lundi 1 novembre 2010

Droit, éthique et violence sexuelle, ou quand le jugement manque à l'appel

L'Halloween, c'est la veille de la fête des Morts et la nuit où les fantômes reviennent nous hanter. C'est aussi la journée où petits et grands personnifient toute sorte de personnages macabres et en profitent pour donner la frousse à leur entourage!

Mais certaines personnes n'attendent pas l'Halloween pour se donner la frousse ou pour écouter des films d'horreur. Certain(e)s de ces personnes se contentent d'être spectatrices alors que d'autres souhaitent passer à l'action en produisant du matériel d'horreur. C'est le cas de Rémy Couture, un passionné qui vit de son art en produisant des effets spéciaux pour des petites et grosses productions cinématographiques. Et à temps perdu, il a aussi créé un site Web qui se veut "le journal intime d'un tueur en série".

Présenté comme ça, ça semble une bonne idée pour un artiste de l'horreur; ce site lui permet de présenter son travail concrètement et lui sert de carte de visite et de porte-folio pour ses éventuels client(e)s. Mais il y a un mais...

L'équipe des Francs-Tireurs a produit un reportage la semaine dernière couvrant cette situation. Pourquoi? Parce que Rémy Couture a été arrêté pour "corruption des moeurs" et pour "production de matériel obscène".  Je vous le dis tout de suite; il est inutile de faire une recherche sur le Web pour voir le matériel de Couture; le site Web a été retiré de la toile. Par contre, vous pourrez voir des extraits dans le reportage des Francs-Tireurs ici.

Quels sont les enjeux présents dans cette situation? La liberté d'expression (de l'artiste et de son art) vs la perturbation de la société québécoise (ou perturbation des moeurs).

Bon, je sais que les mots "moeurs" et "moral" n'ont pas bonne presse et nous donnent l'impression qu'on recule dans les années 50 ou encore dans un contexte judéo-chrétien strict où on n'a jamais le droit de ne rien faire. Mais avant de choisir votre camp, laissez-moi poursuivre.

De façon abstraite, j'étais la première à me dire "il me semble que c'est intense cette histoire d'arrestation pour la production de matériel d'horreur"... Mais quand j'ai vu les images, je me suis plutôt dit :" Wooo... il me semble que c'est vraiment intense ces images-là...". Quelles sont ces images? Des images très réalistes filmées un peu à la "Blair witch projets" présentant un psychopathe sadique tuant et souillant ses victimes. Dans les quelques images que j'ai vues (et j'en ai vu bien assez, pour ne pas dire trop...), on voit des femmes et des enfants se faire kidnapper, attacher, torturer, découper et... violer. Et dans le seul but de montrer des femmes et des enfants se faire kidnapper, attacher, torturer, découper et... violer. Et j'ai mis "violer" à la fin de l'énumération exprès, car les viols (où la masturbation du tueur en série) ont lieu sur les cadavres (de ce que j'ai vu en tout cas).

Il ne s'agit pas de scènes qui ont pour objectif de contextualiser une situation, comme la scène de viol épouvantable et interminable dans le film "irréversible". Malgré que j'aille détesté "irréversible" et que je ne l'ai pas écouté en entier, ce film évoquait quelque chose; la scène de viol avait pour objectif de faire réfléchir les téléspectateur(trice) au contexte et à la perception des gens entourant l'agression sexuelle.

Mais dans les films de Couture, nous n'avons que les scènes d'horreur et d'érotisation d'une violence extrême. Point.

Vous souvenez-vous de vos cours de philo? Moi je me souviens de celui où on nous a présenté "l'éthique kantienne". En résumé, notre prof nous avait expliqué que les individus dans la société pouvaient avoir différents niveaux de motivation pour poser des actions qui avaient un impact sur la société. Sur une échelle de 1 à 6, l'attitude "la loi c'est la loi" était la 3e. Pour en arriver à la 6e (soit celle qui était souhaitable), une personne devait poser des gestes en fonction du mieux-être pour elle, pour les autres et pour l'ensemble de la société. Cette attitude correspond à ce qu'un "comportement éthique" est.

Est-ce que la circulation de matériel comme celui de Rémy Couture est souhaitable pour lui, pour l'autre et pour l'ensemble de la collectivité? Je répondrais "Parfois", "ça dépend" et "non".

"Parfois", car avant d'être arrêté, Rémy Couture faisait la promotion de son talent artistique par le biais de ce site. Mais c'est aussi ce site qui l'a fait arrêter...


"Ça dépend", car "l'autre", ça peut être les accros aux films d'horreur, mais aussi toutes les personnes qui ont pu voir ces images (parents, victimes d'agression sexuelle, enfants, etc.). Et au sujet des accros aux films d'horreur, je souhaite souligner que le président de SPASM, Jarrett Mann, a confié au journaliste Richard Martineau qu'un seul film de Rémy Couture a été accepté à leur festival de films d'horreur. Ce film a été présenté un an après sa soumission, car le comité de sélection considérait que le contenu du film était très intense. Et finalement, lors de la présentation dudit film au festival SPASM, celui-ci a été hué (seul film qui a été hué) et plusieurs personnes sont sorties de la salle; et ces personnes sont des mordues de l'horreur.

"Non", car je crois que la société n'a rien à gagner qu'on banalise et qu'on érotisation la violence. Et tous les "oui, mais lui aussi le fait!" ou "on voit pire ailleurs" n'ont rien à y voir. Jarrett Mann amenait un point de vue très intéressant sur le sujet. Il disait "Si on accepte "le journal intime d'un tueur en série", on devra aussi accepter "le journal intime d'un pédophile" ou "le journal intime d'une personne raciste" et toutes les images qui vont avec"(je paraphrase). Est-ce réellement souhaitable pour la société? Non, pas du tout.

À mon sens, tous les êtres humains devraient poser des actions dans un sens éthique et non pas dans un sens de "la loi c'est la loi" et se cacher derrière "j'ai le droit". 

Ça me frustre qu'on nous sorte "la liberté d'expression" et "la liberté de création" dans ce dossier. Est-ce que quelqu'un est en mesure de m'expliquer qu'est-ce que des représentations de violence sordide  expriment?  Je suis peut-être bête, mais je ne vois pas en quoi c'est sensé exprimer quelque chose.

Je trouve que ce discours stérile est le même que celui que nous servent les créateurs de mode qui nous disent que leurs vêtements "tombent mieux" sur des femmes de 2 mètres pesant 100 livres en se foutant des impacts que ça a sur les femmes en général et sur les mannequins en particulier.

S'il n'y avait pas d'êtres humains, il n'y aurait pas d'art. On ne peut donc pas faire fit des sentiments humains au nom de l'art.

Pour moi, la violence sexuelle est inacceptable; qu'elle soit réelle ou simulée. La violence sexuelle réelle fait des victimes tous les jours. La promotion de matériel de violence sexuelle fictive banalise la violence sexuelle réelle et cristallise les pensées des personnes qui ont des comportements violents dans leur sexualité en "validant" leurs comportements (je le mets entre guillemets, car le trajet pour se rendre à ce point est plus long, mais au bout de la ligne, c'est la conclusion que tirerait n'importe quel intervenant travaillant en délinquance sexuelle).   Et je ne dis pas ça parce que je suis bête et que je ne sais pas faire la différence entre la réalité et la fiction; je comprends très bien la différence, mais je suis contre cette violence, point.

Est-ce que Rémy Couture devrait être acquitté ou condamné pour cette action? J'ai envie de vous dire que je m'en fou. Car je ne crois pas que ça conscientisera réellement cette personne, ni toutes les personnes qui partagent son point de vue. Bien sûr, ça créera une jurisprudence, mais si les gens ne croient pas à l'importance de ne pas banaliser la violence sexuelle, ils chercheront à contourner le règlement et ne prendront pas conscience de leurs actions. J'espère néanmoins que le procès amènera une partie de la société à réfléchir sur le problème de fond qu'amène la banalisation de la violence sexuelle; ce sera toujours ça de gagné!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante

27 commentaires:

Noisette Sociale a dit…

Je suis contente de voir que quelqu'un en a parlé de cette façon parce que ça me dérange grandement cette histoire-là depuis que j'ai vu une partie du reportage des Francs-Tireurs. (Honnêtement, je n'ai pas tenu jusqu'à la fin parce que les images me dérangeaient beaucoup trop.)

Au début de cette histoire, avec ce qu'on en rapportait dans les médias et sur la toile, j'étais portée également à être du côté de "l'artiste" et de la sacro-sainte liberté d'expression.

J'ai changé d'avis après avoir vu les images un peu trop réalistes de filles violées aux organes génitaux mutilés dans une violence extrême.

Je ne vois pas du tout l'utilité de cet "art". Car je n'ai pas ressenti que ces représentations dénonçaient quoi que ce soit.

À savoir s'il mérite d'être condamné, je n'ose pas me prononcer. Mais je n'en ai rien à cirer.

Il y a clairement quelque chose de malsain dans tout ça...

Marie Gauthier a dit…

Merci bcp de partager ce texte avec nous. Texte avec lequel je suis d'accord à 100 %. Pourquoi banaliser et tolérer la violence sexuelle et la promouvoir, faisant ainsi en sorte qu'elle devienne de plus en plus présente, gratuite et ensuite il n'y a qu'un pas vers la légitimité?

Rémy Fx a dit…

Bonjour Sophie,

suite à la lecture de votre texte concernant mon dossier, j'aimerais vous faire part d'une lettre d'appui à ma cause qui résume très bien ma façon de voir les choses ainsi que remettre un peu d'ordre dans tout ce débat qui prend une proportion énorme et qui aurait dû tant qu'à moi, cesser uniquement avec un avertissement et une demande de renforcir la sécurité de mon site.

Je comprends très bien votre point de vue car il illustre ce que bien des gens croient et pensent.
Cependant, sachant qu'il y a plus de 1700 dossiers d'agressions sexuelles non traitées faute de ressource selon le syndicat de la SPVM, il est aberrant de voir que les ressources sont utilisé sur un 'crime' fictif ! On se demande où sont les priorités dans notre société.

Il serait simpliste de croire que le but de mon travail était basé sur la provocation ou encore la promotion de la violence.
L’objectif premier n’étant pas de provoquer mais plutôt de reproduire sous forme visuelle... le plus réaliste possible l’univers sordide d’un psychopathe et du même coup, démontrer mes talents en maquillage FX. Le travail est choquant certes car cette réalité existe et est choquante.
Elle provoque certes car elle est incompréhensible et répugnante.
J'ai réussis à travers mon art d’atteindre cet objectif, celui de reproduire de façon réaliste un univers existant et qui donne à tous des sueurs froides dans le dos, surtout lorsque l’on sait que malheureusement ces choses arrivent pour vrai.
Maintenant, est-ce criminel ? Ça sera à la Justice de trancher la question.

En aucun cas je banalise la violence ou encore les agressions sexuelles, les scénarios sont extrêmes et très difficile, preuve qu'il n'y a pas de place à banaliser la violence.
Pour moi ce qui devient banal, c'est lorsqu'on introduit l'humour à la violence, lorsqu'on voit une personne se faire trancher la tête le tout dans un contexte humoristique, ÇA c'est banaliser la violence car on rit à voir un homme ou une femme se faire démembrer.
Dans mon travail, jamais je n'ai voulu détendre l'atmosphère avec l'humour.



Merci

Rémy

Rémy Fx a dit…

LETTRE OUVERTE DE MAURICE DEVEREAUX À L’APPUI DE RÉMI COUTURE

Pour commencer je veux clarifier que je ne connais pas personnellement Rémi Couture. Je n’ai aucune opinion sur lui, ou sur sa vie personnelle, Il peut être un très bon gars ou un skinhead raciste violent, je n’en ai aucune idée, mais ceci n’a aucune incidence, sur le cas dont je veux parler.

Je viens de visionner l’interview de Rémi Couture dans l’émission TV des Francs-Tireurs.

Rémi Couture est un maquilleur d’effets spéciaux qui est en cour criminelle après avoir été arrêté par la police pour avoir réalisé des films de fiction d’horreurs et un site web rempli d’images sanglantes, selon une loi obscure (code 163) de corruption des mœurs et d’obscénités.

Un extrait de cette loi :
"commet une infraction quiconque produit, imprime, publie, distribue, vend, ou a en sa possession aux fins de publier, distribuer ou mettre en circulation, une histoire illustrée de crime..." Selon le Code criminel, une histoire illustrée de crime "s'entend d'un magazine, périodique ou livre comprenant, exclusivement ou pour une grande part, de la matière qui représente, au moyen d'illustrations, la perpétration de crimes, réels ou fictifs."

Malheureusement pour Rémi Couture, si on se fie aux commentaires de Jarrett Mann président du festival SPASM (qui a déjà montré plein de films d’horreurs) interviewé dans le cadre de l’émission des Francs-Tireurs, ça sera de très mauvais augure pour le procès éventuel de Rémi devant jury.

Car si Jarrett Mann est dérangé par les œuvres de Rémi Couture et le défend avec certaines réserves, il est facile de croire que des personnes plus âgées, des parents et des grands-parents qui formeront le jury et qui n’ont peut-être jamais vu un film d’horreur extrême de leurs vies, seront encore plus choqués et le condamneront sans retenue.

Car si la question qui est présentée au jury est : Est-ce que vous considérez ces films obscènes? J’ai bien peur que le jury va dire oui et le trouver coupable...

Rémy Fx a dit…

suite...

Car malheureusement, l’horreur, comme la pornographie, suscite souvent pour les gens la réaction suivante…Si MOI je n’aime pas ça, c’est dégeulasse et je préfère que ça n’existe pas et ça ne me dérange pas qu’on l’interdît.

Mais il faut aussi défendre ce qu’on n’aime pas, car sinon un jour, c’est ce qu’on aime qui sera attaqué aussi. Et par après, nous-même….

Et bien sure, je ne parle pas ici de porno avec des enfants ou de vrai crime. Il n’y a personne qui défend cela.

Mais on doit être capable d’utiliser du bon sens pour voir la différence entre la réalité et des œuvres de fiction. Il n’y a eu aucune victime dans le travail de Rémi, ce sont tous des comédiens.

Ce qui est ironique et triste dans la réaction de Jarrett Mann, c’est qu’il (comme la plupart des gens) ne comprend pas l’énorme enjeu que cette loi représente.

Car dans son cas, plusieurs films qu’il a déjà montré au festival Spasm, dont celui de Rémi Couture, pourrait aussi le faire condamner à son tour par même cette même loi 163 et qu’il serait passible de la même sentence que Rémi Couture, car il les a diffusés!

Car d’après cette loi, ce n’est pas seulement celui qui a créé l’œuvre qui est coupable du crime mais aussi celui qui la diffuse.

Donc poussé à son paroxysme, avec cette fameuse loi 163, on pourrait aussi me mettre en prison, ainsi que plusieurs autres artistes du Québec, du Canada, et du monde entier qui ont fait des œuvres avec des scènes de violences fictives, que ce soit pour des films, livres, peintures, bande dessinée ou autres.

Est-ce que les images et les films de Rémi Couture sont choquants…Oui.
Est-ce que j’aiment ces films…Non.
Mais devrait t-il avoir le droit de les faire…Oui.

Mon opinion (et celle des autres) sur la qualité ou la pertinence artistiques de ces films n’est pas et ne devrait pas être importante, cela n’est pas le débat en question...

Rémy Fx a dit…

suite...

Car dans un sens plus large, il y a des milliers d’autres films facilement disponibles qui pourraient et ont choqué du monde, même des vieux classiques comme PSYCHOSE , LAST HOUSE ON THE LEFT et L’EXORCISTE.

Au yeux de la loi 163, Alfred Hitchcock, Wes Craven et William Friedkin auraient été coupables d’obscénités.

Donc de quoi parle t-on vraiment? De quantité de faux sang? De combinaisons de nudité + sexe + sang? Qui rend les œuvres de Rémi Coutures obscène et criminelle. Et plus important qui décide de ce qui est obscène?

Car n’oublions pas qu’on parle d’opinions sur une œuvre fictive et non pas d’un vrai crime avec des vraies victimes.

C’est certain que Rémi Couture est aussi victime de préjugés par son apparence punk (tatouages, piercings, mohawk) et de son anonymat, car si des gens avec de grosses réputations, de gros budget et de la renommé avait fait les mêmes œuvres, ils ne seraient pas devant la justice. Car si David Cronenberg, Wes Craven, Eli Roth ou même Michael Haneke avait décidé de faire une œuvre sombre et dégoûtante sur la vie et les fantasmes d’un tueur en séries, sans aucune concession…On pourrait ne pas aimer l’œuvre en question, mais ils ne seraient pas traduits en justice.

Du côté littéraire, Stephen King, Brett Easton Ellis et ici au Québec, Patrick Senécal sont aussi aller très loin dans leurs descriptions de meurtres, viols, inceste et autres actes épouvantables qui seraient aussi considérés obscènes selon cette loi.

Je le répète une fois pour toutes, toutes les comédiens, comédiennes, adultes et enfant qui ont participé dans les œuvres de Rémi Couture n’ont subi aucun mauvais traitement. Donc nous sommes clairement dans le domaine d’un crime sans vraies victimes, mais des victimes possibles (enfants ou autres) qui auraient pu tomber sur son site par erreur et être traumatisé (et cela hyphotétiquement) car il n’y a aucune victime dans ce dossier. Seulement la police qui accuse...

Rémy Fx a dit…

suite et fin..

L’être humain n’a jamais eu besoin de films d’horreur pour être violent, l’inquisition n’a pas été inspirée par le film SAW, mais par la religion.

D’ailleurs la Bible regorge d’histoires de meurtres (même d’enfants), de viol, d’inceste et d’atrocités que si on les mettait en images de façon réaliste dans un film, on pourrait être condamné par cette même loi qui attaque Rémi Couture.

Absurde non?

Parlant de la bible, je ne peux m’empêcher de voir un lien entre cette loi désuète et la religion et ses idées du blasphème par rapport aux arts et la liberté d’expression.

Car on se rapproche dangereusement des excès des pouvoirs de la religion si comme société, on entre des opinions de moralité personnelle pour criminaliser une œuvre de fiction en décidant si elle est, oui ou non, obscène et criminelle?

En 2010, c’est un non-sens pour une société évoluée.

Car n’oublions pas qu’aux yeux des millions de personnes à travers le monde, notre propre culture et pleins de nos actions et habitudes de mode de vie sont considérées blasphématoire et obscène et seraient criminelles.

Condamné Rémi Couture pour avoir fait des films et des photos d’horreurs de fiction seraient une honte pour notre société, et j’ai très peur d’avoir honte quand le jugement se fera entendre bientôt.

Ça me rassure que plusieurs personnes du domaine du cinéma au Québec appuie Rémi Couture, tel que Robert Morin, Patrick Senécal, Éric Tessier, Simon-Olivier Fecteau, et Julien Poulin. Je me joint humblement à eux.

Signé,
Maurice Devereaux
Cinéaste

Rémy Fx a dit…

Un dernier point important, vous savez, beaucoup de gens traite sur le sujet des tueurs en série, au cinéma comme en littérature ou dans la musique.
On ne peut prétendre qu'une personne traitant sur le sujet cache une déviance quelconque, sinon que dire de Stephan King, Patrick Sénécale ou encore que dire des acteurs qui incarnent les rôle de tueurs en série tel que Jason ( vendredi 13 ) ou Michael Mayers ( Halloween) durant plusieurs années ? Dirons-nous qu'ils transposent leurs fantasmes déviants aux travers leurs personnages fictifs ? Pensons à tous les groupes de musique violent, des jeux vidéo et l'industrie de l'horreur au grand complet qui génère des millions de profit chaque année, sans oublier les consommateurs.

Pour ceux et celles croyant qu'il faut être dérangé pour faire cette forme d'art, alors que dire des femmes qui se portent volontaire pour incarner une victime?
Dirons nous qu'elles ont un fantasme bien caché de se faire torturer,violer et tuer ? Franchement !
N'oublions pas ceux derrière la caméra, les assistant(e)s, éclairagistes ........

Vous savez, reproduire un comportement déviant à travers l'art ne fait pas de nous une personne déviante, nous nous inspirons du comportement le plus sordide qui habite certain individu et nous l'appliquons sous différent médium.
Montrer cette réalité sous forme fictive est-elle rendu criminel et illégal ?
si vous répondez oui, pourquoi donc ?
est-ce parce qu’elle réveille en nous un dégoût profond que nous sommes incapable d'assumer ou est-ce qu'elle réveille un désir profond de voyeurisme que nous tenons mal à refouler ?

Rémy Fx a dit…

Pourquoi certaine scène avait une connotation sexuelle ?
il faut comprendre que la plupart des tueurs en série sont des hommes et leurs victimes étant des femmes. La déviance sexuelle est souvent le premier symptôme qui pousse un individu dérangé à commettre des crimes. Rares sont les tueurs en série qui n'avaient pas un comportement sexuel déviant envers leurs victimes, que ce soit durant l'acte du crime ou encore après. Le motif est presque toujours relié à la domination sexuelle. Dans le passé, l'on a déjà vu des tueurs en série tuant presque toujours des hommes. Ces meurtriers étaient généralement des homosexuels ou encore des hétérosexuels ayant une orientation homosexuelle très refoulée. Jeffrey Dahmer et John wayne gacy en sont 2 exemples.

Un enfant qui tombe par malheur sur mon site, ses parents peuvent très bien expliquer à leurs enfant que rien n'est vrai, que tout est faux, le sang est du sirop de maïs coloré et les plaies sont fait avec du latex...
Un enfant qui tombe par malheur sur un site où l'on voit des gens avoir des rapports sexuelles avec des animaux, je me demande comment un parent peut expliquer ça à son enfant, pourtant la Bestialité est accepté dans notre société puisqu'on peut avoir accès facilement à ce type de contenu sur le net.
Je trouve personnellement plus troublant de voir des humains baiser des animaux légalement que de voir des adultes consentants reproduire des scènes de crime fictives.


Pour finir, un psychologue prétend que mon matériel cause préjudice à la société,

je trouve encore plus nuisible de réintégrer dans la société des prédateurs sexuelles qui risque de récidiver à tout moment que de voir des scènes de crime fictives.

merci

Jérôme a dit…

Bonjour Sophie,

quel échange intéressant!

mon commentaire s'adresse à Rémi, et ne vise surtout pas à amener une réponse, mais plutôt à poser la bonne question!

Je pense que vous mélangez des arguments. Pour défendre votre position, vous devriez éviter de comparer vos oeuvres avec des crimes, par exemple: de dire que ce que vous faites est moins pire pour la société que de remettre en liberté, en soi-disant réhabilitation, des prédateurs sexuels. En effet, le fait que ça soit "moins grave" ne rend pas un geste plus acceptable. Le fait qu'il y ait plein de dossier d'agression sexuelle en attente au SPVM, ou encore que l'Église ait commis des crimes encore plus abominables non plus...

Par ailleurs, je ne pense pas que n'importe quoi puisse être diffusé en tant que représentation artistique de ce qui existe. Je ne prétends surtout pas que ce que vous faites sois "n'importe quoi", mais je pense que, comme artiste(au même titre que n'importe quelle personne qui diffuse un message), vous avez une certaine forme de responsabilité envers la société. Cette responsabilité doit prendre en compte plus d'un angle, pas juste celui de la créativité ou de la liberté d'expression.

À titre d'exemple, est-ce qu'un artiste pourrait peindre une toile représentant explicitement le viol d'un enfant ? Le pourrait-il si c'était plutôt suggéré? Est-ce que ça serait plus propice dans certains contextes? De façon générale, la société québécoise me semble être très claire sur ce sujet: si des enfants sont impliqués, c'est non, quelle qu'en soit les justifications (artistiques ou autres).


Dans votre situation, et là, je ne prétends vraiment pas apporter la réponse, la question n'est pas de savoir si c'est mieux ou pire que d'autres choses, si c'est de la liberté d'expression ou non, si c'est de l'art ou non, etc. En fait, c'est tout ça ensemble et encore plus.

Et, contrairement à la lettre que vous présentez, je ne crois pas qu'être une société évoluée, c'est de faire tomber toutes la limites, c'est, au contraire, de mettre les bonnes limites au bon endroit!

En terminant, j'espère que vous aurez bien compris que je ne prends pas position par rapport à votre oeuvre, mais bien par rapport au sujet du débat. Selon moi, les deux questions que nous devons nous poser comme société (à ce sujet comme au sujet d'un paquet d'autres enjeux) sont: souhaitons-nous établir des limites, si oui, où est-ce qu'on les mets.

Je vous souhaite que ce débat soit honnête, sincère et productif!

Jérôme

Jérôme a dit…

Re-Bonjour Sophie

et re-bonjour Rémi.

Curieusement, mon commentaire précédent m'a auto-fait réfléchir. J'aimerais poser d'autres questions à Rémi, non pas dans l'intérêt de dire si ce qu'il a fait est bien ou mal, mais plutôt dans l'intention de clarifier le débat. Je tiens aussi à préciser que je n'ai pas vu les oeuvres de Rémi.

Je crois savoir que ces oeuvres ne comportent pas de scènes impliquant des enfants. C'est donc dire que vous reconnaissez l'existence d'une limite à ce sujet. Y a-t-il des gens de couleurs? Probablement qu'il aurait été délicat de le faire, risquant ainsi de propager des idées racistes et haineuses. Y a-t-il des personnes handicapées, ou portant le voile, etc. Si des lois nous empêche de propager des images violentes impliquant des personnes issues de minorités, j'aimerais savoir en quoi la propagation de telles images n'impliquant PAS ces minorités, est davantage acceptable.

Si le tueur en série imaginaire dont vous tenez le journal intime avait été raciste ou pédophile, auriez-vous publié ces images?

La réponse est, j'espère, non. Pourquoi? Parce qu'avant de diffuser ces images, il ne faut pas que la liberté d'expression ou la valeur artistique soient les seules variables à considérer. Le message social, l'impact sur la société, l'éthique, doivent tous être considérer. Alors ma dernière question est: pourquoi ne pas avoir considérer l'ensemble de ces variables simplement parce que vos sujet n'était pas issus de groupes particuliers?

En terminant, je veux rappeler que mon propos n'est pas de juger votre oeuvre, mais bien d'essayer de ramener le débat dans la bonne direction.

Jérôme

Sophie sexologue a dit…

@Jérôme: juste avant que j'oublie, monsieur Couture a utilisé un enfant au moins une fois dans ses vidéos (environ 10 ans le garçon).

Sophie sexologue a dit…

@Rémy: Tout d'abord, merci d'avoir donné votre avis et de permettre aux gens d'avoir plus qu'un seul côté à la médaille.

Je partage la majorité des arguments évoqués par Jérôme dans son premier commentaire: dire "pire se fait ailleurs" n'est pas un argument.

Par contre, je souhaite aborder un point qui a peu été abordé

Un consensus se fait de la part des personnes qui sont contre l'objet de votre travail à l'égard des enfants: parce que des enfants pourraient facilement avoir accès à ces images, elles sont condamnables (selon ces personnes). Vous-même avez dit que si vous aviez eu un avertissement, vous auriez renforcé la sécurité pour l'accès à votre site pour éviter que des enfants voient ces images.

Bon. Maintenant qu'il y a un semi-consensus à ce sujet, est-ce que la question est réglée? À mon sens non.

Bien sûr que nous ne souhaitons pas que des enfants aient accès à de telles images (à mon sens, pas grand monde n'a envie d'avoir accès à ce genre d'images, mais là n'est pas la question, ni le sujet du débat).

Mais qu'en est-il des personnes qui, justement, CHERCHENT ce genre d'images? Qui sont sur la toile, car elles cherchent des images de meurtres et de viols de femmes et d'enfants pour s'exciter, car elles trouvent excitant de regarder ce genre d'images?

Attention, je ne suis pas en train de dire que vous êtes en train de corrompre la planète, car en voyant les images, ça pourrait réveiller quelque chose en eux (ça pourrait arriver, mais ce n'est pas sur ce point que je souhaite mettre l'accent). On ne se le cachera pas: il a des gens qui s'excitent sur ce genre d'images!

Dans la lettre que vous nous avez mise en référence, la personne nous parle de "fou qui pourraient voir ces images" en mettant l'accent sur le fait que ces personnes sont folles.

Sophie sexologue a dit…

suite...

Croyez-vous aussi que toutes les personnes qui ont déjà commis des gestes d'agressions sont folles?

Car si c'est le cas, on a un grand problème, car c'est faux. La majorité des personnes qui posent des gestes d'agression sexuelle n'ont aucun trouble de santé mentale. De plus, pour certaines personnes (nous avons pu le voir avec le colonel William Russel), les crimes sexuels commencent par des crimes moins violents que des meurtres sexuels (comme en entrant par infraction pour mettre des sous-vêtements). C'est à la suite d'une escalade faite de la part de personnes très intelligentes que les crimes sexuels surviennent.

Saviez-vous que dans les années 80, des chercheurs américains ont fait une étude auprès de jeunes hommes universitaires (de jeunes hommes intelligents) en les questionnant sur ce sujet: "Si vous aviez l'assurance de ne jamais avoir de conséquences, est-ce que vous forceriez une femme à accomplir des gestes sexuels contre son gré pour la violer?"
Quel est le pourcentage d'hommes qui ont répondu oui selon vous; une minorité? Et non: c'est entre 50% et 60% des hommes sondés lors de cette étude qui ont répondu oui: c'est un homme sur deux ça qui ne condamne pas d'office la violence sexuelle! (Malamuth, 1984)

Je cite cette étude, car les gens tentent souvent de se rassurer que la violence sexuelle est commise uniquement par des personnes folles complètement à côté de leurs pompes et des personnes hors d'elles-mêmes (donc des personnes qu'elles ne connaissent pas). Mais ce n'est pas le cas.

Sophie sexologue a dit…

suite et fin...


Finalement, dans un courriel que vous m'avez envoyé, vous me disiez que votre travail exprimait le dégoût et l'apathie face à ce comportement terrible qui habite certaines personnes. Dans un premier temps, je me demande dans quelle mesure c'est nécessaire??? N'y a-t-il pas déjà assez de matériel réel dans les nouvelles pour nous faire éprouver tout ça?

Dans un deuxième temps, j'ai du mal à comprendre votre démarche... Je n'arrive pas à comprendre comment vous pouvez vous cacher derrière votre liberté d'expression sans tenter d'un peu changer les choses... Vous savez que votre site peut être visité par des personnes qui ont déjà commis des meurtres et plus particulièrement, des crimes sexuels et... vous n'en faites rien...

Avez-vous déjà mis des liens vers des ressources d'aide ou encore vers une autre section de votre site expliquant que ce genre de comportement est condamnable et inacceptable pour ensuite expliquer votre "démarche artistique"? Je ne parle pas d'un simple avertissement de départ comportant quelques lignes, mais un réel désir de communiquer l'information? Je pose la question sans pouvoir y répondre, car votre site n'est plus en ligne.

La personne qui a écrit une lettre d'appui à votre égard met toutes les images d'horreur dans le même bateau, sans faire de distinctions et c'est une erreur selon moi. Le contexte y est pour beaucoup dans la présentation de ce genre d'images. Si vous ne contextualisez pas les images, que vous n'expliquez pas votre démarche et que vous ne donnez pas un minimum de ressources pour des personnes qui pourraient être traumatisées à la vue de ces images par exemple, votre site est sur le même pied d'égalité qu'un site où on trouve des vraies images de meurtres sexuels qui ont eu lieu pour vrai.

Que ce soit vrai ou non, si ça a l'air vrai et que c'est tout crû comme ça sur le Web, c'est exactement le même matériel pour le meurtrier sadique en recherche de matériel pornographique pour s'exciter.

Rémy Fx a dit…

Ce qui est intéressant dans ce débat, c'est de trouver le terrain d'entente puisque visiblement, les opinions sont partagées et vont dans deux extrémités.
Un peu comme la politique et la religion.

Tous semble oublier une chose, je fais de l’horreur en fiction, je ne sais pas si vous avez déjà pris 2 minutes pour lire la définition de ce mot ?

Horreur : est un genre cinématographique dont l'objectif est de créer un sentiment de peur et d'angoisse chez le spectateur.
Peut-on qualifier l’angoisse comme un préjudice ?

Les gens en désaccord avec ma forme d’art (parce que OUI, c’est une forme d’art, même si elle est macabre et répugnante, c’est l’objectif de l’HORREUR.) n’ont pas une connaissance approfondis sur ce qui se fait dans ce domaine. Au procès nous allons montrer au jury une grande sélection de scènes les plus troublantes que l’on peut apercevoir dans des films disponibles au Canada.
Je n’ai pas révolutionné l’horreur, beaucoup sont allé plus loin des limites que je me suis imposé.

Rémy Fx a dit…

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Si vous me dites que ce n’est pas un argument valable, je vous dis OUI ça l’est.
Car si on peut montrer dans un festival et se procurer sur dvd un film où l’on aperçoit un gars avoir des ébats sexuels avec un cadavre d’une femme durant 30 min, sans narration, sans dialogue, sans scénario et le tout d’une nature nauséabonde et d’un réalisme impressionnant, ce qui contrevient à la l’art.163 du code criminel, alors en quoi mon travail est différent ?
La question ici n’est pas uniquement basée sur le net, car la loi précise que tous ceux qui possède, fabrique et distribue du matériel obscène contrevient à la loi.

Alors à moins que je me trompe, le fait de le diffuser dans un cinéma ou dvd des scènes qui correspondent à la définition d’obscène est une distribution et diffusion qui devient illégal.
Le débat est important car l’article pour laquelle je suis accusé n’a aucun sens, c’est pour ce fait qu’il y a tant de gens qui appui ma cause, c’est pour ce fait que les plus grands magazines d’horreur parlent de ma cause.

L’art 163 : Au Canada, la corruption des mœurs est l'objet de l'article 163 du code criminel[1],[2]. Ce dernier spécifie notamment que quiconque commet une infraction s'il :

a) produit, imprime, publie, distribue, met en circulation, ou a en sa possession aux fins de publier, distribuer ou mettre en circulation, quelque écrit, image, modèle, disque de phonographe ou autre chose obscène;
b) produit, imprime, publie, distribue, vend, ou a en sa possession aux fins de publier, distribuer ou mettre en circulation, une histoire illustrée de crime.[1] L'article a été voté en 1949 à la suite d'un fait divers où des adolescents habitant la Colombie-Britannique ont blessé à mort un automobiliste après s'être inspirés de bandes-dessinées[2].

Je comprends tout à fait les arguments énoncés par vous et vos admirateurs, je ne suis pas une personne ignorante.
Oui il est important d’avoir ses limites, nous avons tous nos propres limites. Le seuil de tolérance est différent d’une personne à l’autre. Ce qui déplaît à certain ne l’est pas pour d’autres. C’est pour cette raison que ce débat prend une tournure importante.

Rémy Fx a dit…

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Pour répondre à Jérome : "est-ce qu'un artiste pourrait peindre une toile représentant explicitement le viol d'un enfant ? Le pourrait-il si c'était plutôt suggéré? Est-ce que ça serait plus propice dans certains contextes? De façon générale, la société québécoise me semble être très claire sur ce sujet: si des enfants sont impliqués, c'est non, quelle qu'en soit les justifications (artistiques ou autres)."

Jérôme, de toute évidence vous ne connaissez pas trop ce qui se fait en cinéma et littérature. Il existe beaucoup d’ouvrage qui traite sur le sujet et qui vont au-delà des limites.
Si le tueur en série imaginaire dont vous tenez le journal intime avait été raciste ou pédophile, auriez-vous publié ces images?
Pour ce qui est d’un journal intime d’un raciste, vous voyez, ça implique que les modèles qui se porteront volontaires pour incarner une victime seront des gens de couleurs. Alors si on prend le temps d’y réfléchir, ces personnes d’origines différentes seront pleinement conscientes sur le projet en question et la nature du contenu. Alors si ces gens contribuent à ce projet, c’est qu’ils savent faire la différence entre de la fiction et la réalité, ils savent que le but n’est pas d’inciter les gens à être racistes comme les femmes qui ont participé à mes projets ne prônent pas le viol et la violence. Il ne faut pas prendre tout au premier degré, les gens impliqués en sont la preuve.

Une amie s’est déguisé en KKK il y a quelque année, les gens ont très mal réagis, et trouvaient ce costume de mauvais goût, pourtant, cette amie est de couleur noir. Si on prend tout au premier degré, on saute tout de suite aux conclusions, mais lorsqu’on prend le temps de comprendre ce qui se cache en dessous, la perception devient différente.
Pour ce qui est du journal intime d’un pédophile, cela implique des enfants nues, donc ce qui devient illégale et inacceptable et avec raison. Je tiens à préciser que certain ont tout de même franchit cette barrière, A Serbian Film par exemple présenté dans un festival à Montréal, l’histoire d’un homme qui commet des viols et une scène assez troublante le montre violer un bébé naissant !

Rémy Fx a dit…

Suite et fin...

Il est facile de juger mon projet innerdepravity sans connaître ce qui a été fait et ce qui est disponible. C’est pour cette raison que si on doit m’accuser, on doit mettre tous les gens dans le même panier car la loi est claire :

quiconque commet une infraction s'il :

a) produit, imprime, publie, distribue, met en circulation, ou a en sa possession aux fins de publier, distribuer ou mettre en circulation, quelque écrit, image, modèle, disque de phonographe ou autre chose obscène;

Les gens qui aiment innerdepravity ne sont pas des idiots ou de futurs agresseurs comme les jeunes qui s’amusent à tuer des gens aux jeux vidéo ne sont pas tous des futurs tueurs de masse dans les écoles.

Vous dites : Mais qu'en est-il des personnes qui, justement, CHERCHENT ce genre d'images? Qui sont sur la toile, car elles cherchent des images de meurtres et de viols de femmes et d'enfants pour s'exciter, car elles trouvent excitant de regarder ce genre d'images?

C’est un problème qui existe en effet, ces gens peuvent être partout, le fait d’avoir accès ou pas à ce genre d’image ne changera pas leurs déviances.
Ce sont des bombes à retardement qui peuvent exploser à tout moment, cette déviance était bien présente chez l’homme bien avant l’apparition de l’horreur en cinéma ou encore le net.
Un déviant trouvera sa source d’excitation n’importe où, y a-t-il plus de pédophile avec l’arrivé du net ? Je ne crois pas, on ne devient pas pédophile après avoir vu des images d’enfants nus comme on ne devient pas agresseur en ayant vu des scènes explicites fictives.
Parmi les milliers de gens qui m’appuis et les nombreux messages que je reçois, voici un exemple :

J’ai récemment découvert ton œuvre et le scandale autour. Ce que tu fais es très dérangent et intense, ce n’est pas pour tout le monde...mais moi je crois que tu es un génie de ton Art. J’ai toute vu coté film d’horreur et ton travail est extrêmement réaliste et terrifiant !

Des messages de la sorte, j’en reçois des tonnes, sont-ils tous des gens dérangé et de futur agresseur ?

Sophie sexologue a dit…

@Rémy

Je suis d'accord avec vous sur une chose: si jamais vous deviez être condamné, vous seriez loin d'être la seule personne à devoir l'être.

Je suis d'accord que toute sorte d'images comme celles que vous produisez circulent et je ne suis pas plus d'accord avec ces autres images.

Mais comme je le disais au départ, mon propos portait moins sur le procès comme sur le débat social.

Et pour répondre à votre question à propos de l'augmentation des crimes sexuels depuis l'arrivée du Web, je ne crois pas que vous ayez raison. Il me semble avoir déjà entendu lors d'un congrès le contraire, mais comme je ne suis pas en mesure de vous citer la référence par rapport à une étude précise, je laisse planer le doute. Par contre, on sait que la compulsion sexuelle a augmenté depuis l'arrivée de la porno sur le Web. J'ai envie de dire que "si on suit la logique, je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas la même chose avec les crimes sexuels", mais ce serait faire des raccourcis intellectuels sans avoir de preuves à l'appui.

Et pour ce qui est de votre envolée par rapport à aux gens qui aiment votre travail et à votre question "sont-ce tous de futurs agresseurs?", vous et moi savons que cette question se passe de commentaire et tombe dans l'exagération, n'est-ce pas? ;-)

Jérôme a dit…

Bonjour Rémi,

en réponse à votre réponse (!), effectivement, je ne suis pas aussi connaissant que vous sur ce qui se fait en littérature et en cinéma. Pour être parfaitement honnête, je n'aime pas du tout l'horreur. Mais ça, c'est mon goût personnel et je respecte votre intérêt pour ce domaine, autant que vos qualités artistiques, qui semblent indéniables si on en croit le support que vous recevez.

Ceci dit, le débat est encore en train de ce déplacer. Vous dites que d'autres artistes de l'horreur on fait bien pire, ont mis en scènes des enfants, etc. Je reconnais, mais alors là sans hésiter, que je n'y connais strictement rien et je fais totalement confiance à votre connaissance du milieu.

Mais la question n'est pas là. La question comme je le disais dans mon commentaire précédent, est: "est-ce que nous sommes dans une société qui souhaite mettre des limites à ce sujet? Et, si oui, où sont ces limites?"

Je ne prétends pas que vous soyez le seul à mettre en scène ce genre de situations. Je ne prétends pas non plus que vous soyez pire ou meilleur. Je cherche simplement à rappeler que ce débat ne doit pas se faire entre votre art et la loi, mais entre ce type d'art en général et la société que nous souhaitons avoir.

On pourrait comparer ce débat avec celui entourant la pornographie. La question n'est pas de savoir si oui ou non le juge aime la porno, si c'est de bon goût, etc; mais de bien peser les pour et les contre, pour l'ensemble de la société, de la diffusion de telles images.

Finalement, je ne prétends pas DU TOUT avoir une réponse à cette question. En effet, je serais extrêmement préoccupé si on interdisait pûrement et simplement votre forme d'art. Quelles en seraient les conséquences sur la liberté d'expression? Où devra-t-on mettre la ligne (parce qu'il faudra bien en tracer une)? Est-ce que de oeuvres dénonçant des comportements violents pourront toujours exister s'ils décrivent plus...crûment...ce dont il est question?

En terminant, j'espère que vous avez remarqué que je désigne toujours votre travail en utilisant les mots "art" et "oeuvre". Aucun de mes commentaires ne visaient à dénigrer votre travail. Ils visaient plutôt à recentrer le débat sur la place que peut prendre la représentation de l'horreur, en général, dans notre société. En même temps, je ne peux m'empêcher de me questionner sur une société qui ressent le besoin de regarder de telles images. Évidemment, ça demeure un point de vue très personnel et je ne prétends vraiment pas que mon opinion (car il ne s'agit que de cela) ait un poids supérieur à la votre.

Encore une fois, bonne chance dans la poursuite de cette bataille.

Jérôme

Une femme libre a dit…

Monsieur FX,

Vous pourriez publier ici des centaines de lettres qui appuient votre cause et vous qualifient de génie. Quel est l'intérêt de le faire?

La justice jugera.

Et si votre cause fait que des scènes d'horreur et d'agression qui auraient été présentées librement dans des films et qui seraient pires que les vôtres soient examinées d'un peu plus près, tant mieux.

J'appuie le billet de madame Sophie Sexologue qui a le courage de dénoncer la violence faite aux femmes, fictive ou pas, mais qui a l'air plus vraie que vraie.

jeanthibca a dit…

C'est vrai qu'à un m'endné, y'a des maudites limites.

Redman a dit…

Je ne sais pas quels sont les "fous" juges ou personnes qui le condamnent mais si à ce moment là même une scène simulée qui soit du viol, violence, horreur. A ce moment autant arrêté les films d'horreurs, les films pornographies et même les films tout court car dans tout les films on y trouve soit du viol, de la violence, de l'horreur et j'en passe, faisons pareils pour les livres ou BD ect...

On finira dans la censure et on dira au revoir à l'art. Et ce que je dis s'adapte (pathétiquement donc) à la condamnation qui est faite à l'encontre de Rémy Couture

Dan a dit…

Bonjour/bonsoir tout le monde

je crois que c'est normal que Rémy ramène son innocence sur le tapis (IL est accusé au CRIMINEL!). Le choix de société n'avait pas encore été fait de bannir ce genre de pratique et encore ça devrait être de l'ordre d'un avertissement (c'est fictif!!!).
Mettons premièrement les choses en ordre: 1) Rémy devrait être innocenté ou bien sinon on devrait mettre en prison Patrick Sénécal, et tous les producteurs d'hollywood qui font des blagues avec des acteurs de films d'actions qui tuent gaiement des centaines de personnes par films (ps le tueur dans les films de Remy ne semble vraiment pas avoir que du fun... et semblent justement s'hair tout en aimant ca). 2)Après que cela soit réglé, la on peut décider si on devrait avertir ou tenter de fermer accès à un tel matériel... mais n'avons nous pas déjà répondu a cette question en tant que société? La cote sur plusieurs films est présente justement pcq'on s'est dit il y a longtemps que la fictions ne devrait pas être limité, mais que les âmes sensibles devraient être prévneues du contenu et limité a une audiance de plus de 18 ans.
Si le choix de société serait de banir ce type de matériel d'horreur, alors Rémy et beaucoup d'autre devraient être avetis. Personnellement, je crois par contre qu'une telle censure (parce que c'est ce que c'est) risque de ligoter beaucoup de monde et ouvre une porte vers une censure difficilement balisable. Ce sera alors probablement sur des jugements subjectif qu'on devra se fier... quand banir un matériel ficitf... et que dire des livres d,histoire qui décivent les horreurs de Hitler???

Dan a dit…

P.S.: Désolé pour toutes les fautes ;) Il n'y a pas d'option d'édition... ou bien je ne la trouve pas.

Anonyme a dit…

Bonjour
auriez-vous les nom des deux psychologues (californien et ontarien) qui témoigne au procès de Remy Couture? j'aimerai lire leurs travaux sur l'impact des images violentes.
Merci