dimanche 19 avril 2009

Est-ce que les sexologues, c'est des psychologues du sexe?





Hier, j'ai assisté à l'assemblée générale du Regroupement professionnel des sexologues du Québec, le seul des deux regroupements de sexologues intégrant tous les sexologues. "Mais comment ça tous les sexologues? Il y en a plusieurs sortes?" Et oui! Et justement, en assistant à cette assemblée générale, ça m'a rappelé qu'il n'est pas toujours clair pour le public que les sexologues ne sont tous et toutes des thérapeutes-clinicienNEs qui travaillent en cabinet privé. Cette définition correspond aux sexologues ayant obtenu un diplôme de maîtrise en sexologie clinique.

"Mais que font les bacheliers alors?" Les professionnelLEs qui sortent du baccalauréat en sexologie sont des sexologues spécialisés en tout ce qui concerne l'éducation à la sexualité, c'est-à-dire l'analyse des besoins du groupe ou de la personne, la conceptions de programmes et d'activités d'éducation à la sexualité, l'animation de l'activité ou de la rencontre, l'évaluation de l'impact d'une intervention, et finalement, l'accompagnement de la personne ou du groupe dans un processus de relation d'aide à court ou moyen terme.  

Les sexologues accompagnent les gens dans leur réflexion à propos de la sexualité, autant en lien avec leurs valeurs, leurs émotions, leurs réactions physiologiques, leur milieu socio-culturel et leurs connaissances. Mais quand on parle de "connaissances", il faut savoir qu'il existe plusieurs niveaux de connaissances en lien avec la sexualité. Il y a tout d'abord l'acquisition de connaissances cognitives à propos de la sexualité (le savoir). Ensuite, certains éléments plus "pratico-pratique" (savoir-faire) qui s'appliquent moins en sexualité humaines, car il n'existe pas une seule façon de vivre sa sexualité. Finalement, il s'agit d'apprendre à transférer ces connaissances à sa propre vie, de le faire en ayant une attitude appropriée, en étant à l'aise et en assumant sainement sa sexualité (savoir-être). Et une des problématiques est que le savoir-être est souvent négligé par plusieurs autres professionnels dans le cadre d'activités d'éducation à la sexualité

Par exemple, plusieurs professionnelLEs de la santé se limitent à donner certaines informations à propos de la sexualité: quels sont les moyens contraceptifs à ma disposition, comment fonctionne le cycle menstruel, quels sont les moyens d'éviter de contracter des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang), etc. Ces informations se limitent au savoir et à une partie du savoir-faire.

UnE sexologue ne s'arrêtera pas là, car une fois qu'une personne a appris à dérouler un condom sur une banane ou sur un godemiché en bois, est-ce que ça veut dire qu'elle l'utilisera lors de ses relations sexuelles?  Non.  UnE sexologue soulèvera les questions suivantes; de quelles façons puis-je négocier le port du condom avec mon ou ma partenaire? Comment est-ce que je me sens lorsque je sens que je dois négocier le port du condom? Quels sont mes gains, mais aussi mes pertes (ou les pertes appréhendées) à porter un condom? Quelles sont mes craintes? Peut-être que je suis capable de mettre un condom et d'avoir des relations sexuelles à moindre risque, mais... est-ce que je me sens prêt à avoir des relations sexuelles avec cette personne, que j'aille 15-25-35 ou 60 ans? Est-ce que j'ai envie d'avoir des relations sexuelles avec cette personne là? Au-delà du risque de transmission de maladies, est-ce que je me sens en sécurité avec cette personne là? Est-ce que je sens que je peux mettre mes limites en tout temps et qu'elles seront respectées? Est-ce que je me sentirai  à l'aise de nommer les choses que j'aime et celles que je n'aime pas lors de cette relation sexuelle avec cette personne? Etc! C'est dans le cadre d'activités d'éducations à la sexualité animées par des sexologues bacheliers que ces points seront soulevés.

Donc en résumé, il existe 3 catégories de sexologues, et parfois, unE sexologue porte plusieurs de ces chapeaux. Les clinicienNEs, les plus connuEs, travaillent en milieu privé, mais aussi parfois dans le milieux public et communautaire. Ils travaillent principalement avec des personnes seules ou des couples pour des consultations privées à propos de problèmes concernant leur sexualité. Les sexologues chercheurs, travaillant principalement à faire avancer les connaissances à propos de la sexualité. Finalement, les sexologues bachelieÈREs, la catégorie comprenant le plus grand nombre de sexologues, mais aussi la catégorie la moins connue (et reconnue) travaillent avec le grand public et les intervenantEs de divers horizons dans une approche d'éducation et de relation d'aide à court et moyen terme.

Vous avez des questions, commentaires, trucs nintendo ou vous désirez réagir? 

Exprimez-vous!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

mercredi 15 avril 2009

Actualité sportive en images?







À tous ceux qui ont un compte hotmail et qui tombent sur la page de sympatico lorsque vous vous déconnectez, avez-vous déjà porté attention aux images de "l'actualité sportive en images", du moins, à l'image que nous propose la page principale de sympatico?

La majorité du temps, quand je tombe dessus, la photo qu'on me propose en page principale n'est pas celle de sportifs à l'action, mais plutôt celle des "pitounes" entourant le sport en question. Que ce soit le dessous des jupes des cheerleaders en cocus (photo prise d'en dessous), des filles en petites tenues venant faire l'animation entre les manches-période-round-etc., ou encore mieux, celle de filles déguisées en bunny (effigie playboy) qui viennent gratter la patinoire!

Est-ce que les gens aimant le sport ne l'aiment pas suffisamment pour avoir envie d'aller voir des images sportives à un point tel qu'il faut utiliser des photos de filles levant la jambe pour les attiser?
Il ne s'agit pas ici de s'entendre sur "pour ou contre" les cheerleaders dans le sport ou de femmes pour animer ces messieurs (quoi que...), mais on nous annonce des images sportives et on ne nous présente d'office ces images. Le sport ne nous offre-t-il pas suffisamment d'images spectaculaires pour attirer notre attention?

Qu'en pensez-vous? Exprimez-vous!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

lundi 13 avril 2009

5e Congrès International Francophone sur l'agression sexuelle


Saviez-vous qu'aura lieu à Montréal, les 11-12 et 13 mai 2009, le 5e colloque international francophone sur l'agression sexuelle? Pendant 3 jours, plusieurs expert(e)s internationaux, mais aussi plusieurs expert(e)s Québécois(e)s feront des présentations. 

Voici quelques titres parmi les centaines de sujets qui seront abordés durant ces trois journée:

  • « Mon dieu !… Il sort demain ! »
  • Quand les contraintes judiciaires mettent à mal le respect et la liberté individuelle
  • Perceptions des jeunes quant aux agressions sexuelles : quand les limites sont sans cesse repoussées
  • L’enfant agressé sexuellement en contexte de violences conjugales
  • L’intervention auprès des couples où un conjoint a agressé sexuellement un enfant de sa famille
  • Impacts des récentes modifications législatives sur les poursuites en matière de crime à caractère sexuel
  • Agressions sexuelles et bande urbaine
  • Quand l’abus de pouvoir fait force d’inscription
  • Neuf agresseurs sexuels condamnés sur dix ne récidivent pas. Pourquoi ? Étude clinique de la non-récidive
  • Le paradoxe entre la confidentialité et la nécessité de la divulgation d’information dans le cadre de l’intervention auprès des enfants victimes d’abus sexuels au Québec
  • Interactions entre Internet et la sexualité des adolescents 

Et la bonne nouvelle pour les étudiant(e)s de l'UQAM? Au lieu de vous coûter 450$ pour les trois jours, ça va vous coûter.. gratisse!!!!  Oui oui! Profitez-en bien parce que j'aimerais beaucoup être étudiante à l'UQAM pour éviter ces frais! 

Bon congrès à toutes et à tous!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

samedi 11 avril 2009

Google Street view et votre vie privée?


Avez-vous entendu parler de Google street view? Il s'agit d'une nouvelle technologie proposée par Google. Vous souhaitez planifier un voyage dans une grande ville et vous souhaitez faire une visite virtuelle des petites rues que vous visiterez? Ce logiciel vous le permet!  Comment? Une voiture dotée d'une caméra filmant à 360 degrés déambule dans les rues des villes pour en capter toutes les images... incluant celles des gens y circulant. Google a pris soin de brouiller le visage des gens qui apparaissent sur les photos, mais est-ce suffisant pour assurer leur vie privée?

Plusieurs récits circulent à propos d'histoires d'adultère qui auraient éclaté au grand jour à cause de cette nouvelle technologie. Vérité? Canular? Difficile de le confirmer. Certains affirment qu'une personne n'ayant rien à cacher dans sa vie n'a pas à redouter d'être filmée et captée par ces caméras.

Saviez-vous que la cour suprême du Canada a statué qu'il s'agissait d'un argument inconstitutionnel? Personne, ni même la police d'ailleurs, ne peut utiliser cet argument pour vous demander de révéler des informations sur vous. Qu'on aille un éléphant de caché dans notre sous-sol ou un passé blanc comme neige, il nous revient à chacun de révéler les informations qui nous incombent (à moins d'un mandat de la police, mais ça, c'est une autre histoire!) Nous n'avons pas à prouver notre innocence, car nous sommes innocents jusqu'à preuve du contraire selon notre système de justice (à certaines exceptions, comme si nous conduisons une voiture ou si on nous accuse d'une infraction).

Mais si nous revenons à cette technologie, plusieurs questionnements éthiques se posent. Les exemples relatés traitent d'adultère, mais s'il s'agissait d'une personne qui s'apprête à entrer dans un sauna gai? Une personne n'a peut-être pas envie de crier sur tous les toits qu'elle est gaie. Il appartient à chaque personne de parler de son orientation sexuelle avec qui elle le souhaite, quand elle le souhaite et au moment qu'elle aura choisi.  Peut-être que cette personne ne se définit même pas comme homosexuelle, mais qu'elle a des activités sexuelles avec d'autres hommes de temps à autre. Cette même personne pourrait entrer dans un sex-shop (comme sur cette photo captée par le logiciel), dans un sauna hétérosexuel ou mixte! Est-il d'intérêt public de connaître les détails de l'intimité sexuelle des gens?

Le bill omnibus de Pierre Elliott Trudeau a statué que l'État n'avait pas à s'ingérer dans la chambre à coucher des Canadiens et des Canadiennes. Est-ce que des nouvelles technologies peuvent outre-passer cette loi?

On pourrait aussi se poser la question si on voyait une femme entrer dans une clinique d'avortement. Quelles pourraient être les conséquences pour cette femme d'être photographiée près de la clinique Morgentaler? Peut-être que cette femme appartient à une communauté religieuse qui la rejetterait si elle savait qu'une des leurs s'était fait avorter. Peut-être qu'il s'agit d'une jeune fille qui craint de se faire mettre à la porte de chez ses parents si ceux-ci l'apprennent.

Il existe beaucoup de "peut-être" concernant les impacts d'une technologie comme Google Street View, mais il est impossible pour la caméra de capter le vécu des gens pour connaître les dommages qu'elle peut causer et filtrer ses images en conséquence! C'est à nous de nous questionner sur les enjeux éthiques que ça comporte.

Qu'en pensez-vous? Exprimez-vous!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

jeudi 9 avril 2009

Lancement du magazine Authentik 2009




Aujourd'hui a eu lieu le lancement de la revue "Authenik" une revue faite pour et par les jeunes!

Depuis trois ans, les jeunes fréquentant la maison des jeunes Bordeaux-Cartierville participent activement à la rédaction d'un magazine qui leur ressemble! Après avoir parlé de "l'hypersexualisation" lors du premier numéro et des "agressions sexuelles" dans le deuxième, l'édition de cette année traite principalement de "l'amitié".

En plus du dossier spécial, on trouve aussi dans cette édition des articles sur les influences de la mode dans l'histoire, de l'obsession des poils au 21e siècle, de la publicité qui s'adresse aux jeunes, l'accès à l'éducation pour les filles dans le monde, l'homosexualité féminine à l'adolescence, les réseaux sociaux sur le web (facebook par exemple), la difficulté de parler de sexualité avec son ou sa  partenaire, de trucs mode et beauté, un courrier, une b.d., mais aussi le portrait de plusieurs femmes issues de milieux différents. 
L'objectif d'un magazine comme "Authentik"? Amener les jeunes à développer leur esprit critique en présentant les bons et les moins bons côtés d'un sujet, présenter des modèles diversifiés de femmes aux jeunes filles qui peuvent s'associer à ces modèles et diversifier leurs sources d'intérêt, contrairement aux revues traditionnelles pour jeunes filles qui abordent principalement des trucs mode et beauté visant à séduire les garçons, principalement en tentant d'utiliser la séduction sexuelle. 

En plus d'aborder plusieurs facettes de la sexualité, Authentik est supervisé par, entre autres, deux sexologues et une stagiaire en sexologie!  
Vous travaillez dans un milieu jeunesse? Cette revue est absolument gratuite! Vous pouvez contacter Geneviève Morand, rédactrice en chef, au 514-661-6099 pour vous en procurer ou aller au Uniprix le plus près de chez vous qui distribuera le magazine très prochainement. Pour plus d'informations, voici le site web: www.magauthentik.com
Bonne lecture!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

mercredi 8 avril 2009

Le viol, la libido et la prostitution?


Aujourd'hui je faisais des recherches pour trouver qui étaient ces "voca people", groupe de huit personnes qui, avec leur voix, font des medley (très mauvaise explication ici, qui n'a aucun lien avec la sexo, mais ça vaut la peine d'aller voir sur "you tube" leur excellent numéro ). 


Comme ils n'ont pas de site web, j'ai cherché pendant un bon moment et je suis tombée sur l'annonce du nouveau spectacle de Mel B. (ex. Spice Girl) qui s'intitule "Peep show". Sous une des vidéos présentant un extrait de son spectacle érotico-burlesque l'amenant à se dénuder tout en chantant, plusieurs personnes ont inscrit des commentaires, dont plusieurs injuriant la chanteuse de "pute". 

Au-delà de mon appréciation personnelle de la performance, de la pertinence d'un tel spectacle, de la possible chirurgie esthétique de la chanteuse ou de la nature pornographique du spectacle, un commentaire m'a particulièrement interpellé. 

"Heureusement qu'il y a des putes (ne faisant pas référence à la chanteuse dans le contexte), parce qu'il  aurait un nombre hallucinant de viols de femmes sinon"...

Si on fait fi du discours "Pour ou contre la prostitution/le travail du sexe" ou de sa légalisation, est-ce que l'existence de la prostitution serait justifiée par un besoin des hommes (avec un petit h) de vider leur trop plein d'énergie sexuelle, car celle-ci est incontrôlable? Que cette libido se doit d'être assouvie et que si une prostituée n'est pas disponible, un viol est inévitable?

Une autre question me vient suite à ce commentaire; est-ce qu'une femme qui se prostitue est dénuée de son essence? Est-ce que cela voudrait dire qu'une prostituée ne peut être violée?

Et vous? Qu'en pensez-vous? Exprimez-vous!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

mardi 7 avril 2009

Une nouvelle vitrine!


Bonjour à tous et à toutes!

Bonne nouvelle! Moi qui souhaitais explorer l'écriture tout en traitant de sexologie et de sexualité, je viens de me faire proposer d'être journaliste pour "sexologie magazine", un magazine web vulgarisant la sexualité et ses diverses dimensions. C'est un honneur puisque je serai la première sexologue canadienne-Québécoise participant à ce site, les autres étant des Européens-Européennes.

Je réfléchis encore à mon premier sujet d'article; si vous avez des suggestions, n'hésitez pas à me les faire parvenir! 

Mon objectif est de faire paraître un premier article pour le mois de mai. D'ici là, je vous invite à jeter un coup d'oeil: www.sexologie-magazine.com

À bientôt!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante