vendredi 23 février 2018

En relation, êtes-vous chêne, pollen ou roseau?

Photo d'André Baechler 
https://a-baechler.net/
Comment accueillez-vous les nouvelles propositions amoureuses et sexuelles? Êtes-vous du type à avoir une idée très fixe sur les caresses ou les pratiques acceptables? Ou encore, avez-vous tendance à accepter toutes les propositions qui viennent à vous? Ou est-ce que vous connaissez bien vos limites et vos goûts et vous acceptez d’explorer un peu à l’extérieur de ces frontières, dans le plaisir? C’est tout un art d’être en relation sainement en étant capable à la fois de se prendre en considération et de prendre en considération les autres. Voici trois façons d’être en relation que j’appellerai les chênes, les pollens et les roseaux. Dans lequel vous retrouvez-vous?

Les chênes
Les chênes sont des personnes qui sont perçues de l’extérieure comme fortes et solides; rien n’a l’air de les ébranler. Leurs choix, leurs goûts, leur direction sont clairs et précis. Elles nomment ce qu’elles souhaitent et ce qu’elles ne souhaitent pas, ce qui est souvent accompagné de « Ben moi j’suis de même. Je n’ai pas l’intention de changer. Si ça ne fait pas ton affaire, tu peux t’en aller ». Les chênes s’attendent à ce que ce soit leur environnement qui s’adapte à eux. Autant la force des chênes est une formidable qualité, elle peut devenir un réel défi dans les tempêtes fortes ou elles risquent de se briser sous la force du vent. Dans cette métaphore, le vent représente l’environnement de la personne. Pour les chênes, seule une force inouïe peut les amener à bouger, ce qui n’arrive pas sans des dommages importants. Comment les chênes pourront-ils passer au travers les petites tempêtes comme la maladie, l’arrivée d’un enfant, un nouveau travail ou les désirs fluctuants de son ou sa partenaire? Le chêne devra envisager s’assouplir un peu pour éviter que sa rigidité l’amène à se déraciner ou à se briser.

Les pollens
Les pollens sont les personnes qui sont constamment en train de s’adapter; elles vont là où le vent leur dicte d’aller, sans résistance. Lorsqu’on les questionne sur leurs goûts et leurs préférences, leur automatisme est de répondre : « Ça ne me dérange pas; c’est comme tu veux ». Pour les pollens; c’est parfait que ce soit les autres qui décident. Leur légèreté et leur capacité à changer de direction rapidement facilitent leur contact avec leur environnement, car sans résistance, la vie est plus douce. Toutefois, se laisser porter par le vent a la qualité de son défaut; ces personnes n’ont pas de racines. Quel est leur centre? Qui sont-elles? Que souhaitent-elles? Quels sont leurs désirs? Quel est leur refuge lorsqu’elles auront besoin de se recentrer? Pour l’instant, ces questions restent plus ou moins sans réponse. Les pollens ont ainsi le sentiment d’être libres. Mais cette liberté ne leur appartient pas; elle appartient au vent qui dicte leur direction. Le défi pour les pollens est « d’être » en relation; pour ce faire, il faut d’abord « être ». Cette capacité de mieux se définir en déterminant aussi ses frontières permet ensuite de choisir quelles sont les pratiques sexuelles qu’elles aiment et qu’elles aiment moins. Ces choix permettront de faire pousser des racines plutôt que de devoir se soumettre au vent.

Les roseaux
Les roseaux sont les personnes qui vont avoir développé suffisamment de racines pour rester bien en place lorsque la tempête se lèvera. Elles auront aussi suffisamment de souplesse pour leur permettre de voguer dans le vent sans se briser. Bien sûr, elles n’ont pas la force du chêne ni la très grande légèreté du pollen. Les roseaux seront décoiffés par la tempête, mais leur identité ne sera pas déformée. Les roseaux pourront vivre des périodes difficiles ou avoir des pratiques sexuelles moins satisfaisantes, et ce, sans remettre en question la relation. Et quoique la métaphore ne fonctionne plus à ce stade, le roseau a aussi la possibilité de se transplanter dans un environnement moins hostile, au besoin. Car personne n’a à tolérer des tempêtes à répétition venant du même environnement.

**Texte original publié dans le Journal le Canada Français.

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