vendredi 19 avril 2013

Je ne suis pas une féministe frustrée... Sauf certains jours comme aujourd'hui!

Pour les personnes qui ne le savaient pas, je suis féministe. Et oui! Je crois fondamentalement en l'égalité entre les hommes et les femmes. Je crois aussi "qu'égalité" n'est pas synonyme de "sosie" ou "copie conforme". Les hommes et les femmes sont différents et c'est très bien ainsi! Mais cette différence ne profère pas à l'un ou l'autre des sexes d'avoir davantage de privilèges. Je milite pour ça, car la société dans laquelle on vie, quoi que plusieurs personnes en pensent, accorde davantage de privilèges aux hommes qu'aux femmes, même si les lois l'interdisent. On vie dans une société où l'égalité juridique est atteinte, mais dans les faits et dans la réalité, comme le rappelait si bien Françoise David lors du combat des chefs, ce n'est pas le cas.

Dans ma famille, nous sommes féministes de mères en filles: mon arrière grand-mère était féministe, ma grand-mère et ma mère aussi. Mon arrière grand-mère faisait manger tous ses enfants en même temps; il n'était pas question que les gars mangent en premier et que les filles attendent. Ma grand-mère a décidé d'aller refaire son CEGEP après que ses propres enfants y soient allés. Elles confrontent encore aujourd'hui les mononcles qui font des blagues sexistes. Ma mère, elle, a acheté, à ma soeur et à moi, des camions et des outils lorsque nous étions enfants et militait au sein de son couple pour conduire le même nombre de kilomètres que mon père! D'ailleurs, c'est davantage mon père qui faisait le ménage :-)

Bref, pour moi, il n'y a pas de tâches qui appartiennent aux hommes et d'autres aux femmes; j'ai été élevée comme ça. Par contre, je constate que ce n'est pas le cas pour tout le monde et c'est pour cette raison que je milite pour le féminisme; pour l'égalité entre tous et toutes.

Mais je crois que pour amener les gens à constater que le monde dans lequel on vie n'est pas si égalitaire que ça pour ensuite les amener à poser des gestes individuels et sociétaux pour que cette égalité soit atteinte, il faut être capable de discuter, d'écouter l'autre, et parfois, reconnaître que cet autre a raison. Si on confond "changer les mentalités" et "censurer les opinions divergentes", on aura une partie des résultats qui sera la même, soit, ne plus entendre de commentaires sexistes (par exemple). Mais si c'est parce qu'on a censuré des commentaires, ce sera uniquement parce que ces commentaires ne viendront plus à nos oreilles; pas qu'ils n'existent plus ou que les gens pensent autrement. À quoi ça sert alors, pouvez-vous me dire, de censurer si ça ne change pas le monde dans lequel on vie? Ou à tout le moins, de cacher le monde dans lequel on vie?

En ce qui me concerne, je préfère entendre ces commentaires et discuter de façon enflammée que de faire comme si ces commentaires n'existaient pas. Je suis donc une féministe enflammée, mais pas une féministe frustrée... Sauf des jours comme aujourd'hui... Je suis frustrée aujourd'hui, parce que j'ai été censurée. Censurée par un groupe de militantes féministes. On m'a censuré, car je ne disais pas 100% comme elles et je trouve ça complètement ridicule. Non seulement on m'a censuré, mais on m'a supprimé la possibilité de commenter sur leur page facebook!

C'est vraiment dommage, parce que j'avais beaucoup de respect pour le travail qu'elles faisaient. Mais je comprends mal comment on peut se dire féministe si on travaille avec des œillères... Comment on peut se dire militantes si on jette les commentaires avec lesquels nous ne sommes pas d'accord? 

Si un organisme féministe jette et méprise mes commentaires, moi qui se qualifie de féministe, comment croit-il qu'il réussira à changer les mentalités des personnes qui ne se qualifient même pas de féministes? Peut-on amener des personnes qu'on méprise à changer? Non. Certainement pas...

Si on brise le dialogue, on ne changera rien du tout. On ne fait que frustrer les gens et les camper dans leur position... Donc à la limite, on nuit plus la cause qu'on ne la fait cheminer...

3 commentaires:

Francis Jasmin a dit…

Salut Sophie,

J'étudis présentement au Cégep en Soins infirmier.

À mon cégep, il y a un "groupe féministe" auquel je n'ai jamais participé...

Parfois j'envis beaucoup les femmes d'avoir cette "cause" féministe, je trouve qu'en tant que citoyenne, cela te donne une belle opportunité d'être engagée !

C'est quelque chose qui vient te chercher vraiment aux trippes, c'est pourquoi bien des femmes se battent avant tant d'ardeur !

Connais-tu des hommes féministe ou il n'y a que des femmes ?

Que pense tu aussi des hommes tel que Yvon Dallaire qui se disent "masculiniste" ?

Au plaisir,
Francis

Sophie Sexologue a dit…

Bonjour Francis,

bien sûr qu'il y a des hommes féministes :-) Guy A. Lepage a d'ailleurs déjà pris position publiquement en se disant féministe.

Se dire féministe, c'est militer pour que les femmes et les hommes soient égaux en étant conscient que pour l'instant, ce n'est pas le cas. Durant des millénaires, le monde était organisé afin que les hommes détiennent les sphères de pouvoir. Ce n'est que très très récemment que le Québec a atteint l'égalité juridique entre les femmes et les hommes. Malheureusement, entre l'égalité dans la législation et l'égalité dans la réalité, il y a une marge. Il y a donc des hommes qui sont conscients de cette réalité et qui souhaitent tout autant que les femmes que cette inégalité existe :-)

Pour ce qui est de ta 2e question, c'est un sujet très délicat.

Tout d'abord, comme je viens d'expliquer, le féminisme est né d'une inégalité entre les hommes et les femmes: les femmes étaient inférieures aux hommes légalement sur toutes sortes de sphères. À cause de leur statut de femmes, elles n'avaient pas accès à toutes sorte de choses. Est-ce que, selon moi, on observe la même chose chez les hommes? Non. D'un point de vue juridique, il n'y a aucune sphère où les hommes sont désavantagés. D'un point de vue du travail, alors que beaucoup de femmes ont du mal à intégrer certaines sphères considérées comme plus traditionnellement masculines (métiers de la construction, ingénérie, etc) à cause du harcèlement qu'elles subissent, les hommes qui intègrent les métiers traditionnellement féminins sont accueillis à bras ouverts (je pense au milieux de l'enseignement et des soins infirmiers par exemple). Beaucoup de monde croient qu'il devrait y avoir une parité hommes-femmes dans les métiers comme l'enseignement et les soins infirmiers, mais on entend très peu le même discours quand on parle des métiers de la construction par exemple :-) Ça ne semble pas être aussi important. De plus, beaucoup de postes de pouvoir dans les sphères traditionnellement féminine sont occupés par des hommes; alors que les hommes sont en minorité dans ces sphères, ils sont surreprésentés dans les sphères de pouvoir (syndicats, poses de gestions, etc.)

Je ne crois pas que les hommes ont besoin de mesures spéciales pour faciliter leur intégration dans certaines sphères de la vie sociale.

Par contre, je crois que les femmes et les hommes, mêmes s'ils sont égaux, sont différents. Je crois que c'est tout à fait légitime que les hommes souhaitent se réunir pour faire entendre leur spécificité d'hommes et tenter d'avoir des services adaptés à leur réalité.

Malheureusement, la majorité des hommes qui se disent masculinistes militent davantage contre les femmes que pour les hommes. Ils se disent victimes des femmes et des féministes. À ce sujet, je te suggère de visionner le documentaire "la domination masculine"; on entend beaucoup d'hommes se définissant comme masculinistes. Tu pourras entendre leur discours qui, à mon sens, n'est en rien constructif pour les hommes. C'est dommage.

Et pour ce qui est d'Yvon Dallaire, tout ce que je souhaites dire ici, c'est qu'il n'est pas sexologue; il est psychologue. Il a fait des études en psychologie et porte le titre de psychologue à raison. Mais il n'a fait aucune études universitaires en sexologie. Il utilise ce titre, car pour l'instant, le titre n'est pas protégé, ce qui changera dans la prochaine année car l'Ordre des sexologues est en création.

Francis Jasmin a dit…

Bonjour Sophie,

C'est vrai tu as raison !

Dans plusieurs domaine considéré comme masculin, les femmes sont accueillis par quelques gars misogyne/macho qui les agressent en parole ou physiquement. Et évidemment ce n'est pas mon cas en soins infirmiers !!! Il faudrait que les autre hommes (qui sont majoritairement correct) dans ces domaines ce réveillent et dénoncent ces comportements !

Peut-être un petit bémols pour les hommes : Les garderies - Selon moi, plusieurs mère ont peur que le gars qui travaille en milieu de garde soit peut-être, on ne sait jamais, un pédophile.

Mais bon, il faudrait recueillir des témoignages d'hommes qui travaille dans ce milieu pour voir s'il y a anguille sous roche.

Merci pour le documentaire, je regarderai ça !