dimanche 21 avril 2013

Laver, désodoriser, parfumer et scrubber sa vulve et son vagin? Pas un choix avisé!

Cette tendance de vouloir aseptiser les vulves et les vagins n'est pas nouvelle, mais elle semble reprendre de la vitesse dans les dernières années. Par exemple, au Québec, on ne voyait plus de serviettes hygiéniques parfumées depuis un bon nombre d'années, mais elles réapparaissent depuis un moment. Pourquoi avaient-elles disparues? Car on a apprit qu'il était néfaste pour la santé des femmes de tenter de parfumer leur vulve et leur vagin, mais on semble l'avoir oublié. En effet, la flore vaginale est un milieu extrêmement fragile. Le corps s'efforce de garder le bon Ph selon le moment du cycle de la femme; parfois favorable à la survie des spermatozoïdes lors de l'ovulation, parfois défavorable à cette survie le reste du temps, et tout cela, sans causer d'irritation, d’assèchement  de blessures, etc. La nature étant fascinante a fait en sorte que le corps régule lui-même ce Ph capricieux. Et justement, il n'en prend que très peu pour que cette flore se dérègle, ce qui cause démangeaisons  vaginites, assèchement vaginale, risque de douleurs lors des relations sexuelles, etc. 

Sachez que le vagin n'a pas besoin d'être lavé, y compris lors des périodes de menstruations; les douches vaginales sont néfastes pour la flore vaginale, en plus d'être absolument inefficace pour prévenir les ITSS ou une grossesse. En fait, plus vous "laverez" votre vagin, plus celui-ci s'asséchera, ce qui augmente considérablement les risques de blessures lors des relations sexuelles, puis de contracter des ITSS. Pourquoi? Parce que si votre vagin est trop sec, le risque de provoquer des micro-déchirures lors de la pénétration est plus grand. En plus des douleurs que ça peut occasionner, les micro-déchirures augmentent les risques de contracter une ITSS si votre partenaire en a une.

D'ailleurs, plus une femme se lave, plus celle-ci risque de débalancer le Ph de sa flore vaginale, et lorsque la flore vaginale se dérègle, plus grands sont les risques de développer des vaginites, qui elles, dégagent des odeurs anormales. Plus vous tenterez d'interférer dans votre "hygiène intime", plus vous risquez de causer des problèmes à la situation qui vous dérange. Il en va de même pour les parfums et déodorants pour la vulve et le vagin; ils risque d'augmenter l'irritation et de développer des vaginites.

La vulve quant à elle ne devrait pas être lavée plus régulièrement que le reste du corps. La glaire cervicale qui s'écoule en très petite quantité du vagin n'est pas sale; c'est elle qui régule le Ph. Certaines femmes sont obsédées par ces secrétions et par les odeurs que pourrait dégager leur vulve et en viennent à se laver plusieurs fois par jour ou à utiliser des lingette humides (comme celles qu'on utilise pour les bébés) pour s'essuyer. En fait, contrairement à l'effet escompté, plus une femme lavera ses organes génitaux, plus ceux-ci produiront des sécrétions, car ces sécrétions servent à maintenir le bon Ph à l'intérieur du vagin et à maintenir une bonne souplesse de la peau de la vulve. Si on empêche le corps de faire son travail, plus celui-ci redoublera d'effort pour y parvenir.

Il n'est pas rare que je rencontre des femmes complètement obsédées par l'odeur de leur vulve. Oui, il est possible que la vulve dégage une odeur de sueur par les journées de grande chaleur ou après le sport. La vulve peut aussi dégager une odeur anormale et plus forte si la femme a développé une vaginite ou une autre ITS. Dans le premier cas, il est possible de se laver la vulve et de changer de sous-vêtements, mais dans l'autre cas, il faut attendre que l'infection soit traitée, car tenter de parfumer ou laver en profondeur accentuera le problème. Et pour tous les autres jours de la vie, il est NORMAL que la vulve ait une odeur, surtout lors de l'excitation sexuelle où une plus grande quantité de sécrétions afflue. Ce qui ne l'est pas, c'est de tenter de rendre le sexe des femmes inodore. Une odeur n'est pas synonyme de nauséabond! Mais si ça ne sent pas la "brise printanière" ou tout autre nom donné aux odeurs de produits vendus pour laver et aseptiser, plusieurs femmes ont l'impression qu'elles sont sales.

Si vous êtes incapable d'avoir des relations sexuelles sans d'abord être passé au petit coin pour vous laver les organes génitaux, posez vous des questions sur cette obsession. Demandez-vous aussi quelle est la relation que vous entretenez avec votre sexe au sens propre et au sens figuré. Et s'il s'agit d'une demande de votre conjointE, ça nécessite aussi de se poser des questions...

En fait, la règle concernant "l'entretien" de la vulve et du vagin est très simple: plus vous lui foutez la paix, mieux ils se porteront!

Le docteur Sophie Bergeron, du laboratoire d'étude sur les douleurs gynécologiques, fait plusieurs recommandations concrètes pour les femmes qui ont douleurs gynécologiques. Une très grande majorité de ces conseils s'appliquent à toutes les femmes, pour éviter de développer des douleurs et des irritations de la région vulvaire. Je vous suggère très sincèrement d'aller y jeter un coup d'oeil; c'est par ici!

Bonne lecture!

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