vendredi 26 mai 2017

J'ai peur que mon fils agresse les filles

Un sujet dont j'entends souvent parler de la part de parents de garçons. Voici mon dernier article paru dans le Canada Français. Bonne lecture.

lundi 15 mai 2017

Le tabou de la violence en soi

Un des plus grand tabou; la violence à l'intérieur de soi; mon dernier texte dans le Canada Français. Bonne lecture :-)

mercredi 10 mai 2017

Comment prédire qui seront les couples qui se sépareront et ceux qui resteront ensembles?

Existe-t-il des règle, des normes, des barèmes qui permettent de connaître qui sont les couples qui sont dans un processus qui mènera à une séparation et qui sont ceux qui seront en mesure de rester ensemble? John Gottman, fondateur du "Lov lab" de l'Université de Seattle à Washington, croit que oui. C'est ce qu'il a observé dans son études auprès de plusieurs couples sur une période de seize ans. Alors qu'il cherchait les critères pour éviter la séparation, il a réalisé qu'il était plus efficace d'identifier les couples heureux en indiquant les attitudes à privilégier. De là est né le livre "Les coules heureux ont leurs secrets : Les sept lois de la réussite". Je souhaiterais remercier Michael du site web "Mon couple heureux" pour avoir résumé les idées soulevées dans le livre. Je vous partage plus bas les indices des couples plus près d'un processus de ruptures et ceux sur le chemin du bonheur selon Gottman et Silver. Si ces réflexions vous inspirent, je vous invite à vous procurer leur livre dans lequel vous trouverez du contenu et des exercices à mettre en place avec votre partenaire.

Les 2 types de conflits conjugaux

Il existe deux types de conflits : les solubles et les permanents. Ils sont traités respectivement dans les lois de la réussite 5 et 6 plus bas dans ce texte.

Les conflits naissent du fait que chacun a ses opinions, valeurs et singularités. Pour vivre heureux en couple, il n’est pas vital de résoudre les conflits les plus important. Il est même possible de vivre avec. Le plus important avant de s’engager est d’être sûr de pouvoir faire face problèmes que l’on a accepté en s’engagent. En s’affrontant sans cesse aux mêmes problèmes insolvables, on tourne en rond et on a le sentiment d’être de plus en plus blessé, frustré et rejeté.

Le principe général de résolution d’un conflit est de faire comprendre à l’autre que l’on respecte sa personnalité. Si on ne se sent pas compris par l’autre, il est impossible d’accepter ses conseils. Une personne ne peut changer que si elle se sent compris et respecté par l’autre. Lors d’un conflit personne n’a totalement raison, ni totalement tort

Enfin, ce ne sont pas les conflits qui sont la cause des séparation selon Gottman et Silver, mais la distance et la disparition de la complicité qu’ils créent.

Comment prédire une séparation?

Selon Gottam et Silver, un couple durable est un couple émotionnellement intelligent. L’intelligence émotionnelle sera importante notamment dans la présence des conflits et des divergences de point de vue. Ils identifient d’abord des mythes véhiculés concernant des causes de ruptures :

1- Les névroses et les problème de personnalité sont les causes de rupture. Dans les faits, une multitude de personnes avec des défis de santé mentale ou des personnalités plus ou moins colorées vivent heureuses en couple.
2- Partager des activités permet de sauver le couple. Le partage à tout prix est un piège dans lequel tombent beaucoup de couple. Si le plaisir n’est pas partagé, c’est voué à l’échec.
3- Il faut donner dans la même proportion qu'on reçoit. C’est une perception erronée du partage. Il s’agit d’avantage d’une vision de « œil pour œil, dent pour dent » si on calcule, qu’on attend le retour exact de ce qu’on a donné. Ça met davantage en place un rapport de force et non un partage.
4- Éviter les conflits est une cause de divorce. Des couples évitent les conflits et vivent très heureux. Hé oui! Tant que ça fonctionne et que les deux personnes ont la même vision de cet aspect.
5- L’infidélité est une cause du divorce. Non, c’est une conséquence. L’infidélité nait d’un couple déjà malheureux.
6- Les hommes ne peuvent pas être monogames. En fait, cette phrase marche autant pour les hommes que pour les femmes. Avant, la femme travaillait à la maison, donc était moins à l’extérieur de la maison; plus maintenant. Elle peut donc rencontrer des gens et avoir des occasions d’être infidèle.
7- Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Cela suppose qu’il n’y a aucune entente possible entre les hommes et les femmes. Ce qui est faux.

Toujours selon Gottman, le plus important c’est l’amitié profonde (la complicité) dans le couple. Au début du couple, on est chargé de pensées positives. Avec le temps elles ont tendances à s’évaporer. Il faut donc les entretenir. Les tentatives de rapprochement sont les “armes secrètes des couples heureux”. Apprendre à communiquer avec plus de sensibilité permet donc de sauver les couples. Il ne faut pas résoudre les conflits profonds mais les comprendre et vivre avec.

Comment prédire une séparation

Au début de ses recherches, Gottman a essayé de prédire les divorces. Il a observé 6 indices permettant pour lui de prédire un divorce. Il est important de garder une vision d’ensemble sur la communication du couple; y a un danger pour le couple si ces indices sont présents à chaque dispute.

Indice 1 : Le échanges brusques
Le dialogue fini généralement comme il a commencé. Si une personne débute une conversation en hurlant, elle risque de la terminer en hurlant. Si la conversation commence calmement, le couple peut commencer à hausser le ton mais la fin de la conversation aura plus de probabilité de bien finir. L’objectif est de réussir à gérer ses émotions pour commencer la discussion dans le calme.

Ex :
Personne 1 : Mais c’est quoi ce bordel! Cette maison n’est jamais rangée!!!
Personne 2 : Ho là mais calme toi! Je viens d’arriver là…

Indice 2 : Les quatre cavaliers de l'apocalypse

Gottman a observé quatre comportements dans les couples qui commencent à se disputer. Il les a nommé « les quatre cavaliers de l'apocalypse ». Ils arrivent dans cet ordre

Le 1er cavalier : la critique: Un jugement négatif est porté directement sur la personne. Même si ce n’est pas l’objet de la dispute.
Ex : De toute façon, tu n’es qu’un bon à rien!

Le 2ème cavalier : le mépris: La critique intensifie le conflit et peut faire naître le mépris de l’autre, c’est-à-dire de le rabaisser, de ne plus avoir d’estime pour lui. Cela peut aller jusqu’à l’humiliation.
Ex :
Personne 1 : Tu y vas un peu fort là! Ok, je vais ranger la chambre
Personne 2 : Laisse-moi rire : tu ne sais même pas où sont rangés les balais! (ricanement)

Le 3ème cavalier : l’attitude défensive: La personne se faisant agresser souhaite se protéger et adopte une attitude défensive. Cette attitude alimente l’agressivité de l’autre qui augmente l’intensité des échanges. L’attitude défensive se résume à reporter le problème sur l’autre : “le problème ce n’est pas moi, c’est toi…”
Ex :
Personne 1 : Mais pourquoi tu t’énerves? Tu n’as qu’à me dire où ils sont ces foutus balais!!!!
Personne 2 : Tu sais pourquoi je m’énerve? C’est de ta faute! Tu es égoïste! Moi aussi j’ai envie de me poser en rentrant du boulot!

Le 4ème cavalier : la dérobade: Arrivé à ce stade, la personne qui se fait agresser commence à en avoir assez de se faire faire des reproches. Elle va choisir la fuite pour se sauver du conflit. La dérobade peut se traduire de différente manière : fuite du regard, n’écoute plus, part de la pièce, se cache derrière une activité… Éviter le dialogue va entrainer petit à petit un désinvestissement du couple.
Ex :
Personne 1 : OK, je vois qu’on ne peut pas discuter avec toi, alors moi : je me m’en vais!

Indice 3 : La noyade
La personne qui s’est dérobée va alors être envahie par des sentiments négatifs. Elle va se sentir désemparée, triste et impuissante.

Indice 4 : Le langage corporel
Les comportements corporels permettent de détecter qu’une personne est arrivée au stade de la noyade : des gestes agressifs, un emballement du cœur, un souffle court, voire des hurlements. Le corps s’emballe car il ne peut plus répondre aux demandes de plus en plus fortes de l’autre.

Indice 5 : L’échec des tentatives de rapprochement
Un indice qui montre que la dispute va durer et pour longtemps, c’est le refus des tentatives de rapprochement. Une tentative de rapprochement peut être : un sourire, une blague, demander une pause… C’est un mot ou un geste pour dire à l’autre "Oui, on se dispute maintenant, mais on s’aime, hein?"

Cependant, il faut pouvoir l’entendre et l’accepter. Quand nos émotions sont trop fortes, il n’est pas facile de comprendre quand l’autre fait une tentative de rapprochement. Si les quatre cavaliers sont bien installés dans le couple, on peut même voir ces tentatives et les refuser! Les efforts de l’un et de l’autre seront alors vains.

Indice 6 : Les mauvais souvenirs
Les couples qui arrivent à se connecter uniquement sur leurs mauvais souvenirs lorsqu’ils racontent leur histoire ont plus de probabilité de se séparer. Les couples heureux focalisent sur les bons souvenirs des évènements de leur vie à deux.

*****

Et maintenant, quels sont les critères qui définissent les couples heureux? Voici les sept lois de la réussite de Gottman et Silver.

Loi°1 : Enrichir sa carte du tendre

Les couples heureux se connaissent.

Chacun connaît de l’autre :

1. qui il est vraiment,
2. ses ambitions, ses rêves, ses réussites
3. ses échecs, ses blessures, ses guérisons
4. son univers affectif
5. son rôle sur Terre
6. ses aspirations

Loi n°2 : Cultiver la tendresse et l’estime réciproque

Les couples heureux racontent leur histoire de façon positive. Ils évitent le mépris. Au contraire, ils se respectent et s’estiment. Ils expriment de la tendresse l’un envers l’autre régulièrement.

Loi n°3 : Se tourner l’un vers l’autre au lieu de se détourner l’un de l’autre

Les couples heureux prennent du temps pour écouter l’autre.

Voici une technique d’écoute proposée par les auteurs:

1. chacun parle a son tour pendant 15 minutes,
2. celui qui écoute ne doit pas parler (pas d’avis pas de conseil) sauf si l’autre le demande,
3. celui qui écoute doit véritablement s’intéresser à ce que l’autre dit et rester concentré,
4. montrez que vous le comprenez,
5. prenez une attitude de “nous contre eux”,
6. exprimez votre affection,
7. validez les émotions de l’autre.

Cette technique d’écoute permet de renforcer l’unicité du couple.

Loi n°4 : Se laisser influencer par son partenaire

Les couples heureux ne prennent pas de décision chacun de leur côté. Ils prennent des décisions conjointes. Ils sont ouvert à l’autre et à son avis. Ils font des compromis.

Loi n°5 : Résoudre les problèmes solubles

Voici les 5 étapes à suivre afin de résoudre les conflits solubles selon Gottman et Silver :

1. Démarrer la discussion en douceur: Une dispute se conclue sur le même ton qu’elle a commencée.
Il faut être clair, courtois et élogieux. Il ne faut surtout pas laisser de sous entendus. Les démarrages en douceur sont d’autant plus facile à mettre en place si vous avez suivi les 4 premières lois. Commencer une conversation dans le calme permet de créer un dialogue censé et constructif.

2. Utiliser efficacement les tentatives de rapprochement: C’est "apprendre à freiner" afin de détendre l’atmosphère. Voici des exemples de rapprochement :

1. Exprimer ses sentiments,
2. Demander un répit ou d’arrêter la dispute,
3. Faire ses excuses ou reconnaître ses torts,
4. Accepter ce que dit l’autre,
5. Être attentif aux attitudes de l’autre afin de repérer des signes de stress.

3. S’apaiser l’un l’autre: Contribuez au calme de l'échange et viser que l’autre ait confiance en vous. Ainsi vous serez tous les deux plus apte à recevoir les tentatives de rapprochement.

4. Apprendre l’art du compromis: A partir d’un conflit chacun doit définir :

1. ce qui est non négociable
2. ce qui est négociable

Ainsi vous pourrez trouver un compromis avec les éléments sur lesquels vous êtes chacun flexibles.

5. Accepter l’influence de l’autre: Apprendre à être plus tolérant envers les imperfections de l’autre et surtout ne pas vouloir transformer l’autre.

Loi n°6 : Surmonter les blocages


Les blocages sont des conflits permanents qui semblent insolubles. Vous chercherez la réponse en vain, mais vous pouvez réussir à passer du blocage à la discussion. La cause de ces blocages vient d’un rêve caché et non d’un défaut de l’un ou de l’autre. Si ces rêves sont pas respectés au sein du couple, ils peuvent surgirent déguisés (ou pas) et mettre à mal le couple.

Voici une méthode pour mieux vivre ces blocages, selon Gottman et Silver :

1. Cherchez vos rêves
2. Travaillez sur un blocage en particulier dans le couple pour comprendre sans le résoudre. C’est une séance d’écoute.
3. Faites une pause pour déstresser.
4. Acceptez que vos rêves sont différents.
5. Dites-vous merci.

Vous ne résoudrez sans doute jamais ce genre de problème, mais vous pourrez mieux vivre avec. Le fait d’avoir cerné le blocage, vous en permettra d’en avoir conscience et vous comprendrez la source sans accuser l’autre.

Loi n°7 : Aller dans le même sens

Les couples heureux ont une culture de couple. Ils ont une histoire, des mythes. Chacun essaye d’honorer le rêve de l’autre même si ce n’est pas le sien. Le respect dans leur couple donne naissance à des dialogues francs et profonds.

Pour aller dans le même sens, il est nécessaire de:

1. Créer des rituels,
2. Trouver son rôle dans le couple,
3. Trouver des objectifs communs,
4. Partager des symboles.

*****

Alors, que pensez-vous des suggestions de Gottman et Silver?

jeudi 4 mai 2017

Est-ce que vous ramassez vos feuilles avec une pelle?

Ça se peut que depuis toujours, à l'automne, quand les feuilles couvrent le sol, vous sortez votre pelle pour les ramasser. Parce que c'est comme ça que vous avez appris. Parce que ça a toujours été comme ça. C'est d'même tsé!

Puis avec les années, vous réalisez que l'automne est une période difficile. Vous manquez d'énergie, vous avez le sentiment de courir après le temps. Vous aimeriez passer plus de temps avec vos proches, votre partenaire, vos ami.e.s, mais ce n'est plus votre priorité. Vous commencez à sentir que vous vous éloignez, certains conflits arrivent, les moments d'intimité et de sexualité ne sont plus de la qualité que vous souhaiteriez. Vous commencez à ressentir un mal-être sans trop savoir pourquoi. 

C'est dans ce genre de situations que les gens arrivent en psychothérapie. Parce que tout le monde, dans une sphère de sa vie, ramasse des feuilles avec une pelle. Rares sont les personnes qui vont arriver en disant: "J'pense que tout découle du fait que je ramasse mes feuilles avec une pelle, que ça me demande vraiment beaucoup d'énergie et que je n'ai plus d'énergie pour le reste." Non. Pourquoi? Parce que ramasser les feuilles avec une pelle, c'est votre norme tsé! Ça fait partie de votre quotidien! Vous avez toujours fait comme ça et ça a toujours fonctionné, donc votre regard est probablement sur autre chose. 

Prendre la décision d'aller en psychothérapie, ce n'est pas de savoir quel est votre "problème" avant de commencer le processus de thérapie. C'est de sentir un inconfort plus ou moins grand et de souhaiter prendre le recul nécessaire pour avoir une vision d'ensemble afin de choisir les bons outils, pour vous, à ce moment-ci de votre vie. Ce processus vous demandera de choisir une personne qui vous accompagnera dans cette quête de mieux-être. Si vous faites ce processus avec moi, je vous accompagnerai dans une réflexion qui vous amènera à mieux saisir comment vous vous êtes contruit.e.s et comment cette situation qui vous rend mal s'est installée dans votre vie. À un moment, vous aborderez cette pratique de ramasser les feuilles avec une pelle et nous regarderons ensemble à quoi ça sert. Qu'est-ce qui fait que vous ramassez vos feuilles avec une pelle? À quoi ça vous a servi dans votre vie? Comment se fait-il que vous ayez choisi cet outil? Car il y a toujours un sens. Si ça ne servait à rien, ça ne serait plus là. Nous regarderons quel impacts ça a dans votre vie d'aujourd'hui, comment ça vous est encore utile, comment ça peut vous nuire. Puis nous regarderons les autres outils dont vous disposez et si d'autres pourraient être utiles. Nous regarderons quels sont les avantages et les inconvénients de chacun. Puis, ce sera à vous de voir comment vous voyez la suite; quels outils avez-vous envie de garder et d'utiliser et quels sont ceux que vous souhaitez acquérir pour vivre en cohérence avec vos valeurs? Il est possible que vous continuiez d'utiliser votre pelle. Peut-être pour ramasser les feuilles. Peut-être pour autre chose. Mais maintenant, il y aura un sens à cette action. Vous aurez choisi de la garder parce que vous aurez déterminé que c'est important pour vous. Peut-être aussi que vous choisirez de prendre un autre outil et que vous aurez à vous accorder de la douceur pour procéder au deuil d'avoir fait des choix souffrants dans le passé. Mais cette notion de choix conscient en connaissant les gains et les pertes de votre choix éclairé vous aidera à vous apaiser pour la suite.

En tant que sexologue et psychothérapeute, je ne suis pas là pour vous juger de ramasser des feuilles avec une pelle. Je suis là pour vous accompagner à comprendre le sens de vos actions. Tout le monde, dans une sphère de sa vie, ramasse des feuilles avec une pelle. Reste à voir quelle quantité d'énergie ça vous demande. Lorsque cette énergie sera trop drainée, ma porte sera ouverte pour vous aider à vous recentrer sur ce qui est essentiel. Pour vous.

lundi 10 avril 2017

Rit-on toujours parce que c'est drôle?

Vous êtes-vous déjà questionné.e.s sur le sens du rire? Je vous propose une réflexion sur le sujet dans cet article paru dans le Journal le Canada Français. Bonne lecture!

samedi 25 mars 2017

Le défi du soutien des personnes vulnérables

Lorsqu'un meurtre, un suicide ou une autre forme de violence sont diffusés dans les médias, c'est la consternation. Colère, rage, tristesse, dépression font partie de la palette d'émotions ambiantes. La mort et la destruction sont vides de sens. Et l'être humain a besoin de créer un sens. Un sens qui pourrait laisser libre cours à ses émotions envahissantes en restant à distance des causes de cet événement. Les "pourquoi?" et "c'est la faute de qui?" sont énoncés, décortiqués et analysés dans les médias. On cherche des coupables et des solutions qui pourraient nous amener à nous apaiser. Mais nous apaiser de quoi exactement? Qu'y a-t-il de si envahissant pour nous dans cette situation? Bien sûr, un acte de violence est troublant. Mais que se passe-t-il pour qu'on tente de fuir nos émotions? Parce que de trouver des causes, c'est "remonter dans sa tête", garder les émotions à distance. Si on prenait le temps de regarder ces émotions, qu'est-ce qu'elles nous diraient? Probablement que ces situations de violence sont moins éloignées de nous qu'on ne le croit. Que nous aussi un jour ou l'autre nous avons été à proximité d'une personne qui souffrait. Et être à proximité d'une personne qui souffre, pour beaucoup de personnes, c'est extrêmement envahissant.

Gérer son impuissance
Qui n'a jamais été témoin d'un.e proche qui était en train de faire un mauvais choix? De notre point de vue à tout le moins. On souhaiterait tellement que la personne qu'on aime réalise que cette décision amènera des conséquences fâcheuses. On voudrait tellement que l'autre nous écoute. Et lorsque cette personne ne nous écoute pas, on se rebute. Et si la conséquence arrive, l'envie de dire: "Je te l'avais dit!" n'est pas très loin.

De quoi est-ce que ça parle cette situation? De notre sentiment d'impuissance. Du fait qu'on n'a pas de contrôle sur les actions et les décisions des autres. Que nous pouvons tenter d'influencer, de guider, mais qu'au bout de la ligne, ce n'est pas nous qui aurons le dernier mot. Que chaque personne est libre et autonome par rapport à ses choix. Y compris de faire des mauvais choix.

L'accompagnement dans la durée
Lorsqu'une situation catastrophe est médiatisée, on se demande comment les choses auraient pu être mieux faites. C'est vrai dans le cas des cas de santé mentale, de violence sexuelle ou conjugale, de toxicomanie, etc. Aider et soutenir une personne qui vit une situation ponctuelle en mobilisant nos énergies pour assurer un filet de sécurité est la chose à faire. On a toujours l'impression que les gens auraient pu mieux "faire leur job" pour soutenir la personne victime d'une catastrophe; les ressources, les parents, les policiers, l'école, etc. Dans la réalité, lorsqu'on est en présence d'une personne qui est dans une situation chronique, être présent.e pour l'autre n'a pas le même sens. Lorsqu'une personne "est dans le trouble" au quotidien, qu'elle sollicite les ressources, sa famille, ses proches et les policiers quotidiennement, ce niveau de "qui-vive" mis en place dans les situations ponctuelles ne peut pas être maintenu. Il est impossible d'être le "scout-toujours-prêt" pour les personnes dans des situations chroniques. C'est épouvantable d'en arriver à ce constat. Beaucoup de personnes se sentent coupables de ne pas toujours être présentes pour les autres. De devoir mettre un cadre ou des limites. Certaines personnes n'arrivent pas à établir clairement les limites, car elles souhaiteraient ne pas avoir à en mettre. Ça devient toutefois nécessaire à sa propre survie, d'une part, et car la chronicité d'une situation appartient en partie à la personne qui est dans cette situation chronique.

Remords, douceur et compassion
Pour certaines personnes, mettre des limites est à ce point difficile qu'elles préfèrent couper le lien avec cette personne constamment en besoin d'aide. Et lorsqu'une situation catastrophe arrive, les remords remontent. "Et si... Et si... Et si...". Accompagner les personnes qui vivent des situations chroniques demande une bonne régulation émotionnelle. La capacité de rester dans le lien avec une personne avec qui on ne partage pas les décisions. D'accepter que la personne vivra des conséquences à ses choix et que nous ne pourrons pas toujours la sauver d'elle-même et des autres. Rester en contact avec des personnes dans des situations chroniques nécessite d'être en contact avec la douceur et la compassion. La compassion et la douceur pour l'autre qui fait des mauvais choix et accepter de rester en lien et d'aimer cette personne malgré tout. Mais aussi la douceur et la compassion pour soi-même de ne pas pouvoir être un super-héros qui pourra toujours sauver l'autre des catastrophes, non pas par sadisme ou par punition. Uniquement parce que nous ne sommes pas tout-puissant.

mercredi 8 mars 2017

Psy, coach, sexo, intervenant; comment choisir?

Vous cherchez de l'aide et vous ne savez pas exactement vers qui vous tourner? Voici un article dans lequel je décris brièvement certains titres que vous pourrez trouver dans votre recherche d'aide. Bonne lecture!

mardi 21 février 2017

Changer les mauvais garçons avec votre amour?

Vous avez déjà fantasmé à l'idée qu'un "bad boy" puisse changer par amour pour vous? Vous n'êtes pas seul.e! Voici mon dernier article dans le Canada Français qui aborde cette question. Bonne lecture!

vendredi 3 février 2017

La détresse sexuelle et relationnelle peut dégringoler

En cette semaine de prévention du suicide, voici un court texte abordant les réalités parfois associées entre les difficultés sexuelles, intimes et relationnelles et les idéations suicidaires. Bonne lecture et rappelez-vous que de l'aide existe pour vous aider à traverser cette période temporaire.

jeudi 2 février 2017

Portrait de ma profession par le journal Canada Français

Le journal régional "Le Canada Français" m'a fait le privilège de me contacter il y a quelques jours pour me proposer de tracer le portrait de mon travail de sexologue. C'est avec fierté que je dépose l'article ici. Bonne lecture :-)

mardi 24 janvier 2017