mercredi 28 avril 2010

Quelle est la différence entre l'abstinence et la continence?


Bon.... Je vous ai vu là derrière en train de rigoler! Allez-y! Faites-les toutes vos blagues scatologiques qu'on puisse passer aux choses sérieuses! ;-)

Blagues à part, on entend souvent parler de l'abstinence, mais très peu de la continence en lien avec la sexualité.

Lorsqu'on parle d'abstinence, on l'associe encore beaucoup à la chasteté. Dans cette optique, l'abstinence consisterait à se priver volontairement d'avoir une activité sexuelle associée à un principe religieux. Bref, on associe souvent l'abstinence à un choix imposé et non à un choix éclairé.

Mais qu'advient-il des personnes qui souhaitent repousser le moment des activités sexuelles avec un.e partenaire? C'est ici qu'entre en jeu la continence, car c'est exactement ce qu'elle définit! En effet, lorsque Lady Gaga invite les jeunes à prendre leur temps avant d'avoir des relations sexuelles et que d'attendre avant de connaître la personne pour avoir des relations sexuelles, c'est correct (voir l'extrait ici), elle parle d'avantage de la continence et que de l'abstinence.

Mais quel est le principal problème avec la continence? SON NOM! En effet, ça manque de poésie un peu cette histoire! Vous n'auriez pas un nouveau nom à nous proposer?

Allez hop le nouveau concours! Nommez-nous une nouvelle façon de parler du fait d'attendre avant d'avoir des relations sexuelles avec une personne!

Bonne réflexion!

12 commentaires:

Anne Archet a dit…

Sexologie à part, si on s'en tient à la seule langue française, abstinence et continence sont synonymes.

Continence: Abstention volontaire de tout plaisir charnel. Vivre dans la continence.

Abstinence: Action de se priver de certains aliments, de certains plaisirs. Abstinence sexuelle.

Quant à la chasteté, elle est définie comme «l'abstinence sexuelle, notamment quand elle est imposée par une morale.» Notamment, et pas uniquement. Mais bien sincèrement, qu'est-ce qui nous déciderait d'être abstinente à part une morale?

Je suggère donc, pour rendre l'abstinence sexy, de l'appeler le «super ultime über plaisir de laisser ses organes sexuels en mode de veille, tsé man».

Sophie sexologue a dit…

@ Anne: lol! Très drôle la nouvelle appellation! :-)

Et pour ce qui est de la différenciation (ou l'absence de différenciation) que vous faites, peu-être qu'on niveau liguistique c'est le cas.

Je tire ma différenciation sur une thèse de maîtrise qu'a fait Suzie Matteau en sexologie où elle a davantage distingué les deux concepts dans le cadre de son travail de thèse. En effet, il y a plusieurs années, la commission scolaire anglophone de Montréal lui avait demandé de traduire un programme états-uniens d'éducation à la sexualité qui pronait l'abstinence pour l'appliquer dans des écoles montréalaises. Elle a donc traduit et adapté le programme pour amener cette différenciation qui, a mon sens, est assez importante dans la notion de "Mon coprs m'apartient" et "je suis libre de mes choix".

Voilà!

Anne Archet a dit…

Ah, ces thésards, toujours à plier le vocabulaire dans le sens qui les convient.

Les catholiques disent aussi «je suis libre de mes choix»; après tout, ils croient au libre-arbitre et c'est pour ça qu'ils exigent de nous la force morale de dire non aux relations sexuelles — et aussi à la masturbation. Pas surprenant que les cathos sont de si désagréable compagnie.

Anne Archet a dit…

Quoi qu'il en soit, je ne crois pas qu'il faille faire la promotion de l'abstinence ou de la continence auprès des ados. Parce qu'on ne fait pas (avec raison) la promotion d'une quelconque pratique sexuelle spécifique, ça voudrait dire que la continence est moralement supérieure à une sexualité active parce qu'elle est recommandée par les autorités compétentes et patentées.

Si on les rassurait simplement sur la normalité de leurs désirs, ce serait déjà le paradis.

Mr-Pink a dit…

Pour avoir fait des études sur le 19e siècle, dans la société anglaise et américaine, on appelait "pratiquer la contience" le fait de ne pas avoir de relations sexuelles trop souvent quand on était marié (genre, en avoir seulement pour avoir des enfants et pour "honnorer l'institution du mariage", bref, avoir des relations sexuelles sans pulsion), ou de retarder le moment avant d'en avoir ou de ne pas en avoir pentoute. C'était juste le mot "contience" qui était utilisé.

Sophie sexologue a dit…

@ Mr-Pink: merci pour cette leçon d'histoire! :-)

@ Anne: Dans le métier de sexologue, on doit souvent rassurer les jeunes et les moins jeunes à propos de leurs peurs et de leurs craintes.En ce qui concerne les jeunes, je cois qu'il est important de parler de la continence/abstinence selon le nom qu'on lui donne. Il ne s'agit pas de dicter une ligne de conduite à suivre, mais de nommer qu'ils ne sont pas obliger de vivre la pression d'avoir des relations sexuelles le plus rapidement possible.

D'ailleurs, il en est de même pour les adultes. Ceux-ci ont souvent l'impression qu'une fois qu'ils ont eu leur première relation sexuelle, ils et elles devront rapidement passer à l'intimité érotique avec tous leurs autres futurs partenaires et je crois que dans cette société qui se dit libre, il faut aussi avoir la liberté de dire non et de sentir qu'on peut attendre.

Et pour ce qui est de la religion, je ne partage pas ton opinion. J'ai eu des conversations très intéressantes avec des personnes catholiques pratiquantes. Je crois qu'il faut éviter de généraliser et de mettre tout le monde dans le même panier. Si je peux citer un seul exemple à ce sujet, je parlerai d'une discussion que j'ai eu avec un prêtres qui a assisté à une formation sur l'intervention adéquate à avoir auprès d'un enfant qui fait un dévoilement d'une situation d'agression sexuelle que j'ai donné aux moniteurs du patro gérer par sa congrégation.

Il me confiait qu'il aurait beaucoup aimé avoir eu ce genre de formation du temps où il enseignait au collège. Il s'est montré très ouvert à discuter avec moi à ce sujet.

Comme quoi il y a du bon et du mauvais dans tout!

Anne Archet a dit…

J'ai moi aussi déjà rencontré des curés cools. J'ai aussi déjà discuté avec un imam rigolo comme tout. Ça ne change rien à la position de leur religion respective quant aux femmes et à la sexualité.

Anecdote: j'ai déjà demandé à un prêtre, un ami du mari de ma mère, ce qu'il pensait de l'homosexualité, de la masturbation et de la contraception. Pour lui, ce n'était pas des choses condamnables. Je lui ai alors demandé si c'était la position officielle de son Église, et il m'a dit que non, évidemment. Je lui ai finalement demandé ce qu'il devait prêcher, ses convictions personnelles ou ce que le pape l'obligeait à croire. Il n'a pas osé répondre.

Voilà tout le drame des croyants libéraux et des modernistes des religions monothéistes: ils ne peuvent l'être sans renier en partie leur foi ou heurter de front leur hiérarchie.

Il y a du bon et du mauvais dans tout, mais pour trouver du bon dans les religions, il faut faire beaucoup d'efforts.

Sophie sexologue a dit…

@ Anne: Je réagissais à la phrase suivante "Pas surprenant que les cathos sont de si désagréable compagnie" avec laquelle je ne suis pas d'accord

Kevin Zaak a dit…

Plutôt en accord avec Anne Archet. En parler : oui. Mais en faire la promotion, ce serait curieux.

Et pourquoi en parler spécifiquement aux ados ? Ils ne vivent pas en vase clos. La continence est une notion qui n'existe à peu près pas et dont on ne parle pratiquement jamais dans nos sociétés.

Sophie sexologue a dit…

@Keven Zaak: Comme je le spécifais un peu plus haut, je ne crois pas qu'il faille se limiter à offrir ce choix aux ados (j'ai bien dis choix ici).

Mais il ne faut pas se leurer: l'endroit le plus accessible pour faire de l'éducation à la sexualité, reste auprès d'une clientèle adolescente.

Malgré que j'aimerais beaucoup pouvoir m'adresser à une clientèle adulte, il y a peu (je dis "peu pour être optimiste, mais il faudrait plus dire "pas") de financement pour des projets qui s'adressent aux adultes en sensibilisation ou en éducation à la sexualité. Il me faudrait trouver un mécène pour être en mesure de monter un tel projet!

Vous ne vous cherchez pas une cause à financer par hasard? ;-)

Anonyme a dit…

Pourquoi dites-vous que l'abstinence n'est pas un choix éclairé ? C'est totalement faux ! Visiblement, vous n'êtes pas une spécialiste du sexe vu par les religions. Encore quelqu'un qui parle sans savoir. Combien de fois avez-vous professionnellement parlé à un religieux abstinent ?

Sophie Sexologue a dit…

@Anonyme: Vous avez raison. J'aurais plutôt du dire que l'abstinence est un choix religieux. Pour les adultes qui la pratique, c'est souvent un choix éclairé. Mais je crois qu'on impose ce choix à plusieurs adolescentEs.