lundi 17 janvier 2011

Un retour de l'éducation à la sexualité sans sexologue? Un non sens!

Voici une lettre co-signée par 185 sexologues des quatre coins du Québec qui vient d'être envoyée à la ministre de l'Éducation à propos de son projet de réintroduire les cours d'éducation à la sexualité à l'école. Je n'étais pas la seule à avoir des préoccupations semblerait-il et ces 184 personnes se sont jointes à moi pour s'adresser à la ministre. 

N'hésitez pas à laisser des commentaires!

Bonne lecture!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante


Madame la Ministre,

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que notre collectif de 185 sexologues diplômés du département de sexologie de l’UQAM a appris que votre gouvernement avait accepté d’accorder une place formelle à l’éducation à la sexualité dans le contexte scolaire.  Nous souhaitons vous féliciter pour cette décision qui aura une importance primordiale sur les jeunes d’aujourd’hui, sur les adultes de demain et sur la société en général.

Madame la Ministre, vous semblez avoir une réelle volonté politique à réintroduire des cours d’éducation à la sexualité dans le contexte scolaire et nous applaudissons ce geste. Par contre, nous appréhendons que cette réintroduction se fasse sur papier seulement et que la qualité de l’enseignement à propos de la sexualité continue d’être défaillante, incomplète et octroyée par des acteurs n’étant pas à l’aise d’aborder la sexualité.

Lors de la Commission d’étude sur le retour des cours d’éducation à la sexualité à l’école qui a eu lieu le 29 novembre dernier, plusieurs acteurs potentiels ont été ciblés pour enseigner les cours d’éducation à la sexualité, mais pour une raison qui nous échappe, les sexologues ne font pas partie de cette liste. Quarante ans après la création du département de sexologie de l’UQAM, nous constatons que le rôle et les compétences des sexologues, plus particulièrement celles des sexologues bacheliers et des sexologues ayant complété une maîtrise en recherche-intervention, sont encore méconnus. Nous croyons sincèrement que les sexologues devraient participer au retour de l’éducation à la sexualité dans le réseau scolaire et c’est dans ce contexte que nous nous adressons à vous aujourd’hui.

Tout d’abord, en plus d’acquérir des connaissances générales et spécifiques à propos de la sexualité humaine lors de notre formation, chaque sexologue a appris à évaluer les besoins d’un groupe donné pour construire des programmes et des activités d’éducation sexuelle adaptés. En fait, plus du tiers de la formation des sexologues bacheliers consiste à acquérir des notions d’enseignement et de pédagogie. De plus, de nombreux cours à la maîtrise en recherche-intervention sont donnés par la faculté de l’éducation, sans compter la collaboration entre le cours « Séminaire avancé en éducation sexuelle » et le magazine « Ça Sex’prime », édité par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et distribué dans l’ensemble des écoles québécoises.

Tout au long de notre formation, nous expérimentons des techniques d’animation, d’enseignement et de communication qui nous permettent de susciter la réflexion d’un groupe à propos de la sexualité en général et sur la sexualité des individus en particulier. De plus, dans le cadre des stages professionnels du baccalauréat, s’échelonnant sur une année, nous poursuivons notre réflexion personnelle et professionnelle tout en appliquant les techniques et les outils acquis lors de notre cursus pédagogique.

Non seulement notre formation nous permet-elle de développer un grand sentiment d’aisance pour aborder la sexualité, mais elle nous permet aussi d’apprendre à mettre en confiance les gens avec un dosage approprié de franchise, d’honnêteté, de pudeur, d’empathie et de respect de la différence lors de nos interventions. Notre attitude nous permet de transmettre notre sentiment d’aisance à un groupe qui nous autorise à ouvrir la porte sur l’aspect le plus intime de sa vie : sa sexualité.

En novembre 2007, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a organisé une journée complète sur l’éducation à la sexualité dans le contexte de la réforme scolaire (14e Journées annuelles de santé publique, novembre 2007). Les résultats présentés lors de ces journées d’étude étaient éloquents; les projets ayant démontré des résultats concluants étaient ceux où des sexologues pilotaient le dossier d’éducation à la sexualité pour les écoles et les commissions scolaires, comme à la Commission scolaire des Affluents et à la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles. Nous observons encore aujourd’hui que les initiatives florissantes en matière d’éducation à la sexualité dans les écoles sont celles où des sexologues ont été embauchés. Dans la région de Laval, par exemple, des projets pilotes sont coordonnés par des sexologues embauchés par le CSSS et la Direction de la santé publique et les résultats sont plus que concluants.

Toutes les personnes qui sont venues comparaître devant votre Commission, en novembre dernier, se sont entendues sur un point : les personnes qui enseigneront l’éducation à la sexualité dans le contexte scolaire devront se sentir à l’aise de le faire. Pour l’instant, les déléguées de votre ministère l’ont reconnu lors de cette commission : les enseignants sont loin de se bousculer aux portes pour prendre en charge cette tâche éloignée de leur champ d’expertise; non pas parce que les enseignants se désintéressent de l’éducation à la sexualité, mais bien parce qu’ils ne sentent pas qu’ils ont les compétences requises ni le sentiment d’aisance pour le faire.

De plus, contrairement à ce que plusieurs personnes qui sont venues témoigner devant votre commission semblent croire, le sentiment d’aisance pour aborder la sexualité ne se construit pas avec quelques heures de formation seulement. Il s’agit là d’un processus qui demande un accompagnement dans le temps, ce que les sexologues ont mis trois ans à développer dans le cadre de leurs études universitaires.

En terminant, nous souhaitons souligner qu’aborder la sexualité dans un contexte d’intervention ou d’éducation, comporte de nombreux enjeux. C’est pour cette raison que l’Office des professions du Québec (OPQ) a reconnu, en 2009, qu’il serait nécessaire de protéger le public en créant l’ordre des sexologues. À l’heure actuelle, l’Association des sexologues du Québec (ASQ), le Regroupement professionnel des sexologues du Québec (RPSQ) et le département de sexologie de l’UQAM travaillent à mettre en place un cadre qui permettra de mieux protéger le public.

À la lueur de toutes ces informations, Madame la Ministre, nous espérons que vous considérerez de travailler en collaboration avec les sexologues dans le dossier de la réintroduction des cours d’éducation à la sexualité dans le contexte scolaire. Ceci contribuera à la mise en place de conditions gagnantes à la réussite de ce projet social qui consiste à offrir une éducation à la sexualité de qualité aux enfants et aux adolescents du Québec.

Nous souhaitons, Madame la Ministre, que vous communiquerez avec les instances officielles qui représentent les sexologues au Québec, soit l’ASQ, le RPSQ et le département de sexologie de l’UQAM afin de discuter de cette future collaboration.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, nos plus cordiales salutations.


Sophie Morin, Sexologue B.A.
Porte-parole pour le collectif de sexologues


Nom des sexologues faisant partie du collectif signataire de la lettre adressée à Madame Line Beauchamp, Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport

Pascale Albernhe-Lahaie, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Milène Avoine, Sexologue B.A. et M.A., Lorraine
Shanna Bachant, Sexologue B.A, Longueuil
Marie-Hélène Baillargeon, Sexologue M.A., Laval
Mireille Baril, Sexologue B.A., Gatineau
Magalie Bélanger, Sexologue B.A. et M.A., Laval
Isabelle Beauregard, Sexologue B.A., Chambly  
Élise Bénard, Sexologue B.A., Rivière-Rouge
Annie Bergeron, Sexologue B.A., Québec
Stéphanie Bernard, Sexologue M.A., Les Cèdres
Geneviève Berthelette, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Marc Bilodeau, Sexologue M.A., St-Jérôme
Karine Bilodeau-Côté, Sexologue M.A . Ste-Julie
Geneviève Boily, Sexologue B.A., Québec
Catherine Bouchard, Sexologue B.A., M.A. en cours, Montréal
Marie-Claude Boucher, Sexologue B.A », St-Hyppolite
Cindy Boulianne-Gagnon, Sexologue B.A., Montréal
Annick Bourget, Sexologue B.A. et M.A. et chargée de cours au département de sexologie de l’UQAM, Notre-Dame-de-lÎle-Perrot
Annie Brochu, Sexologue B.A., L’Assomption
Lynda Brouillette, Sexologue M.A., Montréal
Sophie Brousseau, Sexologue B.A., St-Jean-Chrysostome
Valérie Brousseau-Dubé, Sexologue B.A., Chateauguay
Bianca Brunet, Sexologue B.A., Châteauguay
Jean-François Campeau, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Richard Campeau, Sexologue B.A., Montréal
Annie Caron, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Paméla Carrier, Sexologue B.A., Joliette
Bianka Champagne, Sexologue B.A. et M.A., St-Georges de Beauce
Gabrielle Champagne, Sexologue B.A., Granby
Éric Chatland, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Anne-Marie Charron, Sexologue B.A., Montréal
Manon Chrétien, Sexologue B.A. et M.A., Boucherville
Jacqueline Compte, Sexologue B.A. et M.A., Québec
Mathieu Cormier, Sexologue B.A., M.A. en cours, Montréal
Maxime Côté, Sexologue B.A., Montréal
Julie Côté-Rousseau, Sexologue M.A., Montréal
Normande Couture, Sexologue B.A. et M.A., Québec
Myriam Couture-Champagne, Sexologue B.A., Granby
Denyse Cusson, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Isabelle Dallaire, Sexologue B.A. et M.A., Chargée de cours au département de sexologie de l’UQAM, Montréal
Caroline Dagenais, Sexologue B.A., Montréal
Marie-Eve Demers-Morabito, Seoxlogue B.A., Terrebonne    
Christine Delarosbil, Sexologue B.A., Gaspé
Nicole Desjardins, Sexologue M.A., Val-Morin
Lanie Desrochers, Sexologue B.A., St-Émile
Annik Desrosiers, Sexologue B.A., St-Alexandre d’Iberville
Mylène Desrosiers, Sexologue M.A., Brossard
Mireille Dion, Sexologue B.A., Brossard
Geneviève Dumont, Sexologue M.A., La Prairie  
Alexandre Dussault, Sexologue B.A., Laval
Véronique Dussault, Sexologue B.A., Laval
Kim Fafard-Campbell, Sexologue M.A., Magog
Véronique Faubert, Sexologue M.A., Montréal
Mylène Faucher, Sexologue M.A., Montréal
Isabelle Fleury, Sexologue B.A., Québec
David Forest, Sexologue B.A., Cacouna
Marie-Pier Forget, Sexologue B.A., Marieville
Isabelle Foucreau, Sexologue M.A., Montréal
Christelle Fournier, Sexologue B.A., Rimouski
Marie-Lou Gagnon, Sexologue B.A., Montréal
Sophie Gascon, Sexologue B.A., M.A . en cours, Montréal
Marie-Ève Gauvin, Sexologue M.A., Pintendre
Geneviève Gendron-Nadeau, Sexologue B.A., Gatineau
Guylaine Gélinas-Martel, Sexologue M.A., Sherbrooke      
Nicole Gibeau, Sexologue B.A., St-Jean-sur-le-Richelieu      
Myriam Gill, Sexologue M.A., Québec
Xavier Dany Girard, Sexologue B.A. et M.A., Luskville
Stéphanie Glaveen, Sexologue B.A., St-Eustache
Mélanie Guénette-Robert, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Genny Harvey, Sexologue M.A., St-Boniface               
Julie Horth, Sexologue B.A., Montréal
Nathalie Houde, Sexologue B.A. et M.A., Chargée de cours au département de sexologie de l’UQAM,Montréal
Alexandre Houle, Sexologue B.A., Ste-Hyacinthe
Sarah-Line Hurtubise, Sexologue B.A., Laval
Shanda Jolette, Sexologue B.A., M.A. en cours, Montréal
Annie Labrosse, Sexologue B.A., Laval
Marie-Claude Lafond, Sexologue B.A., M.A. en cours, Montréal
Julie Lafontaine, Sexologue B.A. et M.A., Rimouski
Sophie Langlois, Sexologue B.A., St-Pie
Marie-Ève Landreville, Sexologue M.A., Montréal
Véronique Laplante, Sexologue B .A., McMasterville
Frédérick Lapointe, Sexologue B.A. , Laval
Shanie Lapointe, Sexologue B.A., Montréal
Marika Laprise-Mougeot, Sexologue M.A., Gatineau
Véronique Larivière, Sexologue B .A., Québec
Francis Laroche, Sexologue B.A. et M.A., Beauport
Johanne Larouche, Sexologue B.A., Montréal
Gabrielle Lavoie, Sexologue B.A., Montréal
Caroline Lebel, Sexologue B.A., Terrebonne
Josée Leboeuf, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Marie-France L’Ecuyer, Sexologue B.A et M.A., Montréal
Catherine Lefebvre, Sexologue B.A., Montréal
Annick Lemelin Lagacé, Sexologue B.A., Ste-Marthe-sur-le-Lac
Isabelle Le Goff, Sexologue B.A. et M.A., Laval
Caroline Lemay, Sexologue B.A., Drummondville    
Isabelle Lepage, Sexologue B.A. et M.A., Longueuil
Marie-Ève Lussier, Sexologue B.A., Valleyfield
Josyane Marcil, Sexologue B.A., Delson
Annie Martel-Grégoire, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Nancy Martin, Sexologue B.A. M.A. en cours, Montréal
Isabelle Massé, Sexologue B.A., St-Césaire
Stéphanie Mayer, Sexologue B.A., Gatineau
Karine Morel, Sexologue B.A., Sherbrooke
Karine Morel, Sexologue M.A., Montréal
Annie Marleau, Sexologue B.A., St-Michel-de-Napiereille        
Catherine Marmen, Sexologue B.A., Montréal
Jennifer Martin, Sexologue B.A., Chambly
Stéphanie Mayer, Sexologue B.A., Gatineau
Josée Ménard, Sexologue B.A., East Farnham
Caroline Messier-Bellemare, Sexologue M.A., Montréal     
Hélène Meunier, Sexologue M.A., Beaupré  
Jessica Monette Tessier, Sexologue B.A., M.A. en cours, St-Jean-sur-Richelieu
Valérie Morency, Sexologue B.A. et M.A., Lorraine
Sara Morin, Sexologue B.A., Québec
Sophie Morin, Sexologue B.A., Montréal
Mélissa Ouellet, Sexologue B.A., Delson
Maude Painchaud Major, Sexologue B.A., Major
Yves Paradis, Sexologue B.A. et M.A., Lachenaie
Jennifer Pelletier, Sexologue M.A., Montréal
Cindy Perron, Sexologue B.A., l’Assomption
Gabrielle Pesant, Sexologue B.A., Terrebonne
Charlène Pétrin, Sexologue B.A., Montréal          
Marc-André Primeau, Sexologue B.A., Montréal
Isabelle Proulx, Sexologue B.A. et M.A., Québec
Vincent Quesnel, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Caroline Racicot, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
François Renaud, Sexologue B.A., M.A. en cours, Montréal
Joelle Rey-Perreault, Sexologue B.A., Montréal
Catherine Richard, Sexologue B.A. et M.A., Ste-Marie de Beauce
Mélanie Richer, Sexologue B.A., St-Hubert
Karine Rivest, Sexologue B.A, Ste-Martine
Jocelyne Robert, Sexologue B. A., Longueuil
Valérie Rochon, Sexologue B.A., Laval
Marie-Ève Ross, Sexologue B.A. et M.A., Mont St-Grégoire
Marie-Paul Ross, Sexologue M.A. et PhD.                    
Danièle Roy, Sexologue B.A. et M.A., Prévost
Mélanie Roy, Sexologue B.A., Montréal
Stéphanie Roy, Sexologue M.A., Ste-Marthe-sur-le-Lac
Cynthia Ruest, Sexologue B.A., Jonquière
Michèle St-Amand, Sexologue B.A. et M.A., Montréal
Benoit St-Jean, Sexologue B.A. et M.A., Laval
Tania St-Laurent Boucher, Sexologue B.A., Montréal
Kim Scalabrini, Sexologue B.A., Montréal
Myriam Solon, Sexologue B.A., St-Hubert
Andréanne Sylvain, Sexologue B.A., Montréal
Sarah Tessier, Sexologue B.A., M.A. en cours, Laval
Véronique Thériault, sexologue B.A., Gaspé
Patty Terrone, Sexologue M.A., Montréal
Marie-Élaine Tilly, Sexologue B.A., Terrebonne          
Annette Vaillancourt, Sexologue B.A., Luskville
Geneviève Vanier, Sexologue B.A., Ste-Julie
Sophia Veilleux, Sexologue B.A., Montréal
Stéphanie Vermette, Sexologue B.A., Trois-Rivière
Catherine Véronneau-Cyr, Sexologue B.A., Thetford Mines
Marie-Chantal Vigneault-Hamel, Sexologue M.A., Longueuil 

Sexologues en formation

Marie-Claude Albert, Sexologue en formation, La Prairie
Katheryne Auclair, Sexologue en formation, Granby
Charlotte Beaudet, Sexologue en formation, Montréal
Mariève Beauchemin, Sexologue en formation, Varennes
Nadine Bégin, Sexologue en formation, Montréal
Marlène Bélair, sexologue en formation, Kildare             
Julie Bouchard, Sexologue en formation, Montréal
Myriam Blanchette, Sexologue en formation, St-Hubert
Maggy Brunelle, Sexologue en formation, Longueuil
Jessica Caruso, Sexologue en formation, Montréal
Camille Chamberland, Sexologue en formation, St-Bruno-de-Montarville
Kelly Chiasson, Sexologue en formation, Rouyn-Noranda
Camille Chamberland, Sexologue en formation, St-Bruno-de-Montarville
Marilyne Dubois, Sexologue en formation, Montréal
Mahé Fall, Sexologue en formation, Pierrefonds
Vanessa Fortier, Sexologue en formation, Montréal
Vincent Francoeur, Sexologue en formation, Montréal
Marie-Pier Gagnon, Sexologue en formation, Verdun
Émilie Labelle, Sexologue en formation, Varennes
Véronique Langlois, sexologue en formation, Blainville
Shany Lavoie, Sexologue en formation, Montréal
Stéphanie Lebrun, Sexologue en formation, Montréal
Alice Legault Coulombe, Sexologue en formation, Alma
France Lemieux Duguay, Sexologue en formation, Montréal
Amélie McFadyen, Sexologue en formation, Montréal
Édith Marmet, Sexologue en formation, Boucherville
Geneviève Martel, sexologue en formation, Chambly
Élodie Mériaux, Sexologue en formation, Montréal
Marie-Ève Paquette, Sexologue en formation, Montréal
Martine Renaud, Sexologue en formation, Montréal

dimanche 9 janvier 2011

Les joies de la sexualité? Pas toujours.

Mon titre vous a intrigué? Vous vous demandez comment se fait-il qu'une sexologue remette en question les joies et les bienfaits de la sexualité?

Parce que très honnêtement, je crois qu'il est important de nommer que pour certaines personnes, la sexualité et la génialité ne sont pas des sources d'épanouissement. 

Aujourd'hui, j'avais envie de m'adresser à certaines des personnes qui se sentent coupables de ne pas avoir de plaisir sexuel et qui appréhendent l'intimité érotique. 

Il peut exister toute sorte de raison qui fait qu'une personne n'éprouve pas de plaisir à avoir des relations sexuelles, mais une raison rassemble un grand nombre de femmes: elles ont des douleurs lors des relations sexuelles.

Je vais vous donner une statistique qui va peut-être vous surprendre: 21% des femmes États-Uniennes de moins de 30 ans rapportent des douleurs au moment des relations sexuelles (Laumann, E. O., Paik, A. & Rosen, R.C. (1999). Sexual dysfunction in the United States: Prevalence, predictors and outcomes. Journal of the American Medical Association, 281, 537-545).

1 femme sur 5.

Une femme sur 5 a des douleurs durant ses relations sexuelles alors qu'on tente de lui faire croire qu'elle est sensée s'épanouir et avoir du plaisir.

Une femme sur cinq, c'est énorme!!!

Bien que ces douleurs peuvent être causées par plusieurs raisons (dont le manque de désir sexuel qui cause un manque de lubrification vaginale lors de la pénétration vaginale), une grande partie des femmes qui ont des douleurs gynécologiques font ce qu'on appelle de la vestibulodynie (anciennement appelé vestibulite vulvaire). Qu'est-ce que la vestibulodynie? Ce sont des douleurs occasionnées par le vestibule du vagin, soit la membrane autour de l'entrée du vagin. Plus précisément, si le vagin était une horloge, les douleurs se situeraient entre 4 et 8 heures environ. Voici une image pour l'illustrer:
Image provenant du blogue Ma vestibulite vulvaire et moi

L'élément sur lequel je souhaite mettre de l'importance aujourd'hui est la suivante: CES DOULEURS NE SONT PAS IMAGINAIRES.

Les études sur la sexualité des femmes sont assez récentes (environ 50 ans) et comme les douleurs gynécologiques de la femme n'empêchent pas la fertilité, on s'y est longtemps peu intéressé. Comme la sexualité féminine restait encore un mystère pour le corps médical, il était plus facile de mettre a faute sur les femmes que d'avouer l'ignorance scientifique qui régnait autour de la sexualité des femmes! Mais les études avancent à propos de la vestibulodynie. D'ailleurs, une chercheure québécoise, madame Sophie Bergeron, a un laboratoire de recherche sur la question à l'Université de Montréal

Mais pour revenir à la vestibulodynie, les douleurs qui y sont associées sont surtout causées lors de la pénétration vaginale, que ce soit lors des rapports sexuels ou autre. Par exemple, les douleurs peuvent être ressenties lors de l'application ou du retrait d'un tampon. Les femmes qui utilisent un keeper ou encore la diva cup risquent encore plus d'avoir des douleurs lors du retrait du dispositif menstruel si elles font de la vestibulodynie. Aussi, dépendamment de l'intensité de la douleur, l'appui d'un doigt sur le vestibule peut à lui seul causer des douleurs... alors, imaginez un pénis!

Dans les situations où les douleurs sont très intenses et lorsque d'autres techniques moins invasives n'ont pas fonctionné, il est même possible de procéder à une ablation du vestibule (vestibulectomie). Dans les situations où le corps médical choisit cette option, 50% des femmes voient leurs douleurs disparaître complètement. La réussite de ces opérations tend donc à démontrer scientifiquement que ces douleurs sont d'origine biologique et non psychologique.

Par contre, je vous rassure; 1 femme sur 5 n'a pas besoin de subir une opération pour cesser d'avoir des douleurs gynécologiques! J'ai nommé la chirurgie seulement pour démontrer que la douleur n'était pas imaginaire.

Malgré qu'encore beaucoup de médecins ne connaissent pas la vestybulodynie, elle existe et elle se traite. Non pas avec des crèmes (ce qu'on a essayé de faire durant des années, mais sans succès), mais avec de la physiothérapie. Eh oui! Il existe des physiothérapeutes sexuels. Ces thérapies physiques (parfois accompagnée des sexothérapies) peuvent diminuer et même faire disparaître complètement les douleurs qu'une femme vit lors de ses relations sexuelles.

Pour arriver à éprouver du plaisir sexuel, il faut d'abord cesser d'avoir des douleurs lors des relations sexuelles, car la douleur n'est pas sensée faire partie prenante des relations sexuelles (à moins de pratiquer le sado-masochisme, mais ça, c'est une autre histoire!).  Pour y arriver, la première étape est de prendre conscience que ces douleurs que vous vivez depuis toujours ne sont pas un mal nécessaire! Ensuite, vous pourrez entamer vos recherches pour trouver des spécialistes dans votre région qui pourront vous donner un coup de pouce!

Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai choisi ce titre pour mon article?


Pour les personnes qui viennent de prendre conscience qu'elles avaient peut-être de la vestibulodynie, voici quelques ressources qui pourront vous donner plus d'information:
  • Groupe Elva: Association pour les femmes atteintes de maladies vulvo-vaginales;
  • Laboratoire d'étude de la douleur gynécologique (comprenant une foule de ressource et de trucs);
  • Ma vestibulite vulvaire et moi: le blogue d'une femme qui a eu une vestibulite vulvaire et qui parle de son expérience et de sa préparation vers la vestibulectomie (chirurgie pour faire l'ablation du vestibule); je ne garantis pas l'info qui se trouve sur ce site, mais le témoignage (de la femme ainsi que celle de son conjoint) peut être très intéressant.
  • Les clés de vénus; site français abordant plusieurs types de douleurs gynécologiques

Bonne chance!

Sophie Morin, Sexologue-Consultante