lundi 31 mai 2010

Démystifier les troubles alimentaires

Plusieurs personnes croient qu'une personne qui a des troubles alimentaires, c'est une fille qui se trouve grosse, qui veut maigrir et qui le fait en refusant de manger ou en se faisant vomir.

Mais les troubles alimentaires, c'est beaucoup plus complexe que ça. Vouloir maigrir en faisant du sport de façon excessive ou en étant complètement obsédé par ce qui entre dans son corps cache un plus grand mal-être.

Émilie Villeneuve, en collaboration avec Julie Rocheleau, a réalisé une bande dessinée qui présente l'histoire de Flavie: "La fille invisible".

Dans cette BD, on apprend à mieux connaître cette maladie qui sème l'incompréhension chez plusieurs proches des personnes ayant des troubles alimentaires. Il sera aussi possible pour les lecteur(trice)s de mieux comprendre ce qui se passe dans la tête d'une personne qui souffre d'anorexie nerveuse ou de boulimie.

Vous êtes curieux(euse)s ou vous souhaitez en connaître un peu plus sur cette B.D.? Visualisez la vidéo promotionnelle qui suit ou courez en librairie vous la procurer!

De plus, si vous croyez que vous avez des troubles alimentaires et que vous cherchez de l'aide, n'hésitez pas à communiquer avec ANEB-Québec. Vous trouverez leurs coordonnées et une foule d'informations pertinentes en vous rendant sur leur site web.

lundi 24 mai 2010

Ma critique de Millénium III, le film


Faites-vous partie des personnes qui ont lu "Millénium", cette histoire complètement rocambolesque qui avait pour trame de fond la violence faite aux femmes? Au-delà de l'intrigue bien ficelée des livres, l'auteur a mis en scène des personnes très intéressantes. Notamment, deux personnages de femmes fortes: Erika Berger, la rédactrice en chef de la revue millenium ainsi qu'Annika Giannini, la soeur du journaliste vedette, Mikael Blomkvist, et avocate spécialisée en droits des femmes.

L'attitude de plusieurs personnages masculins à l'égard des femmes dans ces romans représente l'attitude que plusieurs hommes ont à l'égard des femmes dans la vie réelle; une attitude paternaliste où on voit les femmes comme si elles étaient des pee-wee qui avaient du mal à accomplir des choses par elles-mêmes.

Ça m'amène à vous parler des films. Je suis allée voir millenium III au cinéma hier et j'en suis sortie fâchée. La forte Erika Berger du livre qui menait le magazine Millenium d'une main de maître, malgré toutes les difficultés, est présentée comme une pauvre brebis perdue qui veut reculer et qui n'assume pas les risques qu'elle a pris par son magazine. La déconcertante Annika Giannini du livre qui plaide sa cause devant les tribunaux en massacrant toutes les preuves falsifiées et les mensonges présentés par la partie adverse est présentée comme une petite avocate tremblante et mal préparée qui a besoin de son frère, le grand journaliste, la veille du procès pour présenter des preuves.

Ce qui me frustre, c'est de voir que la violence faite aux femmes et les façons de rabaisser les femmes dans la vie de tous les jours que Larsson dénonçait dans les livres sont complètement évacués du film. On reproduit dans le film tous les stéréotypes que l'auteur de la trilogie a voulu dénoncer. C'est réellement dommage...

Je me questionne à savoir si l'auteur aurait accepté cette représentation cinématographique de son oeuvre s'il avait encore été en vie.

Si vous souhaitez apprécier pleinement l'intrigue, lisez les livres, car en plus des éléments déjà mentionnés, le film présente plusieurs longueurs.

vendredi 21 mai 2010

Coach en séduction ou en manipulation?


Je sais que plusieurs personnes ont de la difficulté à se mettre en valeur, ce qui fait en sorte qu'au moment de vouloir séduire une personne qui leur plaît, ces personnes ont beaucoup de mal à y arriver.

On ne se le cachera pas; la séduction a plusieurs points communs avec la vente! Et comme vous le savez, il y a toutes sortes de vendeurs et de vendeuses! Certain.e.s tentent de nous endormir avec toutes sortent de techniques de manipulation alors que d'autres sont réellement préoccupés par nous, ciblent nos besoins et sont heureux quand nous quittons leur commerce, comblé.

Comme vous le constatez, les un.e.s utilisent la manipulation, et les autres, la séduction. Et contrairement à ce que plusieurs personnes croient, la séduction et la manipulation ne sont pas des synonymes.

Une des première distinctions entre ces deux concepts, c'est qu'une personne qui en manipule une autre utilisera la séduction pour arriver à ses fins, alors que le contraire n'est pas vrai. En effet, pour qu'une personne arrive à en manipuler une autre, il faut qu'il y ait un climat de confiance entre les deux personnes. Et pour que cette confiance s'installe, il doit y avoir eu une certaine campagne de charme (volontaire ou non) qui ait eu lieu.

À ce sujet, il ne faut pas croire que la séduction et le charme ont lieux uniquement dans un but amoureux, sexuel ou érotique. Pensez à l'enseignant qui vous a le plus marqué ou à une personne qui travaille avec vous, que vous aimez et qui a beaucoup de succès; ces personnes ont réussi à vous séduire d'une certaine manière. Le prof qui nous a séduits a réussi à nous intéresser à sa matière qui le passionne; il est content de nous voir intéressés. La collègue que nous aimons bien est devenue une amie. Bref, dans ces deux situations, il y a un échange entre les deux personnes.

La deuxième distinction importante entre la séduction et la manipulation, c'est l'intention. Si l'intention de la personne est d'entrer en relation avec l'autre personne, on parle de séduction. Si l'intention de la personne est d'arriver à SES fins (que l'autre personne soit satisfaite ou non est accessoire et secondaire), on parle de manipulation. Par exemple, une personne qui en séduit une autre dans le seul et unique but de coucher avec elle, utilisera la manipulation. La manipulation n'est pas présente à cause de l'intention d'avoir des relations sexuelles, mais bien parce que le but était d'avoir des relations sexuelles, pas d'avoir des relations sexuelles avec CETTE personne précisément, ou encore, que la personne est vue comme un objet et non un sujet sexuel. La personne devient donc accessoire aux besoins et aux désirs de l'autre personne.

Et troisièmement, une personne qui en manipule une autre tentera de contrôler la situation alors que la personne qui séduit ne cherchera pas à avoir le contrôle de ce qui se passe, mais se laissera plutôt porter par la situation. La personne qui manipule observera les faits et gestes de l'autre dans le but de voir si elle arrive à ses fins; elle réajustera son attitude pour amener la personne à laisser tomber ses gardes; les gestes seront calculés et non pas spontanés. Bref, il y a souvent une notion de stratégie mise en place, comme si l'objectif était de gagner et non d'apprendre à connaître une personne intéressante.

À la lumière de ces informations, il peut être difficile pour une personne de savoir si elle est en train de se faire séduire ou si elle est en train de se faire manipuler par des techniques de séduction. Par contre, la personne qui "applique" ces techniques, elle, le sait.

Ça m'amène à vous parler des coachs de séduction. Qu'une personne souhaite apprendre à se mettre en valeur et à dégager une énergie positive en faisant appelle à des guides, c'est une chose que je peux comprendre. Ce qui me "bug" par contre, c'est que plusieurs de ces coachs ne font aucune distinction entre la séduction et la manipulation; les techniques que ces personnes proposent ont pour but de satisfaire les personnes qui les consultent, mais peu ou pas à ce que deux personnes construisent une relation ensemble. On nous dit comment appâter une femme (c'est souvent très hétérosexiste d'ailleurs ces techniques) et comment l'amener à faire tout ce qu'on veut.

Si vous chercher un.e coach en séduction, cherchez ne personne qui vous aidera à prendre confiance en vous et à vous mettre en valeur et fuyez les personnes qui tentent de vous faire apprendre des phrases construites ou mettre en application des petits jeux pour déstabiliser la personne que vous tentez de séduire; ce sont toutes des techniques de manipulation!

Séduire, c'est apprendre à entrer en relation avec une personne, pas d'amener une personne à faire tout ce qu'on souhaite en lui faisant croire que c'est son choix.

Bien entendu, utiliser des techniques de séduction seules est un "risque" d'essuyer plus de refus que si on utilise la manipulation. Mais si vous considérez que vous avez une réelle valeur, avez-vous vraiment besoin de tromper tout le monde sur la personne que vous êtes en utilisant des techniques de manipulation?

La séduction seule demandera peut-être plus de temps et plus d'efforts, mais le mérite au bout de la ligne ne sera que plus grand parce que c'est VOUS et toute votre personne et non vos techniques malhonnêtes qui feront que vous êtes avec LA personne que vous souhaitiez.

samedi 15 mai 2010

Super série de "Professionnels sans frontières"

J'ai découvert hier une série d'émissions produites par "Professionnels sans frontières". Je la découvre un peu sur le tard dans la mesure où c'est la 9e d'une série de 13 et, malheureusement, les épisodes ne sont pas disponibles sur leur site. Par contre, vive la technologie! L'épisode d'hier se trouve, lui, sur You tube! Je peux donc vous les mettre directement sur le blogue! :-)

Pour vous faire un petit topo, "Professionnels sans frontières" est un organisme qui regroupe toutes sortes de personnes qui travaillent en coopération internationale dans le cadre de leur travail: médecin, optométrice, vétérinaire et, la semaine prochaine, gynécologue (j'y reviendrai plus loin).

L'épisode de cette semaine mettait en scène un étudiant qui souhaitait confirmer son désir de travailler en coopération internationale. Lors d'un stage au Viet Nam, il travaille dans un organisme qui travaille à prévenir les ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang), notamment, le SIDA qui est en forte augmentation dans cette région du monde.

Le principal défi? La sexualité est complètement tabou! Comment arrive-t-on à faire de la prévention d'infections qui se transmettent lors de relations sexuelles alors qu'on ne parle jamais de sexualité! Tout un mandat!

Un exemple? Des boîtes de condoms ont été installées dans les universités pour distribuer gratuitement des contraceptifs, mais les gens n'en prennent pas. À la caméra, il demande à une Vietnamienne de prendre un condom et elle tremble un peu en poussant un petit cri aigu en le prenant.

Un des éléments pertinents de cette émission (et des autres aussi j'imagine) c'est le réalisme du contexte de la coopération internationale: non une personne qui fait un stage de 3 mois ne changera pas le pays et encore moins le monde! Si vous songez à faire de la coopération internationale et que votre objectif est d'aller changer les choses en arrivant avec votre expertise, écoutez donc une couple d'épisodes; ça vous remettra les choses en perspectives!

Mais sincèrement, je vous recommande chaudement cet épisode.

Comme je le disais plus haut, l'épisode de la semaine prochaine nous présentera un "Gynécologue sans frontières"; l'épisode sera diffusé sur les ondes de Radio-Canada, samedi à 13h30. Voici le descriptif:


GYNÉCOLOGUE SANS FRONTIÈRES

Port-au-Prince, Haïti : À chaque minute, une femme meurt dans le monde en donnant naissance ou à la suite de complications liées à un accouchement. C’est plus d’un demi-million de mamans par année. Le gynécologue André Lalonde, d’Ottawa, s’est donné la mission de réduire le nombre de femmes qui trouvent la mort en voulant donner la vie. Depuis 20 ans, le Dr Lalonde, directeur général de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, sillonne la planète afin de mettre sur pied des stratégies et des programmes pour assurer la santé des mères et des nouveau-nés. En Haïti, il forme entre autres des gynécologues, des sages-femmes, des infirmiers et des infirmières pour réduire le taux de mortalité maternelle, 300 % plus élevé qu’au Canada.

Peut-être devrais-je envoyer l'heure et la date de l'émission à Stephan Harper qui vient de prendre position pour que les organismes internationaux travaillant en santé des femmes et qui pratiquent des avortements ne soient pas financés... Qu'en pensez-vous? ;-)





vendredi 14 mai 2010

Spécial séduction

Radio-Canada, dans le cadre de sa série "Amour, haine et propagande" a lancé un concours où il était demandé de construire un outil de propagande. Et bien devinez quoi? J'ai décidé de participer! :-)

Comme j'aime bien faire les choses différemment, j'ai décidé d'utiliser la psychologie inverse pour faire un outil de sensibilisation qui dénonce la sexualisation de l'espace public et, plus particulièrement, le façon dont on traite le concept de la séduction dans les médias qui s'adressent aux femmes.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

p.s. Pour une raison qui m'échappe, il manque le tiers droit de la vidéo; cliquez sur le "Spécial Séduction" dans la fenêtre pour vous rendre vers le site de Youtube et visionner la vidéo au complet sur votre écran! :-)



jeudi 13 mai 2010

Attitude homophobe dans le cadre de la journée contre l'homophobie?



Le 17 mai est la journée internationale contre l'homophobie. L'objectif de cette journée est d'amener la population à cesser ses comportements, commentaires et attitudes homophobes en démystifiant l'homosexualité (entre autre choses). Dans le cadre de cette journée, toutes sortes d'associations luttant contre l'homophobie produisent du matériel de sensibilisation comme des affiches et des dépliants. Depuis 2003, des affiches circulent pour démystifier l'homosexualité entre hommes dans des milieux typiquement masculins comme on peut le voir sur l'affiche ci-jointe.

Le syndicat des employés de Vidéotron avait décidé de lutter contre l'homophobie en apposant ces affiches sur ses babillards. Mais cette semaine, coup de théâtre! Les gestionnaires du géant Vidéotron ont exigé que ces affiches soient retirées, car 3 employé.e.s (je ne connais pas le sexe de ces personnes) ont porté plainte.

L'objectif de cette journée internationale contre l'homophobie n'est pas sensé d'amener les gens à dialoguer et à développer leur ouverture face aux orientations sexuelles différentes de l'hétérosexualité? Retirer ces affiches ne serait pas un geste homophobe, ou plutôt, renforçant les idées homophobes?

À mon sens, le retrait de ces affiches renforce l'idée des personnes qui croient que l'homosexualité est mal et ne devrait pas être affichée; l'homophobie a gagné et c'est réellement désolant...

mardi 11 mai 2010

La sexualité et ses représentations dans le contexte des transformations des technologies et de l'environnement social


Vous connaissez l'ACFAS? Il s'agit de l'Association francophone pour le savoir. Depuis des années, durant une semaine ils rassemblent une panoplie de scientifiques qui présentent les plus récentes avancées dans des domaines aussi variés que les sciences mathématiques, les lettres, les sciences sociales et plusieurs autres.

Cette année, une journée entière sera accordée à "La sexualité et ses représentations dans le contexte des transformations des technologies et e l'environnement social."

Lors de cette journée, on remettra en contexte ce qu'on appelle "l'hypersexualisation" et on discutera du phénomène en se posant la question "Est-ce que l'hypersexualisation existe réellement?" Cette journée de réflexion risque d'être fort intéressante. Ça vous intéresse? Vous pouvez lire cet article pour avoir plus d'informations ou vous rendre sur le site de l'ACFAS pour découvrir les conférencier(ère)s qui feront des présentations.

samedi 8 mai 2010

Aujourd'hui, on célèbre le 50e anniversaire de la pilule contraceptive!


Le 9 mai 1960 était lancée la première pilule contraceptive: ça fait aujourd'hui 50 ans! Mais qu'est-ce que la pilule contraceptive a eu comme impact dans la vie sexuelle des gens? Il ne faut pas se leurrer, cette invention a surtout eu un impact majeur sur la sexualité des femmes. Avec la pilule contraceptive, les femmes pouvaient maintenant se permettre d'avoir une vie sexuelle axée uniquement sur le plaisir si elles le désiraient, et ce, sans crainte d'être enceinte après chaque rapport sexuel. À cette époque existait déjà le condom, mais son utilisation était très peu répandue au sein des couples.

Malgré le fait que la pilule ne soit pas efficace à 100%, elle permettait tout de même d'éviter un bon nombre de grossesses non désirées et de contrôler le nombre d'enfants.

Pendant qu'on parle de la pilule, saviez-vous que pour qu'un moyen contraceptif hormonal atteigne son taux d'efficacité maximal, son administration doit se faire de façon exemplaire? Si la méthode de contraception hormonale est mal prise ou mal comprise, son taux d'efficacité peut chuter à 90%; êtes-vous prêt.e à courir le risque de vivre une grossesse? Et quand je dis vous, je parle de vous et de votre conjoint.e, car pour qu'une grossesse ait lieu, il faut un minimum de deux personnes! ;-)

Voici quelques éléments à connaître à propos de l'efficacité des moyens contraceptifs hormonaux: prenez le temps de les lire; ça pourrait éviter une grossesse non désirée!

- L'heure de la prise de la pilule contraceptive: Vous devez prendre votre pilule contraceptive tous les jours à la même heure. Pour maintenir le taux d'efficacité maximal, une femme ne devrait pas modifier de plus de 4 heures la prise de sa pilule quotidienne. Si, par exemple, vous avez pris votre pilule le vendredi matin à 9h am et celle du samedi à 23h, il serait préférable d'utiliser un condom si vous avez des relations sexuelles, car malgré le fait que votre corps ne déclenchera peut-être pas vos menstruations, il est possible qu'un ovule soit fécondé entre l'administration de ces deux doses;

- Les méthodes contraceptives hormonales et la prise de médicaments: Le taux d'efficacité de votre moyen de contraception hormonal peut être affecté si vous prenez des médicaments. Prenez note qu'il ne s'agit pas uniquement de médicaments avec ordonnance! des médicaments en vente libre contre les brûlures d'estomac par exemple, font partie de la liste des médicaments qui diminuent le taux d'efficacité des méthodes contraceptives hormonales. Prenez le temps de lire attentivement le livret qui accompagne votre méthode contraceptive pour connaître les médicaments qui affecteront son efficacité. Si vous prenez un de ces médicaments, utilisez un condom durant toute la durée du traitement pour éviter une grossesse non désirée. Il faut aussi noter que certains produits naturels sont contre-indiqués.

- Respect du cycle de 28 jours: Si vous utilisez la pilule, le nuva ring (anneau contraceptif inséré dans le vagin durant 3 semaines) ou le timbre contraceptif (3 timbres d'une semaine chacun à coller sur votre corps), ceux-ci seront pris durant 3 semaines, puis il y aura une semaine sans administration de la méthode contraceptive durant laquelle la femme aura ses menstruations. Certaines personnes prennent leur moyen de contraception en continu, sans prendre de semaine d'arrêt. Pour les femmes qui font cette période d'arrêt, il est important de ne pas retarder la reprise de la période contraceptive. Par exemple, si vous retardez de 3 jours la reprise de votre méthode contraceptive et que vous avez des relations sexuelles la journée de la reprise, il serait préférable d'utiliser le condom, car les risques de grossesse sont présents. Ma suggestion est qu'à partir du moment où vous retardez la reprise de votre méthode de contraception hormonale de plus de 2 jours, utilisez le condom pour au moins une semaine, car cette période est le début de la période de fécondité chez la femme (cette période varie un peu d'une femme à l'autre). Prendre 2 pilules par jours pendant 2 jours évitera à votre corps de déclencher les menstruations, mais l'effet ne sera pas contraceptif.

Voilà!

Les moyens de contraception hormonaux ont l'avantage d'éviter la majorité des grossesses non désirées, mais n'ont aucun effet de protection contre les ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang).

À ce sujet, j'ai une question et j'aimerais vous entendre. N'hésitez pas à signer votre commentaire de façon anonyme si vous ne souhaitez pas être identifié.e. Vous est-il déjà arrivée d'avoir des relations sexuelles sans utiliser de condoms en vous disant "J'utilise/la fille utilise une méthode contraceptive hormonale et je n'en ai pas besoin"?

Exprimez-vous!

mardi 4 mai 2010

Sexualité et cancer, mais pas de sexologue


Je viens de lire un article paru dans le Soleil qui s’intitule :
« Cancer: le dépistage de la détresse psychologique doit être suivi d'actions concrètes ». Pour avoir fait mes stages dans une école de massothérapie et avoir construit un programme de formation de 15 heures s’intitulant « Cancer du sein, sexualité et massothérapie », je suis particulièrement touchée par cette thématique.

Voici un extrait de l’article :
«Les personnes qui ont un cancer font face à un paquet de défis. Oui, il y a la dimension physique, mais elles sont touchées aussi au plan émotionnel, social, spirituel, organisationnel… Mais dépister n'est pas tout. Le programme n'aurait guère de sens et d'intérêt si les soignants se contentaient de noter au dossier que leur patient est très perturbé sur le plan émotif, ou a de la difficulté à organiser sa vie quotidienne en raison de sa fatigue. L'idée est plutôt d'identifier ce qui ne va pas et de l'orienter vers d'autres ressources. «Si c'est un problème physique, OK, nos infirmières peuvent s'en occuper. Si c'est un problème familial ou social, nos travailleuses sociales vont aider à trouver une solution. Au plan sexuel, on le dirigera vers un psychologue spécialisé en sexologie.»

Bon, dans ce texte, on y lit une bonne et une mauvaise nouvelle : la bonne, c’est qu’il y a une préoccupation du milieu oncologique à propos de la sexualité des patient.e.s qui sont touché.e.s par le cancer. C’est super, car il est vrai qu’un cancer peut modifier une panoplie d’éléments à propos de la sexualité et il faut souvent recadrer l’information qu’ont les patient.e.s à ce sujet (c’est encore plus vrai dans des cas de cancers liés à l’appareil sexuel masculin ou féminin).

Mais j’imagine que vous me voyez venir avec la mauvaise nouvelle : comment se fait-il que lorsque vient le temps d’aborder la sexualité on réfère la personne à un.e psychologue? Surtout qu’on spécifie « un psychologue spécialisé en sexologie ». 

C'est frustrant de voir que le milieu hospitalier balaie les professionnel.le.s de la sexologie. C’est écrit noir sur blanc dans cet article, mais c’est une réalité bien présente. C'est vraiment malheureux, car ces mêmes organisations publient des guides d’informations à propos de la sexualité et du cancer (je donne un exemple comme ça au hasard) et publient des informations parfois fausses, parfois erronées et parfois même, culpabilisantes pour les personnes qui ont le cancer de ne pas avoir des relations sexuelles avec leur partenaire. Voici quelques extraits tirés d’un document qui vise à démystifier la sexualité d’une personne atteinte du cancer :

« Prêtez attention à ce que votre partenaire ressent, car il/elle a peut-être peur de vous faire mal ou d’avoir l’air de précipiter les choses. »
Bien sûr, dans une relation sexuelle, il y a une notion de relation, de partage des responsabilités. C'est toutefois assez étonnant qu'on suggère aux personnes malades de s'occuper de leur partenaire en santé. Cette formulation est plutôt maladroite et exprime mal la façon dont le couple peut rester dans la communication et la relation à cette étape de leur vie.

« Planifiez vos activités sexuelles. Malgré une perte possible de spontanéité, un moment choisi à l’avance peut vous aider à composer avec la fatigue et la douleur. »
Où est la place pour : « Respectez-vous et respectez vos limites. Vous n’êtes pas obligé d’avoir de relations sexuelles si vous ne vous sentez pas bien. Il est possible que durant certains moments de votre traitement, vous choisissiez de ne pas avoir de relation sexuelle à cause de la fatigue, des douleurs physiques ou de l’épuisement psychologique. Ne vous jugez pas si ça arrive! Vous aurez bien le temps d’avoir des rapprochements érotiques lorsque vous vous sentirez mieux ! En attendant, rien ne vous empêche d’avoir des moments de tendresse avec votre partenaire si vous en avez envie »? Ben, pas là. Ce n'est pas là.

« Des faibles doses de testostérone sont parfois prescrites à des femmes dont la baisse de libido est persistante. »
Cette affirmation est partiellement vraie. Pour que l’administration de testostérone ait un impact sur la libido, il faut qu’une personne présente une carence de testostérone (que son corps en produise moins que prévu). Si, suite à une analyse sanguine, le taux de testostérone est régulier, l’administration de testostérone n’aura absolument aucun impact sur la libido d’une personne. De plus, la baisse de désir peut s'expliquer par énormément de facteurs. Cette phrase peut donner l'impression aux personnes que leur désir ne devrait pas trop être atteint et qu'elles ont la responsabilité de maintenir ce désir malgré la maladie.

Je n’ai cité ici que trois extraits cités d’un document rédigé sans la participation de sexologues, mais j’aurais pu en citer encore plusieurs autres.

Selon moi, la force d’une équipe est de faire appel à l’expertise de tout le monde. Et pour avoir une expertise complète au niveau de la sexualité, en prenant en considération toute la complexité de la sexualité et non uniquement ses aspects biologiques et médicaux, il faut introduire des sexologues dans les équipes d’intervention.

samedi 1 mai 2010

Accoucher autrement au Québec?


Vous êtes enceinte? Vous le serez bientôt ou c'est le cas de votre conjointe? Vous avez peut-être déjà eu la discussion "Pour ou contre la péridurale?" ou "accoucher à l'hôpital ou dans une maison des naissances?". Semblerait-il qu'il y a, au Québec, une très grande utilisation de la péridurale, même plus qu'ailleurs au Canada.

Il n'est pas toujours facile de se retrouver et de prendre une décision sur un moment aussi important qu'un accouchement. Certain.e.s sont pro médical, d'autres pro naturel, mais ce qu'on sait, c'est que peu importe la décision qu'une femme prendra, elle se fera juger par l'une ou l'autre de ces écoles de pensées!

L'équipe de "Une pilule une petite granule" du réseau "Télé-Québec" a préparé un reportage s'intitulant "Accoucher autrement". Voici le descriptif du reportage:

"Les Québécoises sont les championnes canadiennes de l’épidurale, d’après la plus récente enquête nationale sur la maternité publiée au printemps dernier. Sept femmes sur dix ont recours à cette forme d’anesthésie au moment de l’accouchement. Le rapport révélait également que les Québécoises manquent cruellement d’information quant aux autres techniques de contrôle de la douleur. Pourquoi tant d’épidurales au Québec?"

L'information se trouvant dans ce reportage est très intéressante. On y découvre des techniques alternatives et des témoignages intéressants. Je vous invite à aller visionner le reportage en cliquant ici.

Et vous, avez-vous déjà réfléchi à l'accouchement (le votre ou celui de votre conjointe)? Avez-vous des questionnements, des craintes ou des inquiétudes face à l'accouchement? N'hésitez pas à partager votre opinion ou vos questionnements!