an avant de recontacter son ancien client avant de l'appeler pour un café afin d'apprendre à le connaître comme homme et non pas comme client. Dans le cadre de ces "dates", elle aurait aussi dévoilé des pans de sa personnalité de femme et non pas uniquement celle de thérapeute. Ce n'est que sur ces bases qu'une relation amoureuse aurait pu naître. Elle a fait le choix d'escamoter cette étape. On ne peut pas parler d'intérêt pour cet homme dans ce contexte.

Le travail de psychothérapeute est complexe et extrêmement exigeant. J'aurais envie de le mettre en gras et éclairé au néon le mot exigeant. Ce travail demande une connaissance de soi, une capacité à se remettre en question, une capacité à demander de l'aide au besoin, une nécessité d'avoir un équilibre de vie sain. Sans quoi, on glisse, on tombe, on commet des fautes professionnelles et on risque de détruire des vies qui étaient déjà détruites lorsqu'elles ont passées notre porte de bureau. Notre responsabilité est grande et si on fait le choix de ce métier, c'est que nous prenons l'engagement d'être extrêmement à l’affût de la fragilité humaine, y compris de la nôtre, et de prendre les mesures nécessaires pour "éviter de nuire", le premier précepte des sciences de la santé.

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me lire et bonne continuation.

Pour les personnes qui se sont déjà retrouvées dans ce genre de situation et qui cherchez de l'aide, voici un site web avec plusieurs informations qui pourraient vous orienter. 

vendredi 29 juillet 2016

Comment s'impliquer dans la prévention des agressions sexuelles avec mon enfant?

Vous avez des enfants et vous êtes inquiet.ète qu'un jour votre enfant soit victime d'agression sexuelle? Êtes vous conscient.e de l'origine de cette peur? Qu'est-ce qui vous rend inquiet.ète? Avez-vous l'impression que cette inquiétude pourrait prendre une place qui deviendrait contre-productive pour outiller votre enfant? Comment est-il possible d'offrir des outils à votre enfant pour diminuer le risque d'être identifié comme une victime "facile" par un.e pédophile?

Voici une série de deux vidéo où je vous accompagne dans cette réflexion et où je vous propose des outils très concrets pour accompagner votre enfant afin d'être dans la prévention efficace.

Bon visionnement et n'hésitez pas à partager si vous avez apprécié :-)



mardi 12 juillet 2016

Mythe ou réalité que le sperme a des bienfaits pour la santé?

Depuis quelques temps, j'ai souvent vu passer des articles vantant les bienfaits du sperme: pour la santé, comme anti-âge, pour faire maigrir, pour contrer la dépression, pour faire repousser les cheveux, etc. On pourrait facilement dire: "Ce sont des conneries de A à Z", mais en même temps, ma curiosité m'a amenée à vouloir aller plus loin. Je me doutais bien que la majorité de ces idées étaient plutôt fausses, mais d'où tirent-elles leurs origines? Et si certaines de ces affirmations étaient vraies? Quels sont les raccourcis intellectuels qui ont été fait pour en arriver à ces pseudo-vérité? Car il devait bien y avoir une vérité de base qui a été un peu déformée, non? C'est ce qui a donné cette vidéo! Voici les mythes et réalités (car oui, il y a des réalités) sur les bienfaits du sperme.

Bon visionnement!

jeudi 23 juin 2016

Chaîne Youtube Sophie Sexologue

Je suis assez fière de vous présenter ma nouvelle chaîne Youtube! Et oui! J'ai décidé d'utiliser ce médium pour répondre à certaines questions, commenter l'actualité, etc. Vous pouvez donc communiquer avec moi par courriel pour me soumettre des questions qui courent la chance d'être sélectionnées pour une capsule! Voici ma première capsule à propos du malaise de plusieurs personnes à parler ou d'entendre parler de sexualité. Cette vidéo est plus longe, car tenter de décortiquer la sexualité, ce n'est pas si simple! Les prochaines capsules seront probablement autour de 5 minutes!

Au plaisir de recevoir vos commentaires! Vous pouvez aussi vous abonner à la chaîne pour être avisés de mes nouvelles vidéos. 

Au plaisir!


samedi 11 juin 2016

Comment engager un processus de changement pour devenir plus heureux?

Avez-vous déjà songé à entamer un processus de changement? Vous engager dans une démarche vous permettant d'être plus heureux.euse, plus satisfait.e, que ce soit en lien avec la sexualité ou avec tout autre aspect de votre vie?

Certaines personnes vantent des remèdes miracles, des "méthodes faciles", mais est-ce efficace? Qu'est-ce qui fait que certaines personnes réussissent mieux à accéder au bonheur?

C'est le pari que s'est donné l'équipe de production de "J'ai décidé d'être heureux"; prendre six personnes qui se disaient moins heureuses que la moyenne des Français et tenter de les amener à se sentir plus heureux.euses dans un délai de 8 semaines. Attention, je dis "équipe de production", mais en fait, le concept s'appui sur des recherches récentes réelles, notamment, sur le modèle théorique de la psychologie positive et de la pleine conscience (issue du cadre théorique de la thérapie cognitivo-comportementale, fortement inspirée du modèle humaniste). Le processus parcouru par les participant.e.s était codifié et analysé par des outils de mesures scientifiquement développés par des chercheurs universitaires. De plus, les participant.e.s ont été suivi pendant six mois à la suite de l'aventure pour évaluer si les acquis étaient maintenus. Plutôt rigoureux comme télé-réalité!

Je vous présente cette série-documentaire, car il est intéressant de voir de quelle façon il est possible d'entamer un processus de changement visant un sentiment de mieux-être dans ce qui ressemble le plus à un processus de psychothérapie. Bien sûr, ces participant.e.s sont encadré.e.s par plusieurs professionnel.le.s, ils ont beaucoup de soutien. Il est toutefois intéressant de constater que le changement et ce sentiment de bien-être se cultive et part de soi, mais surtout, COMMENT c'est possible. Il est intéressant aussi de voir différents types de personnes et de personnalités cheminer chacune à leur rythme, en fonction de leurs défis personnels et comment ils et elles arrivent à les surmonter.

Cette série de quatre épisodes de 85 minutes (chaque épisode est l'équivalent de deux semaines de vie) est accompagné d'un site web où il est possible de trouver tous les outils utilisés par les participant.e.s.

Et vous comment entrevoyez-vous une démarche de changement? Est-ce que le visionnement de la série vous donne envie de commencer ce processus?