samedi 5 septembre 2009

Le toucher, ce tabou.



Cette semaine, je suis tombée sur le site de Michelle Blanc, cette nouvelle femme qui a vécu une transformation de sexe. Elle s'exprimait sur la différence qu'elle vit aujourd'hui par rapport au toucher, en témoignant être d'avantage touchée aujourd'hui en tant que femme que lorsqu'elle était un homme.


Il est vrai que le toucher entre les femmes est beaucoup plus accepté dans notre société, mais le toucher en général reste tabou.

Je donne de la formation dans les camps de vacances et les camps de jour et je note chez ceux et celles qui sont en contact avec ces enfants, qu'ils partagent une crainte; ils et elles ont peur d'être accusés d'agression sexuelle et n'osent plus toucher les enfants. La crainte de ces animateurs est légitime et compréhensible dans le contexte de peur et de droit dans lequel on vit, mais c'est réellement dommage de constater qu'on prive et qu'on se prive d'un plaisir et d'un élément essentiel au sain développement de tout être humain.

Comment ces enfants, qui deviendront des adultes, sauront-ils départager un toucher agréable (une caresse tendre, une main dans les cheveux, un câlin, etc.) d'un geste abusif et d'une agression sexuelle si ces enfants ne se font jamais toucher, ou presque? La peau est le plus gros organe de notre corps et celui qui peut être le plus facilement sollicité; le témoignage de Madame Blanc nous rappelle comment il peut être agréable, réconfortant et plaisant d'être touché.

Nous prenons le temps de faire plaisir à notre goût, en mangeant une bonne bouffe, à notre ouïe, en écoutant un cd qu'on aime, à notre vue en regardant des paysages ou des oeuvres d'art qu'on adore, à notre odorat, en nous achetant un parfum qui nous plaît, mais que reste-t-il du toucher?

Prenez-vous le temps de prendre plaisir à être touché(e) par vous-même ou par les autres? Je vous donne un défi cette semaine! La prochaine fois que vous prendrez votre douche ou que vous vous mettrez de la crème, même s'il s'agit uniquement de crème à main, prenez le temps de le faire. Prenez le temps d'éveiller vos sens. Il ne s'agit pas ici de donner un caractère érotique ou sexuel à ce geste, mais uniquement d'y prendre plaisir; c'est le fondement même de la sensualité!

Bonne semaine! :-)

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

1 commentaire:

97point23 a dit…

Je n'étais pas quelqu'un de très tactile, et je le reste bien moins que d'autres, mais je pense qu'avec le temps j'ai pris goût à toucher et à être touché. Passer d'une poignée de main à une accolade, ne pas hésiter à poser sa main sur une épaule pour soutenir, féliciter. Je dirais que jusqu'à mes 30 ans le toucher relevait pour moi de la sphère privée, voire intime, mais que même à cet âge "avancé", ça peut changer :-)

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